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Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 2011-01-08 - Figaro : L'énigme Bissonnet de retour aux assises
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2011-01-08 - Figaro : L'énigme Bissonnet de retour aux assises

 
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MessagePosté le: Sam 8 Jan - 08:27 (2011)    Sujet du message: 2011-01-08 - Figaro : L'énigme Bissonnet de retour aux assises Répondre en citant

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/07/01016-20110107ARTFIG0066…

L'énigme Bissonnet de retour aux assises


Par Stéphane Durand-Souffland
07/01/2011 | Mise à jour : 22:10 




Jean-Michel Bissonnet (à droite) et son ancien jardinier, Meziane Belkacem (à gauche), lors de l'ouverturede son procès, le 27 septembre 2010, devant la cour d'assises de l'Hérault. Crédits photo : PASCAL GUYOT/AFP

Le procès d'un riche retraité, accusé d'avoir confié l'assassinat de sa femme à un employé algérien et à un vicomte, reprend lundi à Montpellier. Il avait été interrompu en octobre à la suite d'un stupéfiant coup de théâtre. 

On avait laissé Jean-Michel Bissonnet en perdition dans le box des assises de l'Hérault, lâché par ses avocats, le 1er  octobre 2009. «Je n'ai jamais voulu la mort de maman !», criait ce riche retraité de 63 ans, poursuivi pour complicité d'assassinat, à ses deux fils hébétés, tandis que l'avocat général Pierre Denier, dans un registre sardonique que peu de magistrats osent encore de nos jours, gratifiait les jurés d'un diagnostic de son cru en pointant le box : «Cet homme est fou ! Cet homme est fou !»
En début de matinée, Me Denier avait versé des documents inédits, selon lesquels l'accusé aurait tenté, du fond de sa cellule, de susciter un faux témoignage en sa faveur et au détriment d'un de ses deux coaccusés, Amaury d'Harcourt, qu'il s'agissait de présenter en commanditaire potentiel du crime. Le représentant du ministère public rayonnait, enchanté de ce rebondissement qu'il avait ourdi sans en avertir ni le président ni les parties, au mépris des usages garantissant la loyauté des débats. Pris de court, les deux conseils du veuf mis en cause, Mes Georges Catala et Jean-Marc Darrigade, quittaient peu glorieusement le navire, le second apportant de l'eau au moulin de l'accusation en lançant, à l'attention de celui qui serait dans quelques secondes son ancien client, une cruelle épitaphe judiciaire : «Je le renvoie à son destin.»

Pas d'éléments nouveaux sur le crime  Le procès de Jean-Michel reprend lundi à Montpellier, devant un jury renouvelé qui n'aura pas vécu le psychodrame d'octobre. À ses côtés, comparaîtront Méziane Belkacem, 51 ans, accusé d'avoir tué Bernadette Bissonnet de deux coups de fusil de chasse, le 11 mars 2008 à Castelnau-le-Lez, et Amaury d'Harcourt, 85 ans, descendant d'une des plus illustres familles françaises, à qui il est reproché d'avoir fait disparaître (provisoirement) l'arme du crime mais, surtout, d'avoir participé à l'élaboration de l'assassinat sans jamais rien tenter pour l'empêcher. Le vicomte et le laveur de vitres algérien affirment qu'ils ont agi à la demande expresse de Jean-Michel Bissonnet, lequel est désormais défendu par le Montpelliérain Frédéric Verine et le tandem parisien Nathalie Senyk-Henri Leclerc.
Le supplément d'information ordonné par le président Joël Mocaer n'a pas révélé d'éléments nouveaux sur le crime lui-même. Il n'a pas non plus permis de mettre en lumière le mobile solide qui fait cruellement défaut à l'accusation : si Jean-Michel Bissonnet a fait supprimer son épouse, lui seul en connaît la raison. Il n'y a pas, tapi dans l'ombre, de maîtresse ou d'amant, pas d'assurance-vie à empocher, pas de contentieux conjugal connu. De la même manière, Méziane Belkacem n'avait, a priori, aucune raison d'en vouloir à Mme Bissonnet. Quant au vicomte, que la victime aurait qualifié de «pique-assiette», on ne voit guère pourquoi il aurait fait occire cette femme, armant au surplus le bras d'un homme, M. Belkacem, qu'il ne connaissait pas - au plus a-t-il pu le croiser lors d'une visite à Castelnau-le-Lez.
Les deux fils du couple Bissonnet ont encaissé le coup singulièrement rude du 1er octobre: leur père traité de «fou», la découverte d'un stratagème de ce dernier pour piéger l'un de ses plus vieux amis - plan qu'on qualifiera de pathétique ou de machiavélique selon qu'on croit ou non à l'innocence de l'accusé -, la désertion de la défense. Mais Florent et Marc, efficacement soutenus par leur avocate, Me Raphaële Chalié, ne se sont pas effondrés. Le second s'est installé dans le sud, près de la prison de son père et du domicile de son grand-père maternel, nonagénaire, qui soutient son gendre. Le premier, qui travaille à Paris, prendra ses quartiers à Montpellier avec son épouse et leur bébé, pendant le procès qui doit durer quatre semaines.
Si, physiquement, il ressemble à Jean-Michel Bissonnet, Florent se montre moins éruptif. Ce jeune homme très brun, et très calme, reste persuadé que son père est innocent. «Le 2 octobre, je suis allé le voir au parloir. On s'est engueulé et il a reconnu qu'il avait fait une grosse bêtise. Il est très sollicité en prison par des codétenus qui veulent lui soutirer de l'argent, car il a été présenté comme un millionnaire, c'est la poule aux œufs d'or», soupire-t-il. Pour lui, la thèse de l'accusation ne tient pas la route : «Mes parents formaient un couple uni, il n'y avait aucune rancœur entre eux. Si maman avait été malheureuse, elle serait partie.» Florent Bissonnet ne croit pas une seconde qu'un homme puisse faire tuer son épouse sans mobile apparent. Un peu las, il réfute les arguments impressionnistes accumulés par les enquêteurs. Ainsi, par exemple, de cette sortie au cinéma dans laquelle l'accusation croit discerner la preuve du cynisme absolu de son suspect numéro un. Il est vrai qu'elle a eu lieu le dimanche 16 mars 2008, au lendemain des obsèques de la victime, et que le film choisi était Bienvenue chez les Ch'tis. «C'est moi qui ai forcé papa à aller voir ça !, s'insurge Florent Bissonnet. On était à la maison, il pleuvait, on déprimait, on ne pouvait pas rester enfermés comme ça… Alors on est partis au cinéma, mais mon père était incapable de rire.»

Une douleur qui manque de crédibilité  L'audience avortée de l'automne dernier avait montré à quel point Jean-Michel Bissonnet rencontre un problème de crédibilité dans l'expression de sa douleur : secoué par intermittence de sanglots à l'évocation de «Bernadette», il ne produisait toutefois aucune larme, ce qui a été remarqué et, forcément, interprété, car on ne passe jamais rien à un accusé. Il a annoncé en fin de semaine dernière son intention de se constituer partie civile lundi, en tant que veuf : décision déroutante, fort tardive, qui lui offrirait une position singulière, à la fois dans le box et sur le banc des victimes, au côté de ses enfants et de son beau-père, qui l'épaulent, et de son beau-frère, convaincu de sa culpabilité. Une autre manière, également, de prendre du recul par rapport à Amaury d'Harcourt, considéré par les proches de M. Bissonnet comme un possible commanditaire de l'assassinat - bien que le mobile éventuel du vicomte soit tout aussi peu évident que celui de l'époux.
La cour découvrira le résultat de l'expertise psychiatrique et psychologique ordonnée par le président Mocaer. Les trois praticiens (Alain Penin, les docteurs Coutanceau et Bornstein) ont rencontré le sujet les 18 et 20 octobre 2010. Dans leur rapport, ils relèvent une pique de Jean-Michel Bissonnet dirigée contre Méziane Belkacem : «Il était un peu voyeur, il matait un peu ma femme, elle n'appréciait pas qu'il la regarde. On s'était dit ensemble : il va falloir arrêter.» Cette prétendue lubricité du laveur de vitres, jamais alléguée auparavant, aurait-elle pu provoquer un incident fatal à Mme Bissonnet, le 8 mars 2008 ?
Ce détail mis à part, l'expertise ne présente pas de grosse surprise. L'intéressé apparaît comme un homme d'intelligence supérieure à la moyenne, qui se laisse aller à des «moments émotifs quelque peu dramatisés». Les «psy» décrivent un être «un peu rigide, tenace, avec une capacité d'être au centre, leader» et dont la personnalité «révèle une organisation obsessionnelle typée et un fonctionnement caractériel impulsif» : voilà qui promet une belle foire d'empoigne à l'audience. Mais, globalement, Jean-Michel Bissonnet ne présente pas, selon les professionnels expérimentés qui l'ont examiné, les traits d'un assassin. Il est normal. La faculté renvoie la balle au ministère public et lui dit, en substance : «Cet homme n'est pas fou ! Cet homme n'est pas fou !» L'avocat général, cette fois, va devoir chercher un mobile ailleurs que dans une camisole.
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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