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Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-01-21 - MidiLibre : Audience n°10
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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MessagePosté le: Ven 21 Jan - 10:53 (2011)    Sujet du message: 99 11-01-21 - MidiLibre : Audience n°10 Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/01/21/ML-Suivez-en-direct-le-proces-…



Édition du vendredi 21 janvier 2011
Assises L'émouvant témoignage de Florent Bissonnet à la barre


DR

Procès Bissonnet La fille du vicomte d'Harcourt : "Il faut rallier le clan Belkacem



DIRECT - Après avoir entendu hier Reynald et Claudine Belkacem, respectivement fils et seconde épouse de Meziane, la cour poursuit aujourd'hui l'audition des parties civiles. Sont attendus Marc et Florent Bissonnet, les enfants de Bernadette, ainsi de Jean-Pierre Juan, le frère de la victime.

8 h 40 - 9 h 40 - Reprise de l'audience. Marc Bissonnet, 28 ans, s'avance à la barre.
Le président M. Mocaer l'invite à s'exprimer. Au cours d'un long discours, le jeune homme retrace le déroulement des faits, et fait part de ses ressentis. "A l'époque, je travaillais à Boulogne-Billancourt", commence Marc. Il explique comment il a appris le décès de sa mère. Le matin du 12 mars 2008, son patron l'aurait convoqué pour lui annoncer qu'un drame s'était

produit. "J'ai alors appelé mon père. Il m'a dit : "Il est arrivé quelque chose à maman." Je lui ai demandé : "Mais qu'est-ce qu'il est arrivé ?" "Un accident", lui a déclaré Jean-Michel Bissonnet.

Suite à cette conversation téléphonique, il a quitté son logement, situé à Suresnes (région parisienne), pour Montpellier. "J'imaginais que ma mère était à l'hôpital. On ne s'imagine pas ça. Là, j'arrive à l'aéroport de Montpellier et je croise ma cousine de Béziers. Je me dis qu'il n'y a quelque chose de pas normal. "Mais qu'est-ce qu'il y a ? Mais qu'est-ce qu'il y a ?", lui ai-je demandé."

Marc est en pleurs. Il raconte comment il a retrouvé son père, comment se sont déroulés les obsèques de sa mère, Bernadette. "Mon père était effondré", explique-t-il.

"Le dimanche (NDLR : au lendemain des obsèques), je ne me souviens de rien. Mon frère et Anne-Gaëlle ont souhaité emmener mon père voir "Bienvenue les Chti's" au cinéma pour lui changer les idées. Moi, depuis trois ans, je ne peux plus regarder une émission de faits divers, des films de meurtriers, je regarde des conneries pour pouvoir dormir le soir ! Et encore, aujourd'hui, je tourne dans mon lit pour trouver le sommeil."
(...)
"Le mardi suivant, j'ai été convoqué par les gendarmes. A propos du soutien que l'on a eu, je tiens à dire que l'on a eu aucune aide psychologique, aucune écoute, aucun numéro à appeler."
(...)
"Les jours suivants, je me souviens de rien, si ce n'est qu'il fallait que j'envisage l'avenir. Il fallait que je sois là pour mon grand-père."
(...)
"Mon père a été interpellé. Il va être entendu. En ce qui concerne sa garde à vue, pour moi, c'était pour lever tous soupçons. Mais, le gendarme Geniès n'est pas allé par quatre chemins. Il m'a dit: "Votre père est coupable. L'enquête est terminée. Nous avons tous les éléments."

Le jour de l'interpellation de Jean-Michel Bissonnet, il était prévu que ce dernier passe un scanner avant d'aller à la gendarmerie. Or, au final, il a été arrêté devant son domicile par plusieurs gendarmes. "Alors, pourquoi l'arrêter comme ça ? Il a fallu faire ça à la militaire !"
(...)
"Après 24 h de garde à vue, on pense qu'il va sortir. Et là, c'est l'effroi. On apprend qu'il va rester en prison. Pourquoi ? Pourquoi ? On ne comprend pas. Et là, on est dans l'expectative. Dans un reportage sur France 3, le procureur annonce qu'il ne voit pas pourquoi il mettrait en doute la parole du jardinier. Il a déclaré : "Il y a des gens qui disent que le couple s'aimait, d'autres disent qu'ils se détestaient". Là dessus, il n'y a eu aucun démenti et les journaux ont repris ça. Plus tard, dans le dossier, j'ai pu voir que personne n'a pu mettre en doute la bonne santé du couple."
(...)
"J'ai été entendu par le capitaine Leclerc. Pendant quatre heures, on m'a répété que mon père était coupable, que Belkacem avait tout dit. Tout était orienté à charge. Mes parents s'aimaient. Ils étaient démonstratifs."

Marc Bissonnet en veut à la presse.
Il attaque les médias. "Il y a eu des articles dans lesquels on retrouve les écoutes téléphoniques". Or, d'après lui, ces dernières n'ont pas été retranscrites correctement. "Dans la presse, tout a été exagéré notamment sur le patrimoine financier. Je ne sais pas, ils parlaient en francs alors que nous, on parle en euros. Aujourd'hui, je paierai extrêmement cher pour qu'ils (NDLR: les journalistes) ne soient pas là. Je ne comprends pas ce voyeurisme. C'est notre vie privée."

Marc Bissonnet s'interroge. "Pourquoi mon père aurait-il fait appel à une personne qui passe 3 ou 4 fois dans l'année à la maison, et en qui il n'a pas confiance, pour assassiner ma mère ? Pourquoi, on fait descendre dans le sud un vieux à moitié sénile pour se débarrasser l'arme du crime ?" D'après lui, le scénario du crime avancé par M. Belkacem n'est pas concevable. "Mon père n'a jamais rien caché dans cette enquête."

Il remet en cause la perquisition qui s'est tenue sur les lieux du crime. Plusieurs disques durs n'auraient pas été saisis par les enquêteurs pour analyse.

"J'ai perdu ma mère, j'ai perdu mon père, j'ai perdu mon boulot, la mère de mes enfants, j'ai tout perdu !", clame Marc Bissonnet en pleurs à la barre. "Si demain, on m'apporte la preuve que mon père est coupable, je ne lui pardonnerai pas. Je veux que tous paient. Nous, il nous faut des preuves. On ne peut pas se baser sur des hypothèses. Si mon père est condamné, qu'il le soit sur des éléments factuels et non sur des interprétations."

9 h 45 - "Avec votre frère Florent, vous êtes les principales victimes"
Le président de la cour prend la parole : "La cour ne peut que s'incliner que devant votre douleur. Avec votre frère Florent, vous êtes les principales victimes. Vous avez perdu votre mère et simultanément votre père. Votre famille est aujourd'hui divisée."

9 h 50 - M. Mocaer : "A quand date votre dernière conversation avec votre mère ?"
Marc Bissonnet : "Le dimanche avant les faits. Je ne me souviens plus si c'était une conversation avec ma mère ou avec ma mère et mon père. Je les appelais tout le temps.
M. Mocaer : "Il est question d'une conversation téléphonique le soir des faits. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ?"
Marc Bissonnet pense se souvenir qu'il s'agit d'une conversation avec son père. Elle s'est tenue avant que ce dernier parte au Rotary.
M. Mocaer : "Est-ce une conversation avec votre père ou avec votre mère ?"
Marc Bissonnet : "Je ne sais plus, peut-être que ma mère a dit à mon père : "Embrasse Marc !"
M. Mocaer : "Vous êtes entendu le lundi après-midi" (deux jours après les obsèques de Bernadette Bissonnet). Le président relit les déclarations que le jeune homme a tenu à ce moment-là. A cette époque, il a dit aux gendarmes qu'il avait eu une communication téléphonique avec sa mère.
Marc Bissonnet ne se souvient plus.

10 h - M. Mocaer : "Est-ce que votre mère utilisait l'ordinateur de la maison ?"
Le fils de la victime : "Oui, comme nous tous."
M. Mocaer : "Vous avez évoqué deux éléments au cours de l'enquête."
Marc Bissonnet : "Mon raisonnement est simple. Pour ouvrir le portail, on dit que Belkacem avait la télécommande. Or, il connaissait le code qui permet de l'ouvrir. Par la suite, on a découvert que Belkacem ne connaissait pas la couleur de la télécommande. (...) Il y a quatre boitiers. Aucun d'entre eux ne correspond à la description donnée par Belkacem."
M. Mocaer : "Est-ce qu'il n'y a pas une télécommande qui a disparu ?"
Marc Bissonnet : "Beaucoup d'éléments ont disparu."

10 h 15 - Marc Bissonnet explique que le portail produit un "clic" lors de son ouverture. Ce déclic se produit dans le local technique.
M. Mocaer : "Quelle est l'attitude du chien quand il entend ce "clic" ?"
Marc Bissonnet : "S'il l'entend, il va aboyer. Mais en raison de la chasse, il n'entend plus trop."
Le président M. Mocaer relit les déclarations du jeune homme quelques jours après les faits. A propos de ce déclic, il tient un discours quelque peu différents.

Après les faits, Marc Bissonnet est revenu dans la région de Montpellier et a habité quelque temps dans la maison de Castelnau. "Depuis que j'y suis retourné, j'ai pu voir" dans quelles circonstances le chien aboie.

Il trouve le scénario de Belkacem incohérent.
M. Mocaer : "Selon le scénario de M. Belkacem, la présence du chien aurait gêné son entrée dans la maison ?"
Marc Bissonnet : "Non, pas forcément."

10 h 30 - Marc Bissonnet pointe à nouveau la presse, et estime qu'il faudrait mener une réforme de la justice.
"S'il y avait des preuves formelles accusant mon père, on aurait pas autant de débats", déclare-t-il au président de la cour. D'après lui, le scandale d'Outreau n'a servi à rien. "Il faudrait peut-être mener une réforme de la justice. (...) La vie privée devrait prendre le pas sur la liberté de la presse. Le secret de l'instruction devrait prendre le pas sur la liberté de la presse. On interdit aux témoins de suivre l'ensemble des débats. Et après, on permet à la presse de retranscrire les débats. En plus, cette retranscription est biaisée."

Il attaque l'attitude de la justice. "Mais, je ne vous remets pas en cause M. le président."

10 h 35 - Des fuites dans la presse
M. Mocaer : "Nous déplorons qu'il y ait des fuites des éléments du dossier dans la presse. On voit régulièrement des fuites s'organiser. C'est fort dommageable. (...) Monsieur, les jurés ne prendront pas leur décision à la lecture de la presse. C'est ici, et au regard de ce qui se sera dit ici, que la décision sera prise."

10 h 40 - Suspension d'audience.

10 h 57 - Reprise de l'audience. "Excusez-moi, mais j'ai l'impression que, quand on n'a pas d'arguments, on essaie de fouiller la merde."
Me Phung, avocat du frère de la victime, interroge Jean-Michel Bissonnet. "Est-ce que vous confirmez la réponse que vous avez faite en garde à vue, aux enquêteurs. Vous avez dit qu'avant de téléphoner à votre épouse, avez-vous appelé une tierce personne avec votre portable." L'avocat relit les déclarations de M. Bissonnet. "J'ai appelé mon fils Marc qui habite à Paris. Il n'y a pas de raison à cet appel. J'étais dans la voiture. J'utilisais mon kit main libre." (M. Bissonnet était à ce moment-là sur la route pour la réunion du Rotary).
Jean-Michel Bissonnet : "C'est la troisième fois que je confirme cette réponse."
Me Phung : "Vous le passez de votre véhicule, alors que vous allez au Rotary ?"
M. Bissonnet : "Oui"

L'accusé se tourne avec M. Mocaer. "M. le président, excusez-moi, mais j'ai l'impression que, quand on n'a pas d'arguments, on essaie de fouiller la merde."

11 h 05 - Me Balling, avocat du vicomte, interroge Marc Bissonnet sur la relation que son père avait avec M. d'Harcourt. "C'était un vieil ami. Une fois par an, mon père allait le voir."
Me Balling : "L'expression de "pique-assiette", c'était une notion pour parler de quelqu'un d'insouciant, ou pour désigner quelqu'un de sans-gêne qui dérangeait votre mère ?"
Marc Bissonnet : "C'était évident pour tout le monde, et M. d'Harcourt s'en vantait."

11 h 15 - Me Balling : "Lors de votre dernière audition, qui a eu lieu à votre demande, le 3 mars 2009, vous dites quelque chose de radicalement nouveau." L'avocat relit les déclarations du jeune homme : "Amaury d'Harcourt est un spécialiste des manipulations."
Marc Bissonnet : "Les chasses présidentielles étaient liées aux opérations sombres de l'Elysée et aux réseaux africains." (Amaury d'Harcourt a participé aux chasses présidentielles sous Valéry Giscard d'Estaing)."Un homme qui se vante de se balader avec une dague dans sa ceinture, et de passer tous les barrages de sécurité, pour moi, c'est un manipulateur."

11 h 30 - Me Vérine, avocat de M. Bissonnet : "Vous êtes inquiété pour votre grand-père ?"
Marc Bissonnet : "C'est quelqu'un de très honorable. Dans sa vie, il n'avait que la famille et le travail. Après le décès de ma grand-mère, ma mère lui donnait une raison de vivre. Aujourd'hui, il a perdu l'envie de vivre. C'est pour cela que je voulais m'occuper de lui."

11 h 35 - Florent Bissonnet, fils du couple, prend à son tour la parole. "Mon frère a déjà dit beaucoup de choses. C'est difficile de passer derrière. On est très cartésien dans la famille." Il revient sur l'histoire de la voyante évoquée hier. "On ne croit pas à l'astrologie."

11 h 40 - "Maman était tellement pleine de vie"
La voix tremblante, l'homme revient sur le déroulement des faits et explique comment il a appris le décès de Bernadette Bissonnet. "La seule question que je me suis posé : comment on fait pour vivre sans sa mère ? C'est impensable. Maman était tellement pleine de vie. Elle était le socle de la famille. Pour nous, c'était quelque chose d'inimaginable."
(...)
"A chaque fois que je pense à cette affaire, je me demande sans cesse si papa est coupable ou innocent. Maman était dévouée à sa famille. Elle a sacrifié sa vie. Beaucoup de personnes lui reconnaissaient ce dévouement."
(...)
"Les jours qui ont suivi ont été très particuliers. C'est moi qui me suis occupé de l'enterrement. On n'a pas pu voir le corps (NDLR : de Bernadette Bissonnet)."
(...)
Le lendemain des obsèques, Florent est allé avec son père et son amie voir "Bienvenue chez les Chti's" au cinéma. "Pendant tout le film, papa était en pleurs."
(...)
Le jeune homme revient sur la mise en garde à vue de son père et remet en cause le travail des enquêteurs. "Ils font très professionnels quand ils arrivent avec leur képi. Mais, ils ne sont pas aussi humains qu'ils veulent le dire. Le pire paradoxe est de ne pas reconnaître une erreur." Il revient sur le débat qui s'est tenu entre les experts de la balistique : à savoir, Bernadette a-t-elle été tuée de deux ou trois coups de fusil ?
(...)
"S'il faut le condamner, condamnez-le sur des éléments qui nous aideraient" à comprendre.  "Maman était tout pour lui, il s'est construit avec maman. Chacun faisait avancer l'autre, et rendait l'autre meilleur. Ils avaient les mêmes idées, les mêmes valeurs."
(...)
"C'est très dur car je suis passé du statut d'enfant, à celui d'orphelin puis de papa en quelques mois."

12 h 05 - Le président M. Mocaer : "Vous avez entendu l'écoute téléphonique au cours de laquelle vous parlez avec votre père. Qui est Jean-Pierre ?"
Florent Bissonnet : "Je ne sais pas. Aucun souvenir."
M. Mocaer : "Vous comprenez que si votre père et Amaury d'Harcourt était avec une 3e personne le 19 mars 2008 (NDLR :deux jours après le drame), c'est très intéressant pour la cour de savoir qui elle est."
Florent Bissonnet : "Je sais bien, mais je ne vois pas qui c'est."

12 h 10 - Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime : "La seule preuve que vous pouvez entendre serait les aveux de votre père ?"
Florent Bissonnet : "C'en est une. Mais, je sais que tout ce que je vais dire, ça va se retourner contre moi. Ca fait trois ans que je fais les allers-retours avec Paris. Je me forge une conviction. Mon père n'a pas le regard fuyant. Quand il me dit : "Je n'aurais jamais touché un cheveu de ta mère", je le crois. La vie serait plus simple si mon père était coupable. Vous comprenez. Si le procès dure cinq semaines, c'est qu'il y a des éléments troubles dans cette affaire."
(...)
"On m'a reproché de trop parler à la presse. Mais, c'était pour contredire ce qui était dit. Et puis, j'y ai trouvé une oreille attentive. Ca faisait bien d'en parler. Beaucoup de journalistes pensent que mon père est coupable. Ca faisait du bien de se confronter à ça.

12 h 20 - Me Chalié, avocat des enfants de Bernadette Bissonnet : "Est-ce que vous avez eu l'impression que votre père a eu des réactions que vous ne lui connaissiez pas après la mort de votre mère ?"
Florent Bissonnet : "Non"
(...)
Florent Bissonnet : "Si papa est coupable, pourquoi s'infliger la découverte du corps. Pour faire cela, il faut s'en vouloir à soi-même. Je ne pense pas papa capable de cela. Papa savait que, s'ils divorçaient, c'est lui récupérerait la maison. Dans mes déclarations, j'ai souvent dit que mes parents étaient de plus heureux. Leurs enfants étaient éduqués, lancés dans la vie."
Jean-Michel Bissonnet : "Et vous pensez que je peux faire du mal à des enfants comme ça ! C'est une histoire de fou !"

12 h 35 - Suspension de l'audience.

14 h 10 - Reprise de l'audience. "Ce n'est pas à 85 ans que l'on commence une carrière d'assassin ou de complice."
Michel Curtis, ancien avocat, s'avance à la barre. Il s'exprime en tant que témoin spontané. Il connaît Amaury d'Harcourt depuis plusieurs années. "Je voudrais dire aux jurés que je ne connais rien de l'affaire."

Michel Curtis note qu'il a rencontré Jean-Michel Bissonnet à deux reprises au cours de sa vie. Il explique ensuite qu'il fréquente Amaury d'Harcourt depuis plus de 60 ans. "J'ai fait sa rencontre dans les années 50." Le vieil homme explique dans quelles circonstances il a fait la connaissance du vicomte.
(...)
"Il est né chasseur, il s'est spécialisé dans l'organisation des chasses, et dans l'élevage d'animaux pour la chasse comme les loups et les sangliers."
(...)
L'homme relate la vie familiale du vicomte d'Harcourt, en rappelant quand ont eu lieu les mariages de ce dernier.
(...)
"Le drame est arrivé en 2009." Une des filles de Ghislaine (la troisième épouse d'Amaury d'Harcourt) a eu un grave accident de la route. "Elle est aujourd'hui totalement invalide." Suite à cet accident, Amaury d'Harcourt a pris en charge les enfants de la fille de Ghislaine. "S'occuper de deux petits quand on a 74 ans, ce n'est pas évident. Et ce, quand Ghislaine tentait de s'occuper de sa fille accidentée. Ils étaient exténués."
(...)
"Mme d'Harcourt s'est rapidement rendue compte qu'elle ne pouvait pas élever les enfants dans un endroit où il n'y a qu'une école communale. La situation s'est pourrie, et le divorce a été prononcé en 2009 entre Amaury et son épouse.
(...)
"Amaury est un homme aimable, très bien élevé, ayant beaucoup voyagé, accueillant les gens admirablement mais aussi avec beaucoup de simplicité. C'est un homme qui aime les femmes. (...) Il est toujours prêt à se lancer dans de nouvelles opérations. Peut-être de manière irréfléchie, sans tirer les conséquences."

Pour finir son témoignage, Michel Curtis paraphrase le général de Gaulle. "Ce n'est pas à 85 ans que l'on commence une carrière d'assassin ou de complice."

14 h 30 - Le président M. Mocaer interroge le témoin.
M. Mocaer : "Vous souvenez-vous de l'état mental de M. d'Harcourt avant sa garde à vue ?"
Michel Curtis : "Oui". L'homme rappelle un accident que le vicomte avait eu avec un cerf.
M. Mocaer : "Avez-vous entendu parler de l'association IVI (invitation à la vie) ?"
Silence
Michel Curtis : "Oui, j'en ai entendu parler. Je sais qu'Amaury et son épouse faisaient partie de cette association. Moi, pour ma part, je n'ai jamais adhéré à ceci."

14 h 50 - Me Vérine : "Amaury d'Harcourt est-il venu chez vous les 16, 17 et 18 mars 2008 ?"
Au bout de quelques secondes de silence, M. Curtis répond en haussant les épaules. "Je ne me souviens plus."
Me Vérine : "C'est dommageable que l'on n'ait pas vos agendas."
(...)
M. Curtis : "Je répète ce que j'ai dit. Je ne connais rien de cette affaire et personne ne m'a confié quoi que ce soit."

15 h 10 - Diane d'Harcourt, fille d'Amaury d'Harcourt, est entendue par la cour en visioconférence. Elle apparaît sur grand écran.
"J'ai été élevée dans la demeure de mon père dans l'Yonne. Ces dernières années, nous nous sommes quasiment pas vus. J'ai retrouvé mon père il y a 5 ans.(...) Mon père est quelqu'un de foncièrement bon, gentil, que nous considérons tous comme quelqu'un qui est resté adolescent, pas totalement adulte."

Le vicomte, assis sur sa chaise, reste impassible.

Le président la questionne sur les relations qu'elle a avec son père.
Diane d'Harcourt : "Quand nous nous voyons, les relations sont totalement bonnes. Il est très entouré de mes cousins germains."
M. Mocaer : "Pour quelles raisons vous ne vous êtes pas vus pendant plusieurs années ?"
Diane d'Harcourt : "Je ne m'entendais pas avec ma belle-mère." Elle explique qu'elle n'acceptait pas l'adhésion de son père à l'association IVI (invitation à la vie), qu'elle considère comme une secte. "IVI apparaissait dans un rapport sur les sectes", déclare-t-elle.
M. Mocaer : "Quelles sont les relations de votre père au sein de votre famille ?"
Diane d'Harcourt : "La famille d'Harcourt a toujours été une famille très unie."

15 h 25 - 15 h 35 - M. Mocaer : "Quel est le tempérament de votre père ?"
Diane d'Harcourt : "Il est plutôt calme."
M. Mocaer : "Est-ce qu'il est capable de violences ?"
Diane d'Harcourt : "Je ne l'ai jamais vu violent, même avec moi."
M. Mocaer : "Dans quel état était-il au moment des faits ?"
Diane d'Harcourt : "En 2007, il a eu un grave accident de la route qui l'a laissé dans un état bizarre. Il disait voir des choses qui n'existaient pas."
M. Mocaer : "Pouvez-vous nous dire ce que vous savez des faits ?"
Diane d'Harcourt : "Je ne savais rien avant que mon père soit placé en garde à vue. Dès que j'ai eu connaissance de cette garde à vue, je suis arrivée dardar à Saint-Eusoge (Yonne). Mon besoin absolu était de savoir ce qui s'était passé."
M. Mocaer : "Qu'avez-vous appris de sa part ?"
Diane d'Harcourt : "De sa part, rien. (...) Il disait que M. Bissonnet voulait le voir, qu'il voulait organiser un faux cambriolage. Mais, ce n'est qu'au fil du temps qu'il a dévoilé les choses."
M. Mocaer : "Il vous a parlé du fusil ?"
Diane D'Harcourt note que son père lui a donné plusieurs versions de cette histoire.
M. Mocaer : "Il vous a convaincu dans ses explications ?"
Diane d'Harcourt : "Non, car elles étaient fluctuantes."

15 h 40 - M. Mocaer : "Est-ce qu'au cours de l'enquête de personnalité, vous êtes intervenue auprès des membres de votre famille ?"
Diane d'Harcourt : "Je leur ai toujours dit de dire la vérité."

Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime : "Est-ce que votre père vous a dit pourquoi il n'avait pas participé à l'enterrement de Bernadette Bissonnet ?"
Diane d'Harcourt : "Non." Dans ses déclarations aux gendarmes, Diane d'Harcourt aurait dit : "Plus tard, il(NDLR : le vicomte) m'a dit qu'il n'y a pas été, car il ne voulait pas voir sa tête (NDLR : M. Bissonnet)"
Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime : "Vous confirmez que vous déclarez ces propos ?"
Diane d'Harcourt : "Oui."
Me Abratkiewicz : "Est-ce que votre père connaissait M. Belkacem ?"
Diane d'Harcourt : "Non."
Me Abratkiewicz : "Votre père vous a-t-il déclaré que M. Belkacem était le seul à dire la vérité ?"
Diane d'Harcourt : "Oui, il me l'a dit."

15 h 50 - Me Seynik, avocate de M. Bissonnet, sous-entend que Diane d'Harcourt a consulté des pièces du dossier. L'avocate lit à haute voix des retranscriptions d'écoutes téléphoniques dans lesquelles on entend la fille du vicomte. Au cours de ce cours extrait, on croit comprendre qu'elle parle de la stratégie de défense de son père. "On va changer de défense, en intégrant le clan Belkacem contre le clan Bissonnet", aurait-elle déclaré.

16 h 10 - Diffusion d'écoute téléphonique entre le vicomte d'Harcourt et sa fille Diane. Elle parle du rapport d'expertise psychologique qui a été faite de son père. "Vous n'avez pas pu vous empêcher de parler d'IVI", lui reproche-t-elle. Interrogée par la cour, elle déclare : "J'ai désespérement souhaité que mon père soit fou."

16 h 30 - "Rallier le clan du jardinier"
Me Lecl
erc, avocat de M. Bissonnet. "A un moment, vous dites qu'il faut rallier le clan Belkacem. Qu'est-ce qui vous fait penser que le jardinier dit la vérité ?"
Diane d'Harcourt : "Rallier le clan du jardinier, (...) c'est ce qui me paraît le plus vraisemblable."

16 h 35 - 16 h 45 - Diffusion d'écoute téléphonique entre Diane d'Harcourt et sa mère. Toutes deux commentent le contenu du rapport d'expertise psychologique d'Amaury d'Harcourt. "J'étais effarée des résultats de ce rapport. J'étais effarée que l'on puisse conduire mon père à être complice de choses pareilles", explique Mme d'Harcourt après cette diffusion.
Me Chalié, avocate des parties civiles : "A un moment, vous déclarez à votre mère : "On voit la dangerosité du personnage" en parlant de votre père. Que vouliez-vous dire ?"
Diane d'Harcourt : "A partir du moment où quelqu'un peut manipuler mon père, je trouve qu'il peut être dangereux."

17 h - Suspension d'audience.

17 h 25 - Reprise de l'audience. L'ex-épouse d'Amaury d'Harcourt, Ghislaine De Montangon, vient à la barre.
"J'ai été élevée dans une famille d'officiers, dans une famille qui connaît le sens de la rigueur. Avec Amaury, nous nous sommes connus dans les années 80 et nous nous sommes séparés en 2005 suite à un grave accident de ma fille."
(...)
"Je suis venue ici car je voudrais dire ce que je sais de mon ex-mari et de M. Bissonnet."
(...)
"Nous avons vécu de façon très unie. Malgré le divorce qu'il a souhaité, nous avons toujours été d'accord sur beaucoup de choses. Il m'a beaucoup aidé dans l'éducation de mes enfants. A l'époque où nous nous sommes connus, j'avais trois enfants. Il s'est aussi beaucoup occupé des enfants de ma fille. Amaury a rempli son rôle à ce niveau-là. C'est un homme très généreux. Il était aimé de beaucoup de personnes. Il y a aussi beaucoup de personnes qui le soutiennent aujourd'hui. En ce qui concerne l'argent, Amaury ne comptait pas."
(...)
"J'ai vécu 25 ans avec lui. Je pense bien le connaître. Ce qui caractérise mon mari et mon ex-mari, c'est quelqu'un qui a un grand sens de l'amitié. C'était même un code d'honneur pour lui d'aider ses amis."
(...)
"Comme tout le monde, il avait ses défauts et ses qualités. Amaury était un homme qui aimait les femmes et les femmes l'aimaient."
(...)
"M. Bissonnet, ce n'est pas la même personnalité que mon mari. Il venait une fois par an dans notre maison dans l'Yonne. Tous deux étaient liés à la chasse. Amaury avait toute confiance en lui. J'ai connu Bernadette, j'ai aussi connu ses deux fils. Mais, je ne suis jamais allée chez lui à Montpellier."

17 h 50 - Selon Ghislaine de Montangon, M. Bissonet lui aurait déclaré qu'il souhaitait tuer son épouse. "Au cours d'une conversation, Jean-Michel nous a dit qu'il voulait la tuer. Quand nous avons mis cours à cette discussion, je suis partie. Il m'a rattrapée et m'a dit : "Si, si, tu verras, je la tuerai". Je lui ai alors déclaré : "Mais enfin Jean-Michel, pourquoi tu dis ça ?" "Car, si je divorce, je devrais vendre la maison", lui aurait avoué M. Bissonnet.

"Un autre incident : un jour, j'étais à Lourdes avec ma fille. Je reçois un coup de fil d'Amaury. Il m'a expliqué qu'il avait passé une partie de la nuit à empêcher Jean-Michel de se tuer. Ca m'avait énormément surprise", révèle encore Ghislaine de Montangon.

Le président M. Mocaer : "Certaines personnes disent que M. d'Harcourt était "pique-assiette". Qu'en pensez-vous ?"
Ghislaine de Montangon a un léger fou rire. Elle explique que son ex-époux venait notamment avec "une caisse de vin" quand il était invité.

18 h - M. Mocaer : "Que vous a dit exactement M. Bissonnet ?"
Ghislaine de Montangon : "Tu verras, Ghislain, je la tuerai."
M. Mocaer : "Vous pouvez dater ?"
Ghislaine de Montangon : "La dernière fois que je l'ai vu, en 2005 ou 2006."
M. Mocaer : "Quand M. Bissonnet vous a dit qu'il voulait tuer son épouse, qu'est- ce que vous en avez pensé ?"
Ghislaine de Montangon : "Je lui ai dit qu'il était fou."
M. Mocaer : "Mais qu'en avez-vous pensé exactement ?"
Ghislaine de Montangon : "A l'époque, je n'ai pas compris ce qu'il disait."
M. Mocaer ; "Est-ce que vous l'avez pris au sérieux ?"
Ghislaine de Montangon : "Non. Amaury m'a dit : "Il me bassine avec ça"."
M. Mocaer : "Quels reproches faisait-il de son épouse ?"
Ghislaine de Montangon : : "Il disait qu'elle ne s'occupait pas de lui."

18 h 07 - Ghislaine de Montangon explique qu'Amaury devait venir la voir le 11 mars. Mais, qu'au dernier moment, il s'est désisté. Il lui a expliqué qu'il devait descendre en voiture à Montpellier pour rendre un "service urgent" à Jean-Michel Bissonnet. Ca l'inquiétait car le vicomte avait eu récemment un accident de la route : un cerf l'avait percuté sur l'autoroute.
" Je ne peux pas imaginer mon mari comme un criminel. Je ne peux croire qu'une seule chose : c'est qu'il a été embarqué, dans un laps de temps, dans la folie de Jean-Michel ; qu'il n'a pas su dire non."

18 h 10 - M. Mocaer : "Est-ce qu'Amaury est un homme qui sait dire non ?"
Ghislaine de Montangon : "Non, pas très bien, pas très bien."

18 h 15 - Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime, l'interroge sur la gravité de ses propos.
Ghislaine de Montangon : "Je ne suis pas là pour protéger mon mari. Nous sommes séparés. Je suis là pour dire la vérité de ce que j'ai entendu !"

Me Abratkiewicz : "Est-ce qu'Amaury aurait pu organiser cet assassinat pour capter de l'argent ? Pensez-vous que cette association IVI puisse être derrière cela ?"
Ghislaine de Montangon : "Bien sûr que non !"
Me Abratkiewicz : "Est-ce que votre mari a fait partie des services secrets français ?"
Ghislaine de Montangon : "Français ? Non !"

18 h 20 - Me Chalié, avocate des enfants et du père de la victime : "Est-ce que Mme Bodin faisait partie des personnes de sexe féminin qui tournaient autour de votre mari ?"
Ghislaine de Montangon est gênée, elle peine à répondre. "Oui."
Me Chalié : "Pensez-vous qu'elle a eu des relations sexuelles avec votre mari ?"
Ghislaine de Montangon : "Oui."
Me Chalié : "Nous savons maintenant qui a menti."

18 h 40 - Me Leclerc, avocat de M. Bissonnet : "Madame, vous avez appris, lors de votre conversation avec Amaury, le 19 avril, que Jean-Michel Bissonnet était mis en examen. A ce moment-là, vous ne vous souvenez pas que M. Bissonnet vous avez confié qu'il voulait tuer sa femme ?"
Ghislaine de Montangon : "Non, je n'y pensais pas."
Me Leclerc : "Mais vous vous en souvenez quand M. d'Harcourt est mis en examen ?"
Ghislaine de Montangon tente de s'expliquer.

18 h 55 - L'audience est levée. Elle reprendra ce lundi à 9 h

Depuis les assises de l'Hérault, Vanessa ASSE
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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