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Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 2011-01-09 - MidiLibre : Procès Bissonnet : le vicomte parle
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2011-01-09 - MidiLibre : Procès Bissonnet : le vicomte parle

 
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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 17:39 (2011)    Sujet du message: 2011-01-09 - MidiLibre : Procès Bissonnet : le vicomte parle Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/01/09/A-LA-UNE-Amaury-d-Harcourt-Je-…

Édition du dimanche 9 janvier 2011
Montpellier Procès Bissonnet : le vicomte parle


Philippe DOBROWOLSKA





Amaury d’Harcourt, 85 ans, comparaît libre à partir d’aujourd’hui et pour un mois devant la cour d’assises de l’Hérault pour complicité dans l’assassinat de Bernadette Bissonnet, tuée le 11 mars 2008 à Castelnau-le-Lez (Hérault). Ses co-accusés, Meziane Belkacem, qui a avoué avoir tiré, et Jean-Michel Bissonnet, qui nie toute implication, comparaissent détenus. Pour Midi Libre, le vicomte d’Harcourt, livre sa version du déroulement du crime, de ses relations avec Jean-Michel Bissonnet, et détaille son état d’esprit avant ce procès où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’ouverture de ce nouveau procès ?
Il y a presque trois ans que c’est arrivé, cette histoire, et c’est épuisant. Ça représente

des nuits et des nuits de non sommeil, de réflexion. On se pose des questions, on essaie de revenir en arrière, de remettre les choses dans leur vraie valeur et je pense que plus ça dure, pire c’est.

Physiquement, comment vous sentez-vous ?
Je suis très fatigué. J’ai fait une crise de diabète, j’avais jamais eu ça de ma vie et ça m’a complètement foutu par terre. J’ai un traitement très sévère, mais la vie est différente. Je peux plus manger ce que je veux, je peux plus boire mon petit beaujolais au petit-déjeuner... C’est un changement total de vie. Et puis le fait de vivre seul, c’est quand même pas facile. Je dois rester chez moi à la campagne, je ne peux plus bouger. J’ai le droit d’aller faire les courses au village à côté et c’est tout.

Psychologiquement, dans quelles dispositions êtez-vous ?
J’ai traversé une époque où quelque part, j’essayais de défendre Bissonnet mais j’ai réalisé maintenant, et depuis un long moment, qu’il a voulu se servir de moi, qu’il a voulu me manipuler. Il continue d’ailleurs : il a prouvé qu’il était un manipulateur, puisqu’il avait embauché ces deux gars du faux témoignage. Moi, ma volonté aujourd’hui, c’est de ne rien dissimuler.

De quelle manière avez-vous participé à l’assassinat de Bernadette Bissonnet ?
Moi je n’ai pas participé à l’assassinat ! Je suis complice, parce que j’ai jeté l’arme dans la rivière. Ça, je ne peux pas le nier. Je l’ai fait, et je l’ai reconnu. Mais c’est pas en venant à Montpellier à quatre heures de l’après-midi et en en repartant à sept heures que j’aurais pu tout organiser, comme Bissonnet le prétend maintenant. Il a eu ce jardinier pendant quatre ou cinq ans. Il s’était créé des liens entre lui et le jardinier qu’il n’y avait pas entre le jardinier et moi, puisque je ne le connaissais pas. Le jardinier a d’ailleurs honnêtement reconnu qu’il me voyait le jour du meurtre pour la première fois.

Belkacem dit que vous avez manipulé le fusil devant lui, et que vous avez montré où il fallait tirer pour tuer !
Bissonnet m’a fait venir dans le garage, il y avait passé je sais pas combien de temps avec le jardinier pour tout mettre au point. Et puis à un moment donné, il m’appelle et il me dit : montre-lui comment on se sert d’un fusil. Alors que Belkacem avait été militaire ! Ça ne tenait pas debout. Et moi bêtement, j’ai pas réagi. J’aurais dû réagir avant, parce qu’un type qui a été militaire, il sait se servir d’un fusil, d’une mitraillette, d’un canon, de tout. Moi, je considère maintenant que c’est la preuve de la manipulation, de m’avoir fait venir là alors que c’était tout à fait inutile, puisqu’il avait tout organisé avant. Mais quelque part, il voulait que je sois impliqué, ou il voulait faire peur au jardinier en disant : voilà, il y a un témoin. C’est certain que si je ne m’étais pas rendu dans le garage, la situation serait complètement différente.

Vous n’aviez jamais entendu parler de ce projet qu’aurait eu Bissonnet de faire tuer sa femme ?
Bissonnet, je ne l’avais pas vu depuis plusieurs mois. Avant, bien avant, il m’avait dit : “J’en ai tellement marre de ma femme que je la tuerais bien”, mais c’est tout. Mais de là à me manipuler... Et ça n’a rien changé : que je sois venu ou pas, le type aurait opéré de la même façon.

S’il est coupable, quel est selon vous le mobile ?
L’amour de sa vie, c’est sa maison. Il avait la passion de cette maison et l’idée que sa femme puisse faire des transformations dans cette maison ou la vendre, ça le rendait malade. Je pense que c’est la chose qui a tout déclenché. Sa femme avait fait venir un décorateur, et il ne pouvait pas supporter cette idée.
C’est vraiment la seule motivation qu’il puisse avoir eue.

Mais ça paraît complètement irrationnel de faire tuer sa femme pour ça !
Pour vous, pour moi, oui. Mais pour lui, sa maison, c’était sa raison de vivre.

Comment avez-vous vécu cette semaine de procès à Montpellier ?
Je n’avais aucune idée de ce que c’était. D’abord j’étais épuisé, ça se terminait à pas d’heure le soir... Il y a eu un soir où ça s’est terminé à minuit, j’espère que ça ne va pas recommencer. C’est normal, ça ? Après, on voit tellement d’émission de télévision avec des procès...
Si j’avais vu ça il y a vingt ans, j’aurai eu un choc beaucoup plus grand que maintenant où, quand j’allume ma télé, trois ou quatre fois par semaine je vois des procès. Pour moi c’est devenu une chose banale. Sinon, je trouve que ça fonctionne bien, mais par contre, qu’il y a trop de témoins. 57 témoins ! En donnant deux heures d’écoute à chaque témoin, ça fait sacrément long. Surtout que tous ces témoignages, ça ne sert pas forcément à grand-chose, parce qu’ils sont forcément fabriqués. Les gens qui sont amenés à témoigner ont préparé leur témoignage des mois avant. Ça n’a plus rien de spontané.

Vous êtes issu d’une famille prestigieuse, et vous vous retrouvez au banc des accusés, jugé pour votre implication dans un crime. Comment le vivez-vous ?
Très mal. Vis-à-vis de ma famille, vous savez, des reproches, j’en ai eu. C’est très difficile. On se sent un peu mis au ban. Mais en même temps, ça m’a fait découvrir qui étaient mes vrais amis. Ça m’a fait aussi admirer les réactions des femmes. J’ai beaucoup d’amies femmes, et je pensais qu’étant impliqué dans le meurtre d’une femme, il y aurait beaucoup de femmes qui me tourneraient le dos, qui ne voudraient plus me voir ou qui me jugeraient, et bien non. Les jugements étaient plutôt du côté masculin que féminin.

Si vous êtes condamné, vous risquez une lourde peine, et vous avez 85 ans. Vous avez peur d’aller en prison ?
Ça ne me fait pas peur. Je pourrais exercer mes talents de cuisinier, ou de jardinier... Mais entre faire peur et ne pas avoir envie d’y être, il y a un monde. C’est vrai que j’ai pas du tout envie de me retrouver en prison, mais il n’y a pas de peur là-dedans. C’est une question d’être privé de la vie.

Et l’idée de devoir peut-être finir votre vie en prison ?
Ça me paraît complètement injuste. Je ne suis pas l’initiateur de ce meurtre, j’ai juste effectué des gestes que j’aurai pu ne pas faire, bien sûr. Mais Jean-Michel Bissonnet aurait tué sa femme sans ça, c’est sûr. Aller en prison ? Je ne veux pas y penser.
Mais vous savez, la façon dont je vis depuis bientôt trois ans, c’est pratiquement comme si j’étais en prison. Je suis dans ma maison, je vois pratiquement personne, surtout en hiver. Là, j’ai le temps pour des moments de réflexion qui sont pas forcément évidents.

Est-ce que vous avez des regrets, des remords ?
Surtout des regrets. Mon regret principal est de ne pas avoir pris mon téléphone et appelé la femme de Bissonnet en lui disant : n’ouvre à personne ! C’est plus le regret de ce que je n’ai pas fait que le regret de ce que j’ai fait. La non-assistance est une chose terrible. Parce qu’on aurait pu et on ne l’a pas fait. C’est terrible de penser à ce qu’on aurait pu faire.


Recueilli par François BARRÈRE
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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