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Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-01-11 - MidiLibre : Audience n°2
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-01-11 - MidiLibre : Audience n°2

 
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JFD
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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 17:18 (2011)    Sujet du message: 99 11-01-11 - MidiLibre : Audience n°2 Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/01/11/ML-Affaire-Bissonnet-le-proces…

Édition du mardi 11 janvier 2011



MontpellierAffaire Bissonnet : le procès en direct

DR

Publié à 9 h 15 - Après une journée consacrée à la désignation des jurés et à la lecture de l'acte d'accusation, c'est aujourd'hui que la cour d'assises de Montpellier, qui se penche pour la 2e fois en trois mois sur l'affaire Bissonnet, entre dans le vif du sujet. Le président a décidé d'attaquer par l'examen des faits. Premier témoignage très attendu du colonel Eric Emeraux, l'ancien patron de la section des recherches (SR) de Montpellier.

9 h 31 - L'ancien patron de la SR de Montpellier s'avance à la barre. Veste bleu marine, cinq barrettes sur les manches, il parle d'une voix posée, sous les regards fixes de Jean-Michel Bissonnet, Meziane Belkacem et Amaury d'Harcourt, le seul accusé à comparaître libre.

L'octogénaire, col roulé vert eau, veste en tweed, main croisées sur son pantalon en velours ressemble à une statue tellement il est immobile.

9 h 45 - "A 23 h 15 le 8 mars 2008, j'ai été appelé par le commandant du groupement de gendarmerie de l'Hérault. Je me suis rendu sur les lieux immédiatement". Sur place : le corps de Bernadette Bissonnet tuée par arme à feu et le 4 x 4 de son mari. Pour Eric Emeraux, qui n'était pas le directeur d'enquête mais le directeur opérationnel (il menait 8 affaires de front), deux hypothèses : celle d'un crime crapuleux, celle liée à l'environnement de la victime. La première est rapidement écartée : rien n'a été volé. Et la scène de crime a été nettoyée avec un serpillière... L'enquête a mobilisé une vingtaine de spécialistes pendant plus de sept mois.

9 h 55 - A la demande de l'avocat général, le colonel Emeraux donne son sentiment "forcément subjectif" sur la personnalité des accusés. Belkacem ? "Il semblait en dehors de ce qu'il avait fait. Je me demandais s'il réalisait vraiment ce qui s'était passé." Bissonnet ? "Il m'a marqué par certains comportements désopilants. Il peut passer du rire aux larmes en un rien de temps." D'Harcourt ? "Je l'ai très peu rencontré, je ne peux rien dire."

10 h 05 - Les questions de la défense se focalisent notamment sur la scène de crime. Comment sait-on qu'elle a été nettoyée avec une serpillière ? C'est Jean-Michel Bissonnet qui l'a affirmé. Où se trouvait cette serpillière ? Difficile de répondre pour le colonel. Le directeur de l'enquête devrait être plus à même de répondre avec précision à ce type de questions cet après-midi.

10 h 19 - Me Henri Leclerc, défenseur de Jean-Michel Bissonnet, s'en prend vertement aux informations qui se sont retrouvées dans les journaux dès le début de l'affaire. "Qui a communiqué toutes ces détails ?" Il brandit un communiqué de presse rédigé par la gendarmerie. "La gendarmerie a-t-elle le droit de faire ça ? C'est une violation du code pénal. Cette communication a perturbé la recherche de la vérité." L'avocat rappelle que seul le parquet est autorisé à communiquer avec les journalistes. Le colonel dit ne pas pouvoir répondre sur un document dont il n'a pas connaissance et qu'il n'a pas rédigé. Et tente : "Le secret de l'instruction est quelque chose de fluctuant." Le président : "Colonel, vous pouvez disposer."

10 h 33 - La parole est au maréchal des logis Lionel Valenti. Cet officier de police judiciaire était de permanence à la brigade de gendarmerie de Castelnau-le-Lez le soir du meurtre. Il s'est rendu sur les lieux du crime dans les minutes qui ont suivi la découverte du cadavre.

"J'ai vu le corps de madame Bissonnet qui gisait dans une mare de sang et des impacts de plombs dans les volets roulants et sur les rideaux. La victime était pieds nus, des chaussures blanches type hospitalier à côté d'elle. Elle portait un pantalon noir. Une veste sombre couvrait son visage."

L'OPJ revient ensuite sur la déroulement de la soirée. Sa rencontre avec Jean-Michel Bissonnet (qui lui dit avoir commencé à passer la serpillière), le déclenchement du plan épervier, la découverte du 4 X 4 à 200 m de la maison des Bissonnet...

10 h 43 - Le maréchal des logis assure avoir été surpris par l'attitude de Bissonnet le soir du crime. "A partir du moment où je lui ai dit que j'étais en charge de l'enquête, il devenu agressif. Je n'ai pas compris son attitude, pourquoi il s'énervait. Pour moi, c'était une victime. Il m'a dit "Ne me parlez pas comme ça, je ne suis pas l'auteur des faits". Mais on ne peut pas se mettre à la place d'un homme qui voit sa femme dans cet état là."

11 h 02 - Lionel Valenti résume les échanges qu'il a eu avec Meziane Belkacem. L'homme à tout faire de Jean-Michel Bissonnet s'est arraché un ongle après avoir tiré, c'est du moins ce qu'il affirme, sur Bernadette Bissonnet. Un élément qui a conduit les enquêteurs à rapidement le soupçonner. "Au départ, il n'était pas à l'aise. Son discours était confus. Il nous a dit être passé à l'acte après avoir rencontré deux individus près de la propriété. Je sentais qu'il mentais jusqu'à qu'il reconnaisse les faits. Là, il s'est mis à être sincère. C'est mon sentiment. Il a dit avoir agi à la demande de Jean-Michel Bissonnet." Le gendarme précise que les propos de l'accusé sont alors devenus limpides. Pas de coupure, plus d'hésitations.

11 h 09 - La partie civile : "Monsieur Belkacem a-t-il parlé de monsieur D'Harcourt lors de son audition ?" Le maréchal des logis : "Non, il a dit avoir agit sur les recommandations de Jean-Michel Bissonnet, c'est tout."

11 h 23 - La défense de Jean-Michel Bissonnet tient à le souligner : au cours de sa garde à vue, monsieur Belkacem a assuré avoir dit sept fois la vérité. Il a dit aussi avoir nettoyé en partie les traces de sang avec une éponge. Qui n'a pas été retrouvée. Il y a donc eu, comme le précise Me Leclerc, "deux essuyages de sang".

11 h 31 - La défense de Meziane Belkacem : "Depuis le début, il faut que la cour le sache, monsieur Bissonnet est matraqué unilatéralement par les gendarmes."

Jean-Michel Bissonnet, autorisé par le président, se lève. Il tient à s'expliquer sur la relation qu'il a eue avec Lionel Valenti le soir de la découverte du corps de sa femme. "J'ai haussé le ton car il m'a dit "Taisez vous, sinon je vous mets les menottes." Pris de sanglots, il accuse ouvertement Lionel Valenti de déformer la vérité Et assure que l'OPJ voulait l'empêcher de voir sa femme. "C'est terrible de mentir !" Le témoin reste de marbre : "Je n'ai jamais tenu ces propos de menottes. Je les entends pour la première fois aujourd'hui." Bissonnet : "Menteur !"

Suspension d'audience.

11 h 51 - L''audience reprend avec le témoignage de Patrick Gonzales, l'un des gendarmes qui est intervenu sur la scène du crime en tant que technicien. Des clichés "sans doute difficiles à supporter pour les proches de la victime" précise le président, vont être projetés sur grand écran. Toutes les précautions sont prises pour que ces photos ne se retrouvent pas dans la presse...

12 h 08 - L'extérieur de la maison, les façades, le jardin superbement entretenu, la véranda, la piscine couverte... les images défilent et plantent le décor où s'est déroulé le drame : une demeure somptueuse, à laquelle Jean-Michel Bissonnet tenait tant. Et pour laquelle, selon Amaury d'Harcourt, il aurait fait assassiner sa femme qui aurait voulu entreprendre des travaux.

12 h 15 - Pour la première fois, le corps de Bernadette Bissonnet apparaît à l'écran. La victime gît dans le hall d'entrée, recouverte en partie par un vêtement. La posture correspond à la description faite par le colonel Emeraux. Le images s'enchaînent. La cour découvre chaque pièce de la maison, les impacts de plombs, les traces de sang, l'absence de trace de lutte. Jean-Michel Bissonnet baisse la tête, se bouche les oreilles.

12 h 22 - Zoom sur la scène de crime en elle-même. Les indices, dont la serpillière, sont numérotés et affichés en gros plan. La salle d'audience semble retenir son souffle. Amaury d'Harcourt paraît toujours statufié.

12 h 37 - Photo de "bouts de doigts" et de l'ongle du tireur. "On peut penser qu'il a été arraché au premier coup de feu", estime le technicien. Jean-Michel Bissonnet tourne alors le dos à la cour, appuie sa tête baissée contre le mur. Meziane Belkacem et Amaury d'Harcourt ne montrent aucune émotion.

14 h 33 - L'audience reprend dans quelques instants, après une heure et demi de suspension. La cour doit dans un premier temps finir d'entendre Patrick Gonzales. L'après-midi sera ensuite consacrée au témoignage de Bernard Genies, l'adjudant chef qui a dirigé l'enquête sur le meurtre de Bernadette Bissonnet. Les débats promettent d'être longs.

14 h 55 - Le président : "Peut-on déduire de cette scène de crime que c'est une arme de chasse à canon scié qui a été utilisée ?" Le technicien : "Non, c'est impossible dans un premier temps." "Est-il possible de savoir si les traces de sang ont été effacées avec une éponge ou une serpillière ?" "Non, il y a trop de paramètres."

Le magistrat détaille ensuite, avec l'aide de Patrick Gonzales et les photos de la scène du crime, la configuration des lieux. Sans doute pour mieux appréhender le déroulement des faits. Il s'attarde sur le hall d'entrée, où a été retrouvé le corps de la victime, et la pièce située au 1er étage. C'est ici, sur les consignes de Jean-Michel Bissonnet, que Meziane Belkacem se serait rendu après avoir ouvert le feu sur Bernadette Bissonnet. C'est dans les escaliers qui mènent à cette pièce que l'ongle du tireur a été retrouvé.

15 h 29 - Les tâches de sang (leur position dans l'escalier, celles qui ont été effacées, celles qui ne l'ont pas été etc.), les impacts de plomb (leur nombre, leur position etc.), les bourres (pièce d'une cartouche, ndlr) trouvées dans le hall, les morceaux de chair, l'endroit où deux fusils ont été retrouvé, les fenêtres (ouvertes, fermées)... les avocats de la défense, des parties civiles et l'avocat général veulent des détails, pointent d'éventuelles contradictions. Patrick Gonzales rappelle que les constatations ont duré près de 24 heures et s'efforce d'être aussi précis que possible. Un plan de la maison est projeté sur l'écran pour tenter d'y voir plus clair.

Toutes ces informations sont évoquées devant les enfants de Bernadette Bissonnet, assis au premier rang. Les trois accusés restent impassibles, Jean-Michel Bissonnet ne se bouche plus les oreilles et fait à nouveau face à la cour.

15 h 43 - Le troisième témoin de la journée, Bernard Genies, s'avance à la barre. L'adjudant chef a dirigé l'enquête sur le meurtre de Bernadette Bissonnet.

16 h 42 - Trois quart d'heure non stop. Bernard Genies refait l'enquête de A à Z. Son témoignage est qualifié d'"accablant" par la défense. Pour le gendarme, c'est clair : Meziane Belkacem dit la vérité et malgré ses dénégations, c'est bien Jean-Michel Bissonnet qui a commandité le crime.

Les précisions données par le jardinier, la date du meurtre (un mardi, jour où Jean-Michel Bissonnet est au Rotary), les déclarations d'Amaury d'Harcourt (celui qu'il considérait comme son fils lui aurait notamment dit que sa femme ne méritait pas de vivre), la double personnalité supposée de l'homme d'affaire (les sextoys et le Viagra trouvés dans la table de nuit, les sites internet sur lesquels il tente de trouver un partenaire homme ou femme pour "pimenter sa vie")... autant de pistes qui ne laissent pas de place au doute, selon le directeur d'enquête.

Les mobiles ? Belkacem : il voulait de l'argent. D'Harcourt : il voulait rendre un service à un ami. Bissonnet : il n'en pouvait plus de sa femme mais ne voulait pas divorcer. Pas question pour lui de perdre sa maison. Cette demeure dont il était fou, qui représentait la vitrine de sa réussite sociale.

16 h 50 - L'enquêteur répète que le couple formé par Jean-Michel Bissonnet et sa femme Bernadette était perçu par tous comme idyllique. "Ils ne faisaient rien l'un sans l'autre." Aucune ombre au tableau donc. Du moins en apparence.

17 h 10 - Question de la partie civile : "Si monsieur Belkacem ne se blesse pas, n'est-ce pas le scénario parfait ?"

Bernard Genies : "Je ne peux pas vous dire les investigations qui auraient été menées dans cette hypothèse. C'est sûr, nous aurions rencontré de grandes difficultés. Oui, si monsieur Belkacem ne se blesse pas, c'est le crime parfait."

17 h 14 - Nouvelle question de la partie civile : "On vous reproche d'enquêter à charge. Que pensez vous de cette attaque ?"

Bernard Genies : "Ce n'est pas fréquent. Nous avons travaillé pendant des mois à charge et a décharge."

L'audience est suspendue.

17 h 40 - L'audience reprend. Le directeur d'enquête s'apprête à répondre aux sans doute nombreuses questions des avocats de la partie civile, de la défense et à celles de l'avocat général.

18 h 08 - Comme prévu, Me Raphaële Chalié, qui représente les intérêts des fils de Jean-Michel Bissonnet, toujours convaincus de l'innocence de leur père, presse l'enquêteur de questions. Elle tente de pointer certaines faiblesses de l'enquête. Comme le fait qu'une partie des conclusions est basée uniquement sur les dires de Meziane Belkacem ou d'Amaury d'Harcourt. Que certaines contestations n'ont pas été mentionnées dans les PV : la présence du Viagra, des sextoys... "Comment puis je savoir que vous n'avez pas omis d'autres éléments ?"

Elle souligne également un détail : les époux Bissonnet étaient mariés sous le régime de la séparation de biens. Ce régime matrimonial veut que les biens restent la propriété de leur titulaire. Est-ce la un moyen de dire que le mobile de Jean-Michel Bissonnet avancé par Bernard Genies - la peur de perdre sa maison en cas de divorce - ne tient pas debout ? L'avocate promet de revenir sur ce point ultérieurement.

18 h 20 - L'avocat général s'étonne de l'attitude de Jean-Michel Bissonnet décrite par l'enquête. Sa suffisance, son ironie, son humour noir, ses critiques envers les enquêteurs. Et ses soudains sanglots... Le gendarme confirme. D'après lui, Jean-Michel Bissonnet semblait ne pas toujours réaliser que sa femme avait été tuée. Il dit que l'homme d'affaires se permettait même des blagues pendant les investigations, racontant par exemple une scène des Ch'tis et ne faisant rire personne.

Un des fils de Jean-Michel Bissonnet quitte la salle.

18 h 42 - Les défenseurs de Meziane Belkacem attaquent à nouveau sur les suspicions de partialité et de mensonges qui auraient entaché l'enquête. Pourquoi toute une section se serait ligué contre Jean-Michel Bissonnet ?

L'adjudant chef : "L'identité de la personne nous importe peu. Je le répète, nous avons mené une enquête à charge et à décharge."

18 h 53 - Empoignade entre avocats. Les robes noires s'accusent mutuellement de n'avoir pas pris connaissance du dossier, de poser des questions sans intérêt ou déplacées. C'est à celui qui parlera le plus fort. Au point que le président est obligé d'intervenir pour couper court, estimant que l'assistance doit être "atterrée" par de tels comportements.

19 h 12 - Entrant dans certains détails du déroulement des faits, la défense de Jean-Michel Bissonnet "constate" que les déductions faites par Bernard Genies sont "systématiquement" à charge envers son client. Toujours le même angle d'attaque : la partialité de l'enquête. Malgré la pression, le sous-officier garde son sang froid et répond point par point, avec toujours autant de clarté.

Me Leclerc parvient toutefois à faire admettre au gendarme que Meziane Belkacem a pu dire qu'une partie de la vérité lors de ses auditions. Et pas toute la vérité comme le laissait entendre Bernard Genies en milieu d'après-midi.

19 h 30 - L'audience est levée. Reprise mercredi matin à 9 h, avec l'audition de Meziane Belkacem.



Nicolas BADRIGNANS
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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