Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-01-26 - MidiLibre : Audience n°13
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-01-26 - MidiLibre : Audience n°13

 
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MessagePosté le: Mer 26 Jan - 14:31 (2011)    Sujet du message: 99 11-01-26 - MidiLibre : Audience n°13 Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/01/25/A-LA-UNE-Suivez-le-proces-Biss…

Édition du mardi 25 janvier 2011
Assises de l'Hérault Procès Bissonnet : troisième semaine, 3e jour


Archives - Franck VALENTIN






9 h 13 - Reprise des débats.
Me Leclerc prend la parole pour préciser la position de JM Bissonnet sur la vidéo de Remi Gaillard, le célèbre humoriste du net, visionnée par l'accusé le jour du crime. Parce que sur les relevés des sites internet, le président a relevé "you tube mort subite". Ce qui a provoqué la confusion mardi soir, à la fin des débats.

9 h 16 - "La mort subite c'est un film de Rémi Gaillard"
"J'ignorais Remi Gaillard et sa devise "c'est en faisant n'importe quoi que l'on devient n'importe qui" explique l'avocat parisien. Je me suis renseigné

et en fait la mort subite c'est un film de Rémi Gaillard sur le hockey, ça désigne une équipe qui gagne pendant les prolongations, ça confirme ce qu'a dit Jean-Michel Bissonnet, il a regardé Rémi Gaillard".


9 h 23 - Le fameux Prevel arrive à la barre.
Le fameux Sébastien Prevel, à l'origine de la tentative de subornation, arrive à la barre, mais aussi d'une tentative d'escroquerie contre Jean-Michel Bissonnet.
Le président Mocaer lui rappelle en préambule l'article du code pénal concernant le faux témoignage : "il est encouru 5 ans de prison et 75 000 € d'amende".

9 h 37 - "Je voulais faire du chantage à Bissonnet"
Prevel, mince, veste en cuir, calvitie prononcée, déjà condamné pour escroquerie, raconte comment, en 2008, il a voulu arnaquer Bissonnet en voulant faire accuser d'Harcourt. Une première fois.
"Je lui ai envoyé une lettre en lui disant que c'était crucial, j'avais l'intention de jouer un petit peu avec lui. Ma première intention c'était de tirer profit, de profiter de lui. profiter de sa faiblesse, je voulais faire du chantage à Bissonnet. Je lui dit dans la lettre "ton affaire je la connais", j'accuse d'Harcourt et je lui demande de l'argent. Le courrier a été intercepté et j'ai été convoqué chez les gendarmes".

9 h 46 - "Devant le juge je me rétracte, ça va trop loin"
Devant les gendarmes, en novembre 2008, Prevel continue son jeu et affirme que d'Harcourt lui a demandé s'il connaissait quelqu'un pour tuer une personne. Il raconte ensuite qu'il a recontacté le vicomte pour lui dire qu'il avait trouvé une personne. Et qu'il a ensuite rencontré Bissonnet qui lui aurait remis 15000 € et une photo de sa femme. Avant de se rétracter totalement.
"Je me suis piégé devant les gendarmes. Mais devant le juge, je me rétracte, ça va trop loin, ça n'a pas de sens".

10 h 00 - 2e acte : "je devais préparer un faux témoignage pour accabler monsieur d'Harcourt"
Sébastien Prevel évoque maintenant le deuxième acte. Lorsqu'en mars 2009, avec la complicité d'un autre détenu, il aurait accepté la proposition de Bissonnet de préparer un faux témoignage contre le vicomte, pour le charger. Ces relations ont conduit au renvoi du procès à l'automne dernier. Une accusation grave qu'il détaille devant la cour. Avec un débit rapide et des mots hachés gênant la compréhension.
"En mars 2009, je suis arrivé à la prison de Béziers, il y avait Laurent Fissot, que je connaissais déjà et qui était en contact avec Bissonnet. Fissot m'a dit ": Bissonnet dit que tu lui a mis des bâtons dans les roues, qu'à cause de tes faux témoignages il était en détention  provisoire". Et il m'a dit "il y a une autre solution, de mettre quelque chose en place". Pour moi, c'était une belle occasion de me rattraper vis-à-vis de la justice, j'ai accepté. J'ai réclamé 300 000 €, il a refusé en disant c'est pas possible, mes enfants surveillent tout, ça va se voir". Des courriers sont alors échangés entre les trois protagonistes.
"Le but de ces lettres, c'était de préparer un faux témoignage pour accabler d'Harcourt, que c'était lui l'auteur avec Belkacem, le faire apparaître comme le commanditaire du meurtre de sa femme" affirme le témoin.

10 h 17  - Vin de noix, cigare, Giscard et filles pour madame Claude
Prevel raconte que les correspondances ont duré six mois jusqu'à son transfert à Perpignan. Ces missives étaient destinées à Fissot, mais il les a interceptées. Dans ces lettres, qui ont été saisies par la justice, Bissonnet donne une multitude de détails sur la vie supposée du vicomte, appelé le "vieux", pour crédibiliser le faux témoignage. Que d'Harcourt aime les cigares, qu'il boit du vin de noix à l'apéro, qu'il connaît Giscard, qu'il a fourni des filles à madame Claude,qu'il aime parler de ses conquêtes, qu'il a trompé toutes ses femmes, qu'il a trafiqué des armes ou alimenter les fonds secrets de l'Elysée... "Il m'a dit le nom du chien, sa couleur, sa voiture, les gens de la secte, le nombre de pièces chez lui" détaille Prevel.

10 h 33 - "Quand je le regarde, il rigole encore"
Le président Mocaer interroge Sébastien Prevel.
"Mais vous n'avez pas vu là l'occasion de soutirer de l'argent à monsieur Bissonnet ?"
"Non, je lui ai fait croire que je voulais l'aider".
"Vous espériez aussi une réduction de peine ?"
"Oui".
"Y-a-t-il une part de vengeance, ses avocats ont parlé de vous comme d'un "corbeau qui s'est brûlé les ailes" ?"
Oui, ces ténors du barreau, ça ne m'a pas plu... La première fois j'ai joué avec la justice, avec les gendarmes, là non. Il me fait rigoler aujourd'hui et quand je le regarde, il rigole encore".
Dans le box des accusés, Jean-Michel Bissonnet rigole.

"Je voulais coincer Jean-Michel Bissonnet"
"Vous comptiez venir devant la cour d'assises faire votre faux témoignage ?" questionne le président
"Non, dés le premier jour, pour moi, je voulais coincer Jean-Michel Bissonnet, j'avais pas l'intention de venir témoigner devant la cour d'assises".
 "Pourquoi les choses ne se sont pas faites ?" poursuit le magistrat.
"Je devais faire une lettre à Me Catala (l'ancien avocat de JM Bissonnet NDLR) dans laquelle je devais dire que je connaissais les commanditaires".
"Il fallait aussi intégrer vos déclarations initiales de novembre 2008 ?"
"Oui, il avait tout organisé. Après j'ai été transféré à Perpignan et Bissonnet a voulu récupérer les lettres".
Prevel a remis les courriers aux policiers,qui les ont transmises au parquet général, provoquant l'arrêt du premier procès, début octobre 2010.

11 h 03 - Omar Bongo, fonds spéciaux, trafic de drogue
Le président et ses assesseurs lisent les lettres  destinées à Laurent Fissot, l'intermédiaire, et saisies. Bissonnet se met dans la peau du faux témoin pour imaginer les réponses à donner aux questions, à toutes les questions. En lui précisant de ne pas être trop précis sur les dates, "on ne récite pas une leçon" et surtout en dressant un noir tableau du vicomte qu'il s'agit de faire accuser. Le "vieux" est taxé de "mythomane, sans foi ni loi" et il s'agit de dire qu'il a trempé dans les trafics de drogue, les trafics d'arme avec Omar Bongo et Bokassa ou encore qu'il a fait des missions spéciales pour l'Elysée. Tout est organisé dans le moindre détail, y compris comment la lettre de Prevel dénonçant les supposés commanditaires doit arriver dans les mains des avocats, puis dans la presse.

11 h 10 - l'audience est suspendue 20 minutes.

11 h 41 - Reprise des débats.
La cour poursuit la lecture des lettres écrites par Jean-Michel Bissonnet échafaudant la mise en cause du vicomte. C'est en quelque sorte le faux témoignage que doit livrer le détenu à la cour d'assises.

11 h 53 - "Le vieux n'a pas un sou et veut tuer Bernadette"
Dans ses écrits, Bissonnet, pense à tous les détails. Il répète le scénario : "le vieux n'a pas un sou, il veut tuer Bernadette. Belkacem a peur du vieux qui lui a dit qu'il était des services secrets et qu'il tuerait sa femme et ses enfants s'il parlait". Les lectures se poursuivent. Le président fait projeter une carte : la maison de d'Harcourt dessinée par JM Bissonnet.

12 h 07 - "Quand mes amis disent que ce scénario  merdique ne peut venir de moi... Regarde comment je fais"
La phrase lue par l'assesseur, tirée d'une nouvelle lettre de Jean-Michel Bissonnet à Laurent Fissot, fait réagir la salle. L'accusé détaille toujours son plan et il écrit : "tu vois Lolo quand mes amis disent que ce scénario de merde ne peut pas venir de moi, regarde comment je fais".

12 h 22 - Un gros bras pour récupérer les documents
Sébastien Prevel est maintenant interrogé par les parties. Me Abratkiewicz, défenseur du frère de Bernadette Bissonnet, commence.
"Qui est Christophe Borg ?"
"C'est une personne venue en prison récupérer les lettres et documents, envoyée par Fissot et Bissonnet"
"C'est quelqu'un de gentil ?"
"Euh... Massif, condamné par les assises à 13 ans pour séquestration et violences... Je ne lui ai remis qu'une partie des documents".

12 h 43 - Un témoin sulfureux
Me Chalié, avocate des enfants Bissonnet, interroge Sébastien Prevel. Notamment sur ses histoires judiciaires.
"Vous avez eu une réduction de peine d'un an, pourquoi?"
"Pour une affaire de stupéfiants, j'ai collaboré avec la police".
"Et vous êtes mis en cause dans une histoire de téléphone portable introduit en prison?"
"J'ai mis en cause un gardien de prison".

12 h 52 : "ça a heurté votre conscience d'escroc ?"
L'avocat général Georges Gutierrez interroge Prevel :
"Pourquoi avez-vous gardé ces courriers ?"
"Je voulais me rattraper un petit peu par rapport à mes faux témoignages... Et Belkacem me paraissait faible, Bissonnet arrogant et manipulateur, il rigolait en prison, pleurait dans les bras des gens dés qu'il était extrait" répond Prevel.
De quoi faire ironiser le représentant de l'accusation : "si je comprends bien cette situation a heurté votre conscience d'escroc et vous avez donné ces courriers ?"
"Oui".

13 h 13 - Bissonnet va prendre la parole.

"En juin 2010, il faut voir dans quel état j'étais. J'ai été emmené chez le psychiatre qui voulait m'envoyer dans un centre spécialisé, parce que j'avais aussi un risque de suicide. Y'avait 2,5 ans que je ne comprenais pas, parce que je suis innocent, 2,5 ans que je trouvais des causes à ces accusations et personne ne voulait m'écouter. Fissot m'a dit : "y'a un type qui est arrivé et qui dit qu'il pourrait t'aider parce qu'il s'en veut de t'avoir accablé, il dit qu'il connaît des choses sur d'Harcourt". Mon but c'était d'avoir des renseignements, savoir ce que pouvait m'apporter ce type".

 Bissonnet : "J'ai dit à mes avocats, c'est un escroc"
Jean-Michel Bissonnet poursuit. "Au début je le croyais, je me suis dit "je vais aller plus loin" mais dés le 9 juillet j'ai dit à mes avocats "c'est un escroc, un menteur, je laisse tomber". J'ai été accusé en public de subornation de témoin au premier procès, avec cet escroc, ce menteur ! On m'accuse et puis à la fin devant la cour d'assises on dit que je suis fou " (allusion aux propos de l'avocat général lors du premier procès NDLR).

13 h 30 - Suspension jusqu'à 14 h 45.

"Je suis un escroc, Bissonnet un voyou et un assassin"
En dehors du palais de justice, Sébastien  Prevel accepte de répondre aux journalistes. Il lance notamment : "je suis un escroc, mais Bissonnet c'est un voyou et un assassin".

15 h - Reprise des débats.

15 h 20 - Fissot : "Prevel s'est servi de moi et ça s'est retourné contre Bissonnet"
Avant d'interroger Jean-Michel Bissonnet, le président Mocaer fait appeler à la barre le second témoin, au coeur de cette affaire de subornation, Laurent Fissot, 45 ans.
"J'ai rencontré Bissonnet en prison, j'étais à deux cellules de lui, il était pas bien, il clamait son innocence et disait qu'ils étaient tous contre lui".  Brun, trapu, Fissot parle très vite, mâchant lui aussi ses mots. Il demande un verre d'eau.Boit et reprend son récit. Il livre une version tout autre de sa rencontre avec Prevel.
"Je l'ai rencontré et il m'a dit que d'Harcourt l'a contacté pour lui demander s'il connaissait un tueur à gage. Je lui ai dit que je connaissais bien Bissonnet et que je pouvais lui en parler. Je l'ai contacté et je lui ai dit.  Après ça m'a dépassé. Il s'est servi de moi, m'a menti à moi et ça s'est retourné contre Bissonnet".

15 h 31 - Fissot : "Prevel s'est fait passer pour moi"
Laurent Fissot continue de parler dans un flot de paroles parfois inaudible. Il se dédouane de tout. Y compris des lettres, des correspondances. "Prevel s'est fait passer pour moi".

"Vous n'étiez nullement intéressé ?" demande le président à Fissot évoquant un gain d'argent.
"Nullement".
Le président poursuit : "Commentez moi cette phrase de Prevel : "Fissot me propose de faire en sorte de faire de l'argent sur cette affaire, de monter une combine à Jean-Michel Bissonnet".
"Si j'avais eu à demander quelque chose à Bissonnet je l'aurais fait avant, je l'ai eu 24 mois à côté de moi".

15 h 55 - "Bissonnet pleurait quand il parlait de ses enfants, moins quand il parlait de sa femme"
Me Phung, partie civile, prend la parole et rappelle à Fissot ses déclarations devant les gendarmes, en octobre 2010 :
"Première question, première réponse : vous dites que vous avez sympathisé avec Jean-Michel Bissonnet en prison : "il s'est confié à moi. Il pleurait quand il parlait de ses enfants, moins quand il parlait de sa femme". Vous confirmez ?".
Non, j'ai pas dit ça, j'ai dit qu'on parlait moins de sa femme, je l'ai dit  aux gendarmes de rectifier, ils l'ont pas noté".

16 h 20 - "Hautain, je sais pas ce que ça veut dire"
Laurent Fissot continue de défendre Jean-Michel Bissonnet. Il conteste même l'avoir  traité de "hautain", comme il l'avait déclaré devant les gendarmes. "Hautain, non, c'est pas des mots à moi, je sais pas ce que ça veut dire".

16 h 35 - Fissot sous pression.
Me Balling, l'avocat du vicomte, fait passer un sale quart d'heure au témoin Laurent Fissot. En revenant sans cesse sur la rencontre entre le témoin et Sébastien Prevel ce dernier lui affirmant qu'il peut aider Bissonnet car d'Harcourt l'aurait contacté pour chercher un tueur. Ce que Fissot dit croire comme une réalité.
"Vous connaissez le surnom de Prevel en prison ?" lance l'avocat.
"Oui l'escroc".
"Vous avez 45 ans, avec un casier judiciaire, êtes-vous naïf ?"
"Euh... Je peux l'être".
"Je vous lit votre déclaration après l'affaire de subornation qui a éclaté au dernier procès : "j'ai trouvé quelqu'un pour témoigner en faveur de Bissonnet, son seul but était de l'escroquer, j'ai très bien compris que c'était un escroc". Alors que vous dites croire dur comme fer ce que Prevel vous avez dit sur d'Harcourt ?"
"Au début je pense qu'il a un élément pour aider Bissonnet, après je comprends que c'est un escroc" finit par répondre Fissot.

16 h 55 - L'audience est suspendue vingt minutes.

17 h 18 - Reprise. Jean-Michel Bissonnet  va reprendre la parole.

17 h 22 - "Sans Fissot, j'aurai pu y rester"
D'un ton calme, Jean-Michel Bissonnet s'empare du micro et regarde les jurés. Il charge Prevel et défend Fissot.
"Quand on est en prison, on ne sait rien de la longueur de la peine, de ce qu'a fait l'autre, on est tous dans la même galère. Monsieur Fissot m'a toujours aidé, j'étais perdu dans ce monde, si j'avais pas eu Fissot, j'aurai pu y rester. Parce que mettre en prison une personne comme moi en disant que j'ai une immense richesse, c'est vouloir sa peau."

17 h 45 -  Mocaer à Bissonnet : "Vous considérez que votre rôle c'est de faire craquer les témoins ?"
Le président Mocaer interroge Bissonnet. Qui maintient son explication donnée de 13 h : les lettres qu'il a rédigées c'était pour voir jusqu'où pouvait aller Prevel et non pas piéger d'Harcourt.
"Ce qui me trouble monsieur, dans une démarche normale, quand quelqu'un a une information importante, il doit la donner aux gendarmes, à la police où à l'institution judiciaire ? " remarque le président, allusion  à Prevel qui l'aurait contacté pour impliquer d'Harcourt.
"Monsieur Prevel dit je suis allé là, c'est comme ça... Comment j'aurai pu faire pour le faire craquer, c'est un manipulateur, c'est un homme de métier, comment faire craquer quelqu'un qui connaît la musique, si ce n'est de l'amener dans ses retranchements ?" répond Bissonnet, sur la défensive.
Le magistrat enfonce le clou : "vous considérez que votre rôle, vous, accusé, c'est de faire craquer les témoins ?"
Silence. Puis Bissonnet déclare : "quand on est dans le noir depuis 2,5 ans, quand on est au fond du trou, où on me piétinait depuis 2,5 ans,  je devenais fou, j'ai vu une possibilité de me sauver".

17 h 53 - Bissonnet : "Amenez-moi la guillotine !"
"Et ça vous semble normal d'avoir des "questions réponses" avec quelqu'un qui est susceptible de devenir un témoin pour un procès d'assises ?" continue le président de la cour.
"Bien sûr, avant quand j'étais homme d'affaire, j'avais toute ma tête... Maintenant on me dit pourquoi vous avez fait ça, pourquoi j'en sais rien, je vous dit tout... Quand on n'est pas dans son état normal, on ne peut pas juger quelqu'un" répond Bissonnet, de plus en plus confus dans ses explications.
"Mais monsieur, on a ces documents écrits, ils existent, vous avez reconnu les avoir rédigés !" martèle le magistrat.
"Amenez-moi la guillotine !" balaie l'accusé.
"Ce n'est pas la question rétorque Joël Mocaer. Vous donnez à monsieur Prevel des informations sur d'Harcourt qui vont alimenter son témoignage".
"J'avoue tout, monsieur le président, j'avoue tout, j'accepte tout !" lance, toujours très théâtral, Jean-Michel Bissonnet.

18 h 15 - "C'est du coaching non ?"
L'interrogatoire se poursuit. Jean-Michel Bissonnet monopolise toujours les débats. Il maintient que dans toutes ces lettres, il voulait juste piéger Prevel.
Le président cite un extrait d'un courrier où l'accusé demande à Sébastien Prevel de jouer serrer lors des interrogatoires.
"C'est du coaching non ?" lance le magistrat.
"Oui. Les lettres je les assume de A à Z !"

18 h 33 - Moi, je préparais un coup de théâtre ?"
Me Abratkiewicz, partie civile, pose une série de questions à Bissonnet sur ces écrits qui ont fait exploser le premier procès.
"C'est un scénario pour Prevel que vous avez fait ?"
Oui c'est un scénario" finit par répondre l'accusé, agacé.
"Mais pourquoi un scénario?"
"Pour que ce témoin soit en adéquation avec la vérité".
"Alors c'est vous qui faite l'accusation ! Vous reprochez aux gendarmes de faire des faux ! Et ça c'est pas un faux ?" lance l'avocat en brandissant des copies des lettres saisies.
"Mais c'est moi qui a arrêté la chose en juillet ! C'est quand même incroyable !" réagit  Bissonnet, de plus en plus énervé, et qui refuse de répondre à deux questions de Me Abratkiewicz.
"J'ai déjà répondu à ça. On a perdu la journée pour des bêtises".
"Comment ce témoignage devait arriver à la cour d'assises ? Comment avez-vous préparé ce coup de théâtre ?" insiste l'avocat.
""Moi, je préparais un coup de théâtre? Moi je devais médiatiser un coup de théâtre ?" s'emporte Bissonnet.

19 h - "Est-ce que votre vieil ami d'Harcourt a-t-il pu faire tuer froidement votre épouse ?"
Comme il l'a fait mardi soir, le président Mocaer décide d'interroger JM Bissonnet sur sa conviction sur les faits. Hier soir, il n'était pas allé jusqu'au bout. Là oui. En chargeant le vicomte. Et en dévoilant enfin sa théorie sur les faits. La cour se fige.
"Est-ce que votre vieil ami Amaury d'Harcourt  a-t-il pu faire tuer froidement votre épouse ?"
"Malheureusement".
"Et pour quelle raison?"
Je ne sais pas ce que je dois dire ou pas, si mes avocats sont d'accord, je dis ce que je pense".
"Allez-y" lui dit Me Leclerc, son défenseur.

19 h 10 - "Il m'avait demandé 30 000 €, j'ai refusé, Bernadette est morte 15 jours après"
Monsieur d'Harcourt  me considère comme son fils, il m'a aidé quand j'étais jeune, il pense que je me dois de l'aider à son tour. Il aimait ma présence calme et joyeuse, il me demandait de voyager avec lui, il me demandait aussi de lui prêter de l'argent. En 2007, il m'avait demandé 15 000 € donc il avait vraiment besoin d'argent. Et puis il m'a demandé 30 000 €, j'ai dit non et Bernadette est morte quinze jours après...".

19 h 15 - "Le fusil a été rechargé, d'Harcourt était là"
Bissonnet continue ses explications. Il croit que Belkacem a pu tirer le premier coup de feu, mais pas le second. Il penche plutôt pour d'Harcourt.
"ça paraît étonnant de voir ce gentil papi... Mais le fusil a été rechargé, d'Harcourt était là, ce fusil a été rechargé sans aucun doute".
Le président lui demande alors : "pourquoi alors que Méziane Belkacem revendique la paternité des deux coups de feu, pour quelle raison  vous croyez en la responsabilité de monsieur d'Harcourt ?".
"Je ne pense pas Méziane Belkacem capable de tirer. Il y a une différence entre tirer sur une femme debout et une femme à terre, ce n'est pas pareil, je ne sens pas Belkacem le faire. Alors que d'Harcourt a tiré des centaines de sangliers à la hanche, pour lui c'est un geste naturel".

19 h 31 - "Vous n'avez pas besoin d'un commanditaire de substitution ?" demande Mocaer.
"Je vais vous posez crûment les choses : est-ce que vous n'avez pas besoin d'un commanditaire de substitution ?" demande gravement le président Mocaer à Jean-Michel Bissonnet. Gros silence dans la salle.
"Non, euh, non. Si j'avais dit il y a un an à Méziane Belkacem que je voulais tuer ma femme, si j'avais confiance en lui, pourquoi faire venir monsieur d'Harcourt ?Je suis pas un salopard pour mouiller mon meilleur ami, ma famille et mes amis c'est sacré" répond l'accusé qui ne rompt pas.
"Est-ce que vous pensez qu'il y a un commanditaire, que Belkacem n'a pas agi seul ?"
"Oui".

 19 h 40 - "Si vous voulez empapaouter une mouche... J'ai ma lessive à faire" dit Bissonnet
C'est au tour de Me Balling, avocat du vicomte, de poser des questions sur les lettres. Ses questions détaillées sur ces écrits énervent Jean-Michel Bissonnet. "Si vous voulez empapaouter une mouche, c'est votre problème ! La page 6, la page 7 c'est pas le fonds du problème ! J'ai ma lessive et ma nourriture à faire ce soir !". Brouhaha. Le vicomte vacille un peu.
Le président suspend dix minutes.

19 h 57 - Reprise des débats.

20 h 10 - "Le problème c'est de savoir si vous avez commandité le meurtre de votre femme"
Me Iris Christol, avocate du jardinier, interroge à son tour Jean-Michel Bissonnet sur les lettres.
Les débats sont très confus. L'accusé s'empêtre dans ses raisonnements. Il ne reconnaît pas la subornation de témoins. "Je suis rentré dans le jeu de Prevel pour mieux le couillonner, je lui ai donné tous ces détails sur d'Harcourt pour mieux l'enfoncer" continue de dire l'accusé pour justifier l'écrit des lettres. L'avocate insiste. Et lance comme ultime question : "j'aurai juste aimé à la fin de la journée que vous nous disiez "j'ai fait un mensonge".
"Non j'ai pas fait de mensonge rétorque Bissonnet. C'est fou l'énergie que vous dépensez à porter secours à d'Harcourt !".
 Me Leclerc, l'avocat de l'accusé termine la journée en évacuant la question de ces lettres.
"Le problème n'est pas de savoir si vous avez participé à une opération visant à peut-être faire venir un témoignage à la cour d'assises, le problème est de savoir si vous êtes coupable ou non d'avoir commandité le meurtre de votre femme !".

20 h 23 - L'audience est suspendue.
Suspension. Les débats ne reprendront que vendredi matin à 9 h, la salle de la cour d'assises étant occupée ce jeudi pour un autre procès. Vendredi, les derniers témoins seront entendus tout comme la question de l'association IVI (initiation à la vie).









Yanick PHILIPPONNAT   

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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
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