Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-01-19 - MidiLibre : Audience n°8
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-01-19 - MidiLibre : Audience n°8

 
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MessagePosté le: Mer 19 Jan - 17:44 (2011)    Sujet du message: 99 11-01-19 - MidiLibre : Audience n°8 Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/01/19/A-LA-UNE-Proces-Bissonnet-suiv…

Édition du mercredi 19 janvier 2011

Assises de l'HéraultJean-Michel Bissonnet : "Dieu merci, on n'a pas trouvé de sites pédophiles"




Franck VALENTIN





DIRECT - Le procès Bissonnet entame ce mercredi sa 8e journée devant les assises de l'Hérault. Place aujourd'hui aux experts qui ont analysé l'alarme de la maison des Bissonnet, et aux enquêteurs chargés des gardes à vues dans cette affaire.

Rappel : Bernadette Bissonnet, ex pharmacienne âgée de 57 ans, a été tuée le 11 mars 2008 dans sa villa de Castelnau-le-Lez. Son corps a été découvert vers 22 h par son époux, de retour d'une réunion au Rotary Club. Elle a reçu deux coups de fusil dans leur propriété cossue.

Trois co-accusés, Méziane Belkacem, Jean-Michel Bissonnet et Amaury d'Harcourt sont jugés dans ce procès. Méziane Belkacem, "l'homme à tout faire" des Bissonnet, comparait pour "assassinat", accusé d'avoir

porté le coup mortel sur Bernadette Bissonnet. Jean-Michel Bissonnet est soupçonné d'être le commanditaire de ce meurtre. Il comparaît pour "complicité d'assassinat". Amaury d'Harcourt a avoué avoir jeté l'arme du crime dans la rivière Le Lez par amitié pour Bissonnet. Il comparaît également pour "complicité d'assassinat".

9 h 05 - Reprise de l'audience.
Le président M. Mocaer lit un courrier du médecin de Diane d'Harcourt, fille d'Amaury d'Harcourt. Souffrant de dépression, son état "serait compatible" à une audition en visioconférence et non directement devant les assises de l'Hérault.

9 h 10 - Le président appelle à la barre un technicien.
Ce dernier est cité comme témoin. Il a posé le système d'alarme dans la maison des Bissonnet à Castelnau-le-Lez.
Le président M. Mocaer : "Que pouvez-vous dire à propos de cette affaire ?"
Le témoin : "Rien !" L'homme semble impressionné devant le président, les avocats et les jurés.
M. Mocaer : "Vous ne voyez pas pourquoi vous avez été cité comme témoin ? vous êtes impressionné ?"
Le technicien : "Oui !"
M. Mocaer : "Quel lien avez-vous avec M. Bissonnet ?"
Le technicien : "J'ai installé le système d'alarme chez lui."
M. Mocaer : "Pouvez-vous nous parler de ce système d'alarme ? Expliquez-nous comme cela fonctionne ?"

Le témoin est impressionné. Il a du mal à articuler. Difficile d'entendre ce qu'il dit.

Le président : "Monsieur, respirez, ne soyez pas impressionné. Dites-nous quel système est mis en place ?"
Le témoin : "Y a plusieurs groupes, trois au total, un à l'extérieur, un au rez-de-chaussé, un à l'étage."
M. Mocaer : "Le système protège-t-il tout le jardin ?"
Le témoin : "Non."
M. Mocaer : "Précisez."
Le témoin : "Près du garage, dans le jardin."
M. Mocaer : "C'est la partie gazonnée du jardin qui est protégée ?"
Le témoin : "Oui."
M. Mocaer : "Est-ce que l'allée est sous alarme ?"
Le témoin : "Non."
M. Mocaer : "Est-ce que les bâtiments annexes comme le garage et la petite maison sont sous alarme ?"
Le témoin : : "Uniquement le garage est sous alarme."
M. Mocaer : "Donc, toutes les allées dans le jardin ne sont pas sous alarme ?"
Le témoin : "Oui !"

Le technicien décrit par la suite le système d'alarme dans le jardin. Il fonctionnerait avec des faisceaux.

9 h 25 - M. Mocaer : "Et à l'intérieur de la maison. Comme le système fonctionne ?"
Le technicien : "C'est un système volumétrique. Il se déclenche quand une masse se déplace."
Le président : "Et la sirène, est-elle forte ?"
Le technicien : "A l'extérieur, elle n'est pas très forte. Par contre, elle est très forte à l'intérieur de la maison."

Le président le questionne sur la commande de cette alarme.
Le technicien : "Il y a un clavier à l'intérieur de la maison."
M. Mocaer : "Faut-il faire un code ?"
Le témoin : "Pour l'arrêter oui, pas pour l'enclencher."
Le président : "L'alarme déclenche aussi un appel téléphonique ?"
Le témoin : "Oui."
M. Mocaer : "A quel endroit ?"
Le témoin : "A Perpignan, à une société qui gère ce type d'appel."

S'en suit une discussion sur la procédure mise en place après l'appel téléphonique.

9 h 35 - On s'interroge sur le déclenchement de l'alarme
Le président : "Vous souvenez-vous si l'alarme a été déclenchée le 11 mars ?"
Le technicien : "Non, je ne me souviens pas."
Le président relit les déclarations du technicien aux gendarmes suite à l'assassinat de Mme Bissonnet. A cette époque, il avait dit que le système d'alarme dans la maison des Bissonnet avait été activé le 11 mars à 20 h 23 03 sec.
Le président : "Et, il a été désactivé à 22 h 15 ?"
Le témoin : "Oui, il a été désactivé par l'utilisateur."
Le président : "Le système a été désactivé par quoi ?"
Le témoin : "Par un clavier à l'intérieur de la maison."
Le président : "On ne peut pas désactiver ce système d'un autre endroit ?"
Le témoin : "Non."

9 h 40 - Me Phung, l'avocat du frère de la victime, prend la parole.
Me Phung : "Pour déclencher l'alarme, il faut forcément une intervention humaine, il n'y a pas de déclenchement automatique ?"
Le témoin : "Oui."
Me Phung : "La désactivation de l'alarme à 22 h 15 est-elle aussi manuelle ?"
Le témoin : "Oui."

9 h 45 - Me Abratkiewicz : "Ce soir-là, l'alarme ne s'est pas déclenchée. Pourquoi ?"
Le témoin : "Y a certains endroits qui ne sont pas protégés par l'alarme, et dans la maison, l'alarme n'est pas activée. "
Me Abratkiewicz : "Pouvez-vous nous confirmer que l'allée qui mène à la maison n'est pas protégée par une alarme ?"
Le témoin : "Oui."

L'avocat général Georges Gutteriez se tourne vers le témoin. "Peut-on régler le volume de l'alarme dans la maison ?"
Le témoin : "Non !"

10 h 05 - Jean-Michel Bissonnet est interrogé sur le fonctionnement de l'alarme dans sa demeure à Castelnau.
"Le 10 mars, nous avons mis en marche les trois zones (du système d'alarme) avant de nous coucher. Et au réveil, on a enlevé ces trois zones. Le soir, il n'y avait que la zone 1 (celle du jardin), on n'a pas mis l'alarme dans la maison. L'alarme dans la maison n'a jamais été mise le 11 mars."

10 h 15 - 10 h 30 - Le soir où Bernadette Bissonnet a été tuée, l'éclairage extérieur ne s'est pas enclenché.
Jean-Pierre Clouscard, professeur d'université, est appelé à la barre. Il a été missionné par le juge d'instruction. "Je suis entré en contact avec les enfants de Jean-Michel Bissonnet, Marc et Florent. Ma mission : vérifier l'éclairage extérieur de la maison.(...) On était en troisième journée de pleine lune (le soir du drame). J'ai essayé de faire les vérifications un jour de luminosité identique, le 4 août. "

Avec une voix qui porte dans toute la salle d'audience, l'homme expose les résultats de son travail. "L'éclairage de l'allée est un éclairage qui n'a rien à voir avec les alarmes. C'est un éclairage de facilité. Plutôt que d'appuyer un bouton, on a un détecteur. Sauf pour une partie : le portail. "

Il explique comment, quand le portail s'ouvre ou se ferme, l'éclairage s'allume dans le jardin de la demeure des Bissonnet. Diffusion sur grand écran d'une photo du portail qui donne sur cette maison.

Le soir où Bernadette Bissonnet a été tuée, l'éclairage extérieur ne s'est pas enclenché. "Quand il fait nuit, dès que le portail s'ouvre, l'allée s'éclaire. La question : est-ce que l'on peut rentrer dans l'allée la nuit, sans allumer l'éclairage automatique ? Rien de plus simple : il suffit de déplacer le détecteur."

10 h 40 - Jean-Pierre Clouscard : "Quand j'ai fait mon expertise, j'ai constaté qu'il y avait eu une infraction sur le compteur EDF. Des plombs avaient été arrachés. J'ai alors appelé EDF. Ainsi, je peux confirmer que les plombs n'ont pas été enlevés le soir du 11 mars."

10 h 50 - Le président M. Mocaer : "Lors de votre expertise, tout fonctionnait normalement ?"
"Effectivement, tout fonctionnait normalement" appuie M. Clouscard.
M. Mocaer : "Combien il y a de détecteurs devant la porte d'entrée ?"
M. Clouscard : "Trois."

11 h 05 - Les détecteurs d'éclairage d'entrée peuvent être désactivés grâce à un mini-disjoncteur dans la maison.
M. Clouscard, à l'aide de visuels diffusés sur grand écran, explique où sont installés les trois détecteurs qui enclenchent l'éclairage devant le portail. Tous sont posés en hauteur (un premier au niveau des arbres du jardin, un second sur la façade de la maison).
M. Mocaer : "Ces détecteurs n'ont pas été modifiés, c'est une quasi-certitude ?"
M. Clouscard : "Oui, car pour changer leur orientation, il aurait fallu une échelle."
M. Mocaer : "Il y a une télécommande qui active ces détecteurs ? Comment ça fonctionne ?"
Me Iris Christol, avocate de Meziane Belkacem, relit les déclarations de M. Clouscard, dans lesquelles il explique que les détecteurs d'éclairage d'entrée peuvent être désactivés grâce à un mini-disjoncteur dans la maison.

11 h 15 - Me Chalié : Le soir du drame, "le meilleur moyen pour entrer (dans la maison des Bissonnet) est-il d'attendre que M. Bissonnet sorte (parte au Rotary), de tourner le détecteur (qui enclenche l'ouverture et la fermeture du portail), et attendre que l'éclairage (orienté vers le portail) s'éteigne pour entrer dans l'obscurité ?"
M. Clouscard : "Oui."

11 h 24 - L'avocat général Pierre Denier s'interroge sur le déclenchement des lumières situées à l'extérieur de la maison. Il s'agit d'ampoules à basse consommation. "Les lampes à consommation d'énergie éclairent tout de suite, ou mettent un temps de chauffe avant d'éclairer ?"
M. Clouscard explique que la rapidité d'éclairage dépend de la qualité (et du prix) de la lampe. D'après lui, les éclairages situés dans le jardin des Bissonnet s'enclenchent rapidement.

11 h 35 - 11 h 45 - Le ministère public expose un possible itinéraire de M. Belkacem sur les lieux du crime le 11 mars.
Le magistrat Pierre Denier demande l'autorisation au président de la cour de proposer un possible itinéraire de Méziane Belkacem dans la demeure des Bissonnet le soir du 11 mars. A l'aide d'un plan, qui représente la maison et la jardin, et qui indique la position des éclairages, il expose ce possible trajet de M. Belkacem.
"Méziane Belkacem nous explique que l'arme était cachée sous un chiffon blanc sur un conteneur à poubelle dans le garage. Il entre dans le jardin, qui ne s'éclaire pas. La tête du détecteur a été tournée et l'éclairage est éteint. M. Belkacem nous dit qu'il va déplacer l'arme pour la poser sur le rebord de la fenêtre (...). Pour que l'éclairage dans le garage ne s'active pas, il faut faire disjoncter ?"
M. Clouscard : "Oui."
L'avocat général poursuit son cheminement. Mais d'après Jean-Pierre Clouscard, ce schéma n'est pas possible. "Selon votre schéma, vous êtes tout de même détecté" (par le système d'éclairage).

11 h 52 - Pierre Denier poursuit son exposé sur le déroulement de l'assassinat dans la maison. Le président M. Mocaer l'interrompt : "M. l'avocat général, vous êtes plus sur une démonstration que sur un questionnement !"

12 h - Suspension d'audience de 10 minutes.

12 h 25 - Reprise de l'audience. Meziane Belkacem ou Amaury d'Harcourt auraient-ils pu toucher au tableau électrique ?
Me Balling, avocat du vicomte d'Harcourt, interroge l'expert en électricité : "Combien de temps vous a-t-il fallu pour appréhender l'ensemble du système électrique (de la maison) ?"
Jean-Pierre Clouscard : "Plusieurs dizaines heures pour remonter le schéma électrique."

Il y a trois tableaux électriques : un premier dans la maison principale, un second dans la maison d'hôte, puis un troisième dans le garage.

Me Balling : "Le tableau électrique, il se trouve où dans la maison ?"
M. Clousard : "C'est dans l'annexe 17."
Me Balling : "Il se situe entre l'entrée, la buanderie et la salle à manger."
Il se déplace vers le président. "Si M. Belkacem et M. d'Harcourt avaient voulu toucher à ce tableau électrique, ils auraient bien dû passer trois heures dans un passage où on les aurait vu agir ?", demande Me Balling.
M.Clousard : "Oui, à moins de créer un court-circuit."
Me Balling : "Pour faire cela, il faut tout de même être aguerri ?"
M. Clousard : "Non !"

12 h 35 - Me Nathalie Seynik, avocate de Jean-Michel Bissonnet, prend à son tour la parole.
"Vous nous avez expliqué tout à l'heure que, pour que l'éclairage ne soit pas enclenché, il fallait tourner les détecteurs ou les obstruer ?"
M. Clousard : "Oui, en montant sur une échelle."
Me Seynik : "M. Belkacem, avez-vous utilisé une échelle ce jour-là?"
M. Belkacem : "Oui, pour faire les vitres."

12 h 40 - Suspension de l'audience qui reprendra à 14 h 15.

14 h 15 - Reprise de l'audience. Le contenu du téléphone portable et l'ordinateur de Jean-Michel Bissonnet est dévoilé.
Jean-Christophe Slucky, expert en informatique, a été missionné par le juge d'instruction en charge de ce dossier pour analyser le téléphone portable et l'ordinateur de Jean-Michel Bissonnet. "Le 31 mars 2008, j'ai examiné l'ordinateur de marque Apple ainsi qu'un téléphone de marque iPhone. Cet ordinateur a été utilisé jusqu'au 11 mars 2008. L'utilisateur est enregistré sous JMB. Je pense que les utilisateurs étaient M. Bissonnet et son épouse. J'ai trouvé des sites pratiques de style météo et des sites pornographiques et sadomasochistes", expose l'expert devant le président et les jurés. "Dans les documents enregistrés dans l'ordinateur, j'ai trouvé un carnet d'adresse. Dans ce dernier se trouvait le numéro de Meziane Belkacem enregistré grâce à une synchronisation avec le téléphone iPhone. Une dernière synchronisation a été effectuée le 11 mars 2008. J'ai également trouvé 28 vidéos sadomasochistes qui mettent en scène des adultes."

Le téléphone portable de l'accusé a également été décortiqué. "Dans le téléphone iPhone, j'ai extrait des informations comme le répertoire dans lequel on retrouve le numéro de Meziane Belkacem. J'ai également ressorti un agenda dans lequel il est question d'un voyage en Afrique du Sud, créé en janvier 2008. Tous ces éléments ont été gravés sur un CDrom transmis aux enquêteurs."

A la demande des avocats, il a été missionné le 12 et 21 novembre 2008 pour réaliser une nouvelle expertise sur les mêmes matériels. "J'ai essayé de faire des corrélations et de répondre aux questions qui m'étaient posées. Je suis remonté sur les connexions internet enregistrées sur l'ordinateur jusqu'en 2006."

14 h 40 - L'expert note qu'il a retrouvé la création de comptes dans trois sites de rencontre via cet ordinateur.

14 h 42 - L'expert a retrouvé le numéro de Méziane Belkacem dans le téléphone portable de M. Bissonnet
Le président M. Mocaer : "Commençons par le téléphone iPhone. En manipulant ce téléphone, comment retrouvons-nous le numéro de M. Belkacem ?"
Jean-Christophe Slucky : "Je retrouve cette information totalement intacte dans le téléphone, mais aussi dans la synchronisation. "
M. Mocaer : "Vous n'avez pas à effectuer une manipulation pour retrouver ce numéro. Il n'a pas été écrasé ?"
Jean-Christophe Slucky : "Effectivement !"
M. Mocaer : "M.Bissonnet nous a dit qu'il avait effacé le numéro de Méziane de son téléphone et il dit qu'il a fait une synchronisation avant de l'effacer."
Jean-Christophe Slucky : "Pour ma part, j'ai retrouvé le numéro de Méziane dans le téléphone et sur l'ordinateur. Il apparaît dans le répertoire de façon intacte. Peut-être a-t-il rebranché son téléphone sur l'ordinateur par la suite juste pour le recharger ?"

14 h 50 - Jean-Christophe Slucky explique qu'il retrouve des messages échangés entre 9 février et 11 mars 2008 sur le site de rencontre Meetic.

14 h 55 - L'expert relate les différentes connexions effectuées sur internet via l'ordinateur du couple Bissonnet ce 11 mars 2008. Il donne les noms des sites et les heures exactes de connexion. A partir de 18 h, il note que plusieurs sites de voitures ont été enregistrés comme Peugeot, Supercar. Dès 19 h, on observe des connexions sur des sites de divertissement comme Youtube. "Cela se termine à 19 h 30", détaille Jean-Christophe Slucky.
Le président M. Mocaer : "On ne peut pas connaître la durée de la connexion ?"
Jean-Slucky : "Non, à part, s'il y a une autre connexion derrière."

15 h 05 - 15 h 20 - Comment les vidéos pornographiques ont-elles été téléchargées ?
Le ministère public s'adresse à l'expert. Georges Gutteriez : "Concernant l'historique de la navigation internet, l'ordinateur enregistre des connexions entre le 22 janvier 2006 et jusqu'au 11 mars 2008. Vous confirmez ?"
Jean-Christophe Slucky : "Oui, oui !"
L'avocat général : "En se reportant à cette pièce, on a plusieurs zones de blanc, il y a une absence de communication" entre 2006 et 2008. En clair, l'historique de navigation a été effacé en partie.
L'expert : "Il y a plusieurs hypothèses possibles comme effacer l'historique du navigateur de date à date. Ce qui est bizarre car, d'ordinaire, quand on efface cet historique, on efface tout l'historique et non de date à date.
Georges Gutteriez : "Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de connexions ?"
L'expert : "Non."

L'avocat général note que les connexions à des sites pornographiques ont été faites quand Mme Bissonnet n'était là pas ou quand elle faisait sa sieste. Me Leclerc, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "C'est une déduction qui peut être critiquable."

L'expert évoque le téléchargement des vidéos pornographiques. "La mémorisation de ces fichiers est volontaire", déduit-il. "J'ai 28 vidéos pornographiques, ce sont des films très courts de 30 secondes. Ce sont des bandes annonces incitant à acheter le film."

15 h 30 - Me Iris Christol, avocate de Meziane Belkacem, se tourne vers Jean-Michel Bissonnet :"Aviez-vous un autre ordinateur sur lequel vous travaillez ?"
Jean-Michel Bissonnet : "Non !"
Me Christol : "Comment se fait-il que nous ne retrouvons pas, dans l'historique de votre ordinateur, le site donc vous nous parliez hier ? (TickeTac.com, site de spectacle et de billeterie)
Jean-Michel Bissonnet : "Ah si, il y est !"
Me Christol : "Mais où ?"
Jean-Michel Bissonnet : "Je ne peux pas vous dire, je n'ai pas de documents."

Les avocats se penchent sur l'historique de l'ordinateur. Brouhaha dans la salle d'audience.

15 h 40 - Me Iris Christol : "Avez-vous fait un classement des sites pornographiques enregistrés dans l'historique de l'ordinateur, en différenciant les sites hétérosexuels des sites homosexuels ?" Elle nomme plusieurs websites retrouvés dans cet historique comme Boyswedding.com.
L'expert : "On ne me l'a pas demandé. Et si, on me l'avait demandé, je ne l'aurait peut-être pas fait !"

15 h 45 - Me Vérine, avocat de Jean-Michel Bissonet : "Est-ce l'ordinateur de quelqu'un qui tentait de cacher quelque chose, qui effaçait souvent son historique de navigation ?"
L'expert : "Quand on passe des semaines dans l'ordinateur et dans le téléphone d'une personne, on peut se faire une idée de la personnalité de l'individu. Dans cet ordinateur, je n'ai rien trouvé de particulier."
Me Vérine : "Quand vous créez une adresse sur Wanadoo, est-il possible qu'on vous la vole à votre insu ?" L'avocat note qu'un message a été envoyé de l'adresse affiliée à l'ordinateur de Jean-Michel Bissonnet le 25 mars 2008. Il relève que cela est incohérent car cet appareil avait été saisi et Jean-Michel Bissonnet était emprisonné à cette date.
L'expert se penche sur les listings. "On a l'adresse IP (de l'appareil par lequel le message a été envoyé). Quelqu'un a donc les codes de cette adresse et envoie des messages depuis ce compte."

15 h 50 - Le téléphone iPhone de Jean-Michel Bissonnet a été allumé. Or, le numéro de Meziane Belkacem ne se trouve plus dans le repertoire. L'expert est étonné, car cela est en totale contradiction au discours qu'il a tenu jusque là. Il a tout de même une explication. "J'utilise des systèmes d'investigation particulièrement puissants." Des systèmes qui permettent de déceler le numéro de Meziane Belkacem alors qu'il a été effacé.

15 h 55 - Jean-Michel Bissonnet s'explique sur la découverte de sites de rencontre
"Je ne me suis jamais caché, contrairement à des millions de personnes. Plus de 50 % des personnes le font. Sur Meetic, il y a 1 million de connexions par semaine, c'est pas pour cela qu'il y a un million de tueurs."

Il remercie l'expert, qui a prouvé devant l'audience, que le numéro de Meziane Belkacem n'est pas enregistré dans son iPhone. "Ca fait trois ans que je le dis !" (...) "Quant aux sites sadomasochistes : merci mon Dieu, on n'a pas trouvé de sites pédophiles."

16 h 05 - Suspension d'audience de 15 minutes.

16 h 20 - Reprise de l'audience. C'est au tour des enquêteurs de passer à la barre.
Le Capitaine Leclerc est la première à prendre la parole. "J'étais chef de groupe à Montpellier au moment des faits. J'ai eu en charge le partie financière de ce dossier et la garde à vue", dit-elle. "J'ai étudié les comptes de Meziane Belkacem, d'Amaury d'Harcourt et du couple Bissonnet."

De façon très précise, elle détaille la situation financière des trois co-accusés et de la victime. "Je commencerai par Meziane Belkacem qui a plusieurs comptes. Il y a peu de mouvements. Il a deux comptes courants à la BNP et à la Poste." Elle expose le contenu de ces comptes.

Elle en fait de même pour Amaury d'Harcourt et le couple Bissonnet.

Par la suite, elle dévoile le patrimoine financier des époux Bissonnet. Elle rappelle que le contrat de mariage de ces derniers était sous le régime de la séparation des bien.

16 h 40 - 15 000 euros prêtés par les Bissonnet au vicomte
Le capitaine Leclerc, les yeux rivés dans ses notes, explique qu'un virement de 15 000 euros a été effectué le 17 janvier 2007 du compte courant des époux Bissonnet vers celui d'Amaury d'Harcourt. En juin 2007, "j'observe un virement de 15 000 du compte de M. Bissonnet vers le compte commun du couple." D'après l'enquêtrice, en faisant ce virement, "Jean-Michel Bissonnet aurait tenté de donner l'impression à Bernadette que les 15 000 euros prêtés au vicomte ont été remboursés."

Elle dévoile le contenu de l'ensemble des comptes d'Amaury d'Harcourt en mars 2008. On y retrouve environ 7 000 euros.

16 h 50 - Jean-Michel Bissonnet s'exprime sur ces mouvements d'argent. "Voyant que les 15 000 euros (prêtés à Amaury d'Harcourt) ne seraient pas remboursés, vis-à-vis de mon épouse, j'ai voulu renflouer le compte-joint avec mes deniers personnels.(...) Bernadette était toujours à côté de moi. Mais elle ne m'a jamais apporté d'argent."

17 h - Le capitaine Leclerc : "En tant qu'officier de police judiciaire, je fais correctement mon travail, en toute objectivité."
Me Vérine, avocat de Jean-Michel Bissonnet, l'interroge sur la garde à vue d'Amaury d'Harcourt à laquelle elle a participé. Le point sur lequel il insiste : le vicomte d'Harcourt se trouvait à proximité des lieux du crime le soir du 11 mars 2008. "Pourquoi ne pas avoir mis en examen Amaury d'Harcourt ?" Le capitaine lui explique que les enquêteurs ne disposaient pas des éléments nécessaires pour le mettre en examen.

17 h 15 - Me Leclerc, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Vous avez procédé à un certain nombre d'actes dans ce dossier. Vous avez interrogé Amaury d'Harcourt le 6 mai 2008 ?"
Le capitaine : "Oui, en partie."
Me Leclerc : "Vous signez le rapport d'enquête ?"
Le capitaine : "Oui."
Me Leclerc : "Comment s'est passée cette garde à vue ?"
Le capitaine : "C'est-à-dire ? Comme toute garde à vue, difficile pour la personne interrogée, surtout que M. d'Harcourt a avoué des choses qu'il était certainement difficile d'avouer. Excusez-moi, je ne comprends pas le sens de votre question."
Me Leclerc : "Est-ce-que vous avez pris l'apéritif avec M. d'Harcourt ?"
Le capitaine : "L'apéritif ?"
Me Leclerc : "Oui, l'apéritif."
Le capitaine : "Euh..." Le capitaine tente de se remémorer. Au cours de l'enquête, elle explique, qu'à un moment, la fille du vicomte a offert un verre aux enquêteurs sur place.

17 h 20  - 17 h 30 - L'avocat général Pierre Denier note qu'un coup de fil entre Jean-Michel Bissonnet et Amaury d'Harcourt a eu lieu lors de la garde à vue, le 12 mars. "Nous avons à 19 h 26 une communication qui part de Jean-Michel Bissonnet vers le téléphone d'Amaury d'Harcourt de 289 secondes."
Jean-Michel Bissonnet : "Cette audition s'est terminée à 19 h 30. M. Goursaud (enquêteur) ou la capitaine m'ont demandé : "on peut avoir votre ami ?" J'ai pris mon téléphone et j'ai appelé Amaury d'Harcourt."
Pierre Denier : "Vous dites, qu'à partir de votre téléphone, vous avez appelé Amaury d'Harcourt. Vous lui avez dit : "La gendarmerie souhaite t'entendre." Et vous lui avez passé M. Goursaud. C'est exact ?"
Jean-Michel Bissonnet : "Oui."
Le capitaine Leclerc : "J'ai un souvenir très vague. On a lui demandé le numéro d'Amaury d'Harcourt. Après, pourquoi on l'a appelé ? Je crois que c'était pour des moyens de transport de M. d'Harcourt."

17 h 35 - Avec Me Balling, avocat du vicomte d'Harcourt, le capitaine Leclerc revient sur la garde à vue de ce dernier le 5 mai 2008 à Bléneau, dans l'Yonne.

17 h 40 - Le maréchal Raphaël Goursaud arrive dans la salle d'audience.
Il explique comment il a été mis sur cette enquête. "Le 12 mars 2008, j'ai effectué l'interrogatoire de Jean-Michel Bissonnet." Ce dernier y aurait tenu un long monologue sur Meziane Belkacem. "Ensuite, nous l'avons questionné sur son emploi du temps de la journée du 11 mars. (...) Au cours de cette audition, nous lui avons demandé le numéro de M. Belkacem. Il nous explique qu'il ne l'a pas dans son portable mais qu'il l'a dans son ordinateur portable à son domicile."

M. Goursaud : "Lors de la perquisition au domicile des Bissonnet, nous distinguons plusieurs éléments financiers (chèques, cartes bleues, billets...), plusieurs objets de valeur. (...) J'obtiens les coordonnés de M. Belkacem le 14 mars. J'appelle ce numéro dans la soirée. J'obtiens M. Belkacem par téléphone."

S'en suit un discours clair sur le déroulement de l'enquête et un retour sur les propos tenus par M. Belkacem lors de ses auditions en tant que témoin puis lors de la garde à vue.

17 h 55 - Le président Me Mocaer : "A partir de quand M. Bissonnet vous apparaît comme un suspect potentiel ?"
M. Goursaud : "Lors de la perquisition... Ce qui nous étonne, c'est le comportement de M. Bissonnet vis-à-vis de M. Belkacem. De plus, quand je lui demande le numéro de Meziane Belkacem, j'ai l'impression que ça traîne un peu."

18 h - Me Mocaer : "Toujours à propos de la perquisition, Jean-Michel Bissonnet nous a expliqué que, dans une commode dans la chambre du couple, il y avait un post-it avec le numéro de M. Belkacem."
M Goursaud : "Lors de notre perquisition, nous ne l'avons pas vu. Dans cette commode, il y avait des éléments à caractère pornographique que nous n'avons pas mentionnés pour une raison de décente. Par contre, s'il y avait eu un post-it avec le numéro de M. Belkacem, nous l'aurions mentionné dans le rapport."

18 h 10 - M. Goursaud a procédé à la garde à vue de Meziane Belkacem. Il répète les propos qu'aurait tenu ce dernier. Le "jardinier" aurait expliqué pourquoi le chien du couple Bissonnet n'était pas présent au moment du drame. (NDLR : le soir du 11 mars, le chien était avec M. Bissonnet parti à une réunion du Rotary).

18 h 20 - 18 h 30 - Diffusion d'échanges téléphoniques.
17 mars 2008, deux jours après les obsèques de Bernadette, échange téléphonique entre M.Goursaud et M. Bissonnet : M. Bissonnet y parle longuement. Il fait part de son état, de celui de ses fils. "Vous avez été le plus sympa de la bande... Si vous voulez me voir, ça sera avec plaisir," déclare l'homme d'affaire montpelliérain à l'enquêteur. En fin de communication, il l'interroge. "Vous n'avez pas eu de nouvelles de Meziane ?" "Non", lui répond M. Goursaud.

19 mars 2008, échange téléphonique entre M.Goursaud et M. Bissonnet :
"Quand je n'étais pas là, Meziane a appelé. Je ne l'ai pas rappelé," explique M. Bissonnet. Il lui demande s'il doit le recontacter ou non.

19 mars 2008, échange téléphonique entre M. Belkacem et M. Bissonnet. L'époux de la victime laisse un message à M. Belkacem. Il lui demande s'il peut venir pour de menus travaux à Castelnau-le-Lez.

19 mars 2008, échange téléphonique entre M. Goursaud et M. Belkacem. C'est la première fois que M. Goursaud appelle le "jardinier". Ce dernier dit ne pas être au courant de la mort de Bernadette Bissonnet. L'enquêteur lui explique qu'il souhaiterait le questionner à Castelnau-le-Lez. Ils conviennent d'une heure de rendez-vous.

18 h 55 - Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime : "Est-ce que M. Bissonnet vous dit qu'il a effacé le numéro de Meziane Belkacem lors de son audition ?"
M. Goursaud : "A aucun moment, ni le 11, ni le 12, il ne me dit qu'il a effacé le numéro de Meziane. Il me dit juste qu'il ne l'a plus."
Me Abratkiewicz : "Vous maintenez que vous avez eu le numéro de M. Belkacem le 14 mars ?"
M. Goursaud : "Oui."
Me Abratkiewicz : "Des rumeurs disent que vous avez eu ce numéro de téléphone le 12 mars au soir."
M. Goursaud : "Je suis officier de policier assermenté. Ce n'est pas dans mes habitudes de faire des faux !"

19 h - Jean-Michel Bissonnet avait expliqué à la cour que M. Goursaud avait monté un "piège" avec le capitaine Leclerc à Meziane Belkacem. Selon l'homme d'affaire, l'enquêteur Goursaud se serait déguisé en peintre et serait venu à la rencontre du jardinier dans la demeure des Bissonnet afin de le questionner de façon "masquée". Ce que dément formellement le maréchal.

19 h 05 - Me Phung, avocat du frère de la victime : "Qui vous indique que M. d'Harcourt est venu à proximité de la maison des Bissonnet le soir" de l'assassinat ?
M. Goursaud : "Le premier à m'en parler est M. Bissonnet".

19 h 20 - Me Balling, avocat d'Amaury d'Harcourt, relit les déclarations de Meziane Belkacem aux gendarmes. "Je lui ai demandé s'il avait conscience de la gravité de ses déclarations. Il m'a dit "oui car c'est l'entière vérité", déclare M.Goursaud.
Me Balling : "Vous lui avez expliqué la différence entre un meurtre et un assassinat ?"
Me Goursaud : "Oui, notamment la sanction qu'implique un assassinat. A aucun moment, il n'est revenu sur ses propos."

Me Balling évoque la garde à vue du vicomte en mai dans l'Yonne. "Il me semble que vous vous êtes amusés comme larrons en foire." Il revient sur l'apéritif dont faisait référence Me Leclerc plus tôt.
M. Goursaud : "Sur les 5 et 6 mai, je ne reconnais pas avoir participé à un apéritif."

19 h 38 - L'heure indiquée sur le PV ne serait pas la bonne
Me Vérine, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Vous savez dresser un PV ?"
M. Goursaud : "Oui!"
Me Vérine : "Le 19 mars à 13 h 30, vous dressez un PV indiquant que vous avez appelé Meziane Belkacem à 10 h 57. Comment saviez-vous qu'il était cette heure-ci ?"
M. Goursaud : "J'ai regardé sur le cadran de mon téléphone qui indique l'heure."
Me Vérine : "Alors dites-moi pourquoi, selon les relevés téléphoniques, j'observe que cet appel a été réalisé à 11 h 18 ? Il y a vingt minutes d'écart !"
M. Goursaud : "Entre votre appel et le relevé de l'opérateur, il peut y avoir un décalage."
Me Vérine : "Vingt minutes ? Nous avons tout vu."
Brouhaha dans la salle.

19 h 45 - "Belkacem a fait preuve d'omission"
Me Leclerc, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Sur quoi vous a menti Meziane Belkacem ?"
M. Goursaud : "Il ne nous a pas menti, il a fait preuve d'omission."

19 h 55 - Suspension d'audience.

20 h 14 - Reprise de l'audience.

20 h 20 - François Recouly, officier de police judiciaire à la section de recherche de Montpellier, s'approche à la barre et jure de dire toute la vérité. Longuement, il décrit en quoi consistait sa mission dans ce dossier. "J'ai procédé en 20 mars 2008 à une perquisition dans l'hôtel Le Kiwi dans le Vaucluse. Meziane Belkacem y résidait. (...) Le 21 mars 2008, j'ai participé à la mise en garde à vue de Jean-Michel Bissonnet. Cette mise en examen nous permettait de détailler les journées des 11 et 12 mars. Il est ressorti que, dans la matinée du 11 mars, M. Belkacem avait fait une demande de prêt de 5 000 euros à M. Bissonnet." Point par point, il revient sur les propos tenus par les accusés.

20 h 32 - "Bissonnet a fait le comédien"
François Recouly explique qu'il est à la section de recherche depuis 12 ans. De toutes les gardes à vue auxquelles il a procédé, celle de Bissonnet l'a marqué. "La garde à vue de M. Bissonnet restera, pour moi, la numéro 1. Il a fait le comédien, était calculateur. A de nombreuses reprises, il se prenait la tête entre les main pour pleurer à chaudes larmes, alors qu'il n'y avait pas de larmes. Il nous répondait : "Vous ne pouvez pas comprendre." Dans le cadre de cette garde à vue, à chaque question posée, au lieu de répondre spontanément, il prenait le temps pour savoir comment nous répondre, pour savoir quel mot utilisé."

20 h 40 - Me Phung, avocat du frère de la victime, relit des déclarations de M. Bissonnet. Ce dernier y décrit le déroulement des évènements au moment où il découvre son épouse dans une mare de sang. "Est-ce que vous confirmez, qu'après l'arrivée des gendarmes, voyant que l'alarme était encore actionnée, M. Bissonnet l'aurait désactivée ?"
M. Recouly : "Oui, je confirme."
Me Phung continue à lire les déclarations de M. Bissonnet : "C'est dans l'après-midi du 14 mars que j'ai remis le numéro de M. Belkacem à la gendarmerie", a dit l'homme d'affaire. "C'est exact", demande Me Phung.
M. Recouly : "Oui."

21 h - Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime : "Au cours de l'interrogatoire, vous demandez à M. Bissonnet s'il pense que M. Belkacem ait les capacités de monter un plan "aussi machiavélique" ?"
M. Recouly : "M. Bissonnet répond que Meziane est mou. Il dit d'ailleurs: "si ça avait été moi, je serais sorti par la porte du bas."

21 h 15 - Me Chalié, avocate des enfants et du père de la victime, note que le prêt demandé par Meziane Belkacem à M. Bissonnet (5 000 euros) avoisine avec le montant de la voiture qu'il consulte avec son employeur sur internet (4 500 euros). (NDLR : avec 18 h, avant l'assassinat de B. Bissonnet, tous les deux ont consulté des sites d'achat de voiture). D'après elle, il s'agit de la même chose. Pour les forces de l'ordre, ces deux montants n'ont pas forcément un rapport.
Me Chalié : "Vous confirmez qu'une audition de M. Bissonnet s'est tenue entre minuit et 3 h du matin ?"
M. Recouly : "Oui."
Me Chalié : "Compte tenu de l'heure tardive de cette audition, vous ne pensez pas, qu'avez la fatigue, on pourrait se tromper entre 4 500 et 5000 euros ?"

21 h 20 - "Si ma garde à vue avait été filmée, ça aurait changé beaucoup de choses."
Me Balling, avocat du vicomte d'Harcourt : "Vous nous confirmez que des personnes peuvent mentir en garde à vue ?"
M. Recouly : "Oui, tout à fait."
Me Balling note que sur le PV, relatant les déclarations de M. Bissonnet en garde à vue, porte une annotation "Rectifier en page 3". "N'est-ce pas l'écriture de Jean-Michel Bissonnet ?" Il se tourne vers l'accusé. Ce dernier explique effectivement que c'est lui qui a écrit ce mot sur ce PV. "Me Balling, je vous vois venir. Je vous ai entendu dans les conversations téléphoniques. Mais, je confirme qu'il s'agit de la seule rectification que j'ai faite. Si ma garde à vue avait été filmée, ça aurait changé beaucoup de choses."

21 h 30 - Me Leclerc, avocat de Jean-Michel Bissonnet, évoque les conditions des gardes à vue en France. "Lors de sa garde à vue, il n'était pas accompagné d'un avocat ?"
M. Recouly : "Bien sûr que non !"
Me Leclerc : "Comment procède-t-on à son interpellation ?"
M. Recouly : "Nous attendons qu'il sorte de son domicile, puis nous l'interpellons."
Me Leclerc : "Il est interpellé par combien de gendarmes ?"
M. Recouly : "Une dizaine."
Me Leclerc : "La première audition commence à 9 h 30 et va continuer tard dans la nuit. C'est un notable local. On vient de tuer sa femme. Est-ce que vous trouvez normal quand, à 00 h 15, vous lui donner la lecture" de ce qui lui est reproché ?
M. Recouly : "Oui."
Me Leclerc : "Ce qu'il vous dit à ce moment-là est-il différent de ce qu'il vous dit par la suite ?"
M. Recouly : "Non."
Me Leclerc : "Il n'y a pas eu de variations dans son discours ?"
M. Recouly : "Non".
Me Leclerc demande pourquoi les enquêteurs persistent à dire que M. Bissonnet ment.
M. Recouly : "Avec l'expérience que j'ai, je sais discerner quand un homme dit ou non la vérité !"
Me Leclerc s'emporte.

21 h 35 - Jean-Michel Bissonnet prend la parole et contredit les dires des gendarmes. "Quand M. Recouly parle de repos, sachez qu'à la section de recherche, la planche fait 1 m 40. Je suis en prison depuis 3 ans à cause de vous !", dit l'accusé à M. Recouly.

Le président intervient. "Attention, M. Bissonnet, vous n'avez pas le droit de vous adresser au témoin de la sorte."

En parlant de M. Recouly, M. Bissonnet reprend : "Il aurait dit à mon fils : "je vous rends les vêtements de votre père qui n'en a plus besoin".

21 h 45 - Philippe Barat, enquêteur affecté à la section de recherche de Castelnau-le-Lez, arrive à la barre."J'ai été informé de la découverte du corps de Bernadette Bissonnet à son domicile le soir du 11 mars 2008", déclare l'homme. Il explique, qu'au premier abord, selon les déclarations qui recueillent, il a une image positive du couple Bissonnet.
Le président M. Mocaer : "Vous n'avez pas fait d'enquête sur Mme Bissonnet ?"
M. Barat : "Non, pas moi. Je me suis concentré sur M. Bissonnet."

21 h 50 - L'audience est levée. Elle reprendra ce jeudi à 9 h.


Depuis les assises de l'Hérault, Vanessa ASSE  
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La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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