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Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-01-31 - MidiLibre : Audience n°15
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-01-31 - MidiLibre : Audience n°15

 
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MessagePosté le: Lun 31 Jan - 13:47 (2011)    Sujet du message: 99 11-01-31 - MidiLibre : Audience n°15 Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/01/31/A-LA-UNE-Suivez-en-direct-la-1…

Édition du lundi 31 janvier 2011
Procès Bissonnet "Quand Jean-Michel m'a appris la mort de Bernadette, j'étais anéanti"


Archives - Pascal GUYOT





EN DIRECT - Durant cette quatrième semaine de procès, la cour va se pencher sur la personnalité des trois accusés, Jean-Michel Bissonnet, Amaury d'Harcourt et Meziane Belkacem. Ce matin, place au profil singulier du vicomte.

9 h 30 - Début de l'audience.
Me Vérine, conseil de Jean-Michel Bissonnet, prend la parole. Il revient sur la communication téléphonique qu'aurait échangé son client avec Amaury d'Harcourt le 9 mars 2008 (soit trois jours avant l'assassinat de Bernadette) d'un restaurant du Gard. Selon Me Vérine, le numéro mentionné vendredi dernier n'est en rien le numéro de cet établissement situé à Ferrières-les-Verreries.

9 h 40 - 10 h 10 - Le vicomte

est appelé à la cour.
Le président M. Mocaer demande à l'accusé de retracer sa vie sociale, affective et professionnelle.
Amaury d'Harcourt : "Je suis né à Paris en 1925. Mon enfance s'est passée moitié à la campagne, moitié à Paris." D'une voix calme, il raconte comme il a traversé la seconde guerre mondiale avec sa famille.
(...)
A la barre, l'homme explique qu'il est parti pour l'Afrique en 1947 : Sénégal, Tunisie, Algérie, Egypte, Liban...
(...)
"Mes parents étaient très stricts, ils voulaient que je travaille, que j'ai une vie très bien réglée. Toute ma vie, j'ai eu un besoin d'action. Durant toute cette période de guerre, j'ai eu peu de temps libre."
(...)
L'homme est un voyageur. Il parle lentement de son expérience aux côtés du peuple arabe.
(...)
En 1961, il retourne dans l'Yonne, dans la maison familiale. Quand il quitta ses parents, il n'avait que deux ou trois sangliers. A son retour, il en compta près de 25 sangliers. "C'est là que j'ai eu l'idée de monter un élevage de sanglier".
(...)
"En 1970, je pars pour la Lozère. Dans un petit village, j'ai acheté une maison et 150 hectares pour très peu cher." Le vicomte y installa son élevage de sangliers. "Au bout de deux ans, je m'y suis installé. Entre temps, je faisais la navette entre l'Yonne et la Lozère. Cinq ans après, j'ai créé un restaurant dans ce village." Très vite, Amaury d'Harcourt se sentit débordé entre l'élevage de sangliers et le restaurant. D'où son retour dans l'Yonne.
(...)
Peu de temps après, la fille de sa seconde épouse a eu un grave accident de la route. Suite à cet évènement, l'homme prit à sa charge les deux enfants de sa belle-fille.

10 h 15 - M. Mocaer : "Qu'est-ce que ça signifie d'appartenir à la famille d'Harcourt ?"
M. d'Harcourt : "Ma famille remonte à 956. Il y a deux branches dans cette famille, une en France, une autre en Angleterre. Etre d'Harcourt, c'est être militaire. Pendant plusieurs générations, il y a eu beaucoup de militaires dont deux maréchaux."
M. Mocaer : "Que faisait votre père ?"
M. d'Harcourt : "Il ne faisait rien."
M. Mocaer : "Et votre mère ?"
M. d'Harcourt : "Ma mère non plus."
M.Mocaer : "Quelle était la situation financière de la famille ?"
M. d'Harcourt: "Très modeste, nous avions tout perdu après la révolution."
M. Mocaer : "Votre mère est issue d'une famille fortunée ?"
M. d'Harcourt : "Mon père était un très mauvais gestionnaire. A son décès, les deux-tiers de la fortune de ma mère avaient disparu. Dans notre famille, c'est l'aîné qui récupère" une large partie de l'héritage. Aujourd'hui, son neveu détient le château de la famille, le vicomte vit, pour sa part, dans une des petites dépendances de ce château.
M.Mocaer : "Avez-vous été décoré pour vos faits de guerre ? Quelle médaille avez-vous reçu ?"
M.d'Harcourt : "La médaille du mérite national."

10 h 25 - Zoom sur les chasses présidentielles
M. Mocaer : "Qu'en est-il des chasses présidentielles ?"
M. d'Harcourt : "Je ne m'occupais pas des chasses à proprement parler. Je fournissais uniquement du gibier à Chambord."
M.Mocaer : "Votre famille était-elle proche de celle de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing?"
M. d'Harcourt : "Non pas du tout."
M. Mocaer : "Et Madame Claude, vous la connaissiez ?"
M. d'Harcourt : "Je ne la connais pas. Je ne sais même pas à quoi elle ressemble !"

10 h 35 - Le vicomte d'Harcourt et l'association IVI (Invitation à la vie)
Me Chalié, avocate des enfants et du père de Bernadette Bissonnet : "Vos rapports difficiles avec votre fille ne seraient-ils pas dûs à votre appartenance à l'association IVI ?"
M. d'Harcourt : "Oui, on peut dire cela."
Me Vérine, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Concernant IVI, vous deviez avoir un poste important pour vous occuper de toute l'Océanie ?"
M. d'Harcourt hausse les épaules et tente de répondre. "Non, pas vraiment..."
Me Vérine : "Plusieurs personnes disent que vous êtes un homme à femmes ?"
M. d'Harcourt : "J'ai plus d'amies femmes que d'amis hommes."
Me Leclerc, avocat de Jean-Michel Bissonnet, revient sur la conversation de la fille du vicomte, Diane d'Haremberg, avec sa mère. Au cours de cette écoute téléphonique, la cour a pu entendre Diane d'Haremberg consternée d’apprendre que les psychiatres ne considèrent pas son père comme sénile.
M. d'Harcourt : "Je l'ai vécu, j'en ai souffert. Elles disent des choses vraies, mais il y en a d'autres complètement fausses."

10 h 45 - 11 h 20 - Catherine Jehl, enquêtrice judiciaire, s'approche à la barre. Elle dresse un portrait du vicomte.
D'un ton monotone, elle cite devant la cour les propos qu'elle a recueilli au cours de son enquête. Parmi les personnes qu'elle a interviewées figurent la fille du vicomte, ainsi que ses trois ex-épouses.
"Amaury d'Harcourt est issu de la noblesse française. Ses parents a eu trois enfants. Amaury d'Harcourt est le benjamin de la famille. Au cours de l'enquête, on le décrit comme quelqu'un d'actif mais aussi d'émotif."
(...)
"Jean-Michel Bissonnet était invité une fois par an dans l'Yonne. Il y avait une réelle amitié entre eux deux."
(...)
"Il est arrivé à Amaury d'Harcourt de braconner dans sa jeunesse pour avoir un peu d'argent de poche."
(...)
"Ses parents semblaient bien s'entendre. D'après Amaury d'Harcourt, ils étaient très complémentaires. Avec ses frères et soeurs, petit, il a été pris en charge par des nurses."
(...)
"Il a quitté la maison de Saint-Eusoge en 1944, à l'âge de 19 ans." Au cours de la seconde guerre mondiale, il a été blessé d'un éclat d'obus.
(...)
"Après la guerre, il a souhaité changer de vie, et est parti pour Brazzaville, au Congo". Il reviendra en France dans les années soixante.
(...)
"Amaury avait besoin de vivre dans l'action, selon son ex-épouse (mère de Diane d'Haremberg). Elle le décrit comme inconséquent. Aujourd'hui, elle le perçoit comme un vieillard."
(...)
L'enquêtrice judiciaire relit les déclarations de la fille du vicomte."C'est un homme séduisant, charmeur et narcissique. Très vite, il est entré dans l'association IVI avec son épouse. Pour lui, c'était bien car c'était un vivier de femmes. (...) Ce qui est certain, c'est qu'il ne supporte pas la solitude."
(...)
L'enquêtrice revient sur l'épisode relaté par Ghislaine de Montangon, l'ex-épouse de M.d'Harcourt. Au cours de son audition, elle avait déclaré que Jean-Michel Bissonnet lui avait fait part de son envie de tuer Bernadette. "On ne le prenait pas au sérieux. Pour nous, il s'agissait d'une boutade."
(...)
"Amaury d'Harcourt a été conseiller lors des chasses présidentielles et fournissait le gibier. Ce qui l'a amené à voyager en Europe de l'Est."
(...)
Catherine Jehl explique que le vicomte est en rupture avec l'église catholique suite à un évènement malheureux avec un prêtre à Brazzaville. "Il a trouvé à IVI un esprit de tolérance."
(...)
Selon plusieurs personnes interrogées par l'enquêtrice, Amaury d'Harcourt est très généreux, poli, actif, toujours aidant et cherchant à rendre service.

11 h 25 - "Quand Jean-Michel Bissonnet m'a appris la mort de Bernadette, j'étais anéanti."
Au cours de ses discussions avec Catherine Jehl, Amaury d'Harcourt a expliqué qu'il "était hanté par la mort" de Bernadette Bissonnet, qu'il ne trouvait plus le sommeil depuis le drame. "Quand Jean-Michel Bissonnet m'a appris la mort de Bernadette, j'étais anéanti. Depuis, je vis dans une espèce de brouillard. Je n'arrive pas à comprendre comment j'ai pu me retrouver dans une telle situation. C'est le jardinier qui dit la vérité. Je pense que Jean-Michel s'est servi de moi pour cacher l'arme car il n'avait pas totalement confiance en M. Belkacem."

11 h 35 - M. Mocaer : "Vous avez eu plusieurs entretiens avec les personnes interrogées ?"
Mme Jehl : "Oui. Il faut réussir à créer une relation de confiance avec la personne que vous interrogez pour obtenir des informations. C'est comme si vous écriviez une biographie."
M. Mocaer : "Vous avez rencontré M. d'Harcourt trois fois."
Mme Jehl : "Oui, la première fois que je l'ai rencontré, au palais de justice d'Auxerre. Il était très pâle et ne répondait pas. Du coup, je lui ai proposé de l'interroger à son domicile (à Saint-Eusoge, NDLR)."
M. Mocaer : "Comment M. d'Harcourt en est arrivé à vous livrer des propos sur le déroulement des faits, propos qu'il n'avait jamais tenu avant ?"
Mme Jehl : "Ca s'est fait progressivement car j'ai réussi à instaurer un climat de confiance. Peut-être avait-il besoin de libérer sa conscience."
M. Mocaer : "Quels sont les éléments dont vous disposez quand vous allez l'interroger ?"
Mme Jehl: "J'avais plusieurs éléments dont les auditions des trois accusés."
M. Mocaer : "Est-ce que vous vous êtes servis de ces éléments lors de votre enquête ?"
Mme Jehl : "Servis, non, mais je les avais en tête."
M. Mocaer l'interroge sur l'échange téléphonique qu'elle a eu avec la fille du vicomte suite à l'enquête. "Mon métier est de prendre en charge les victimes. Cette femme était très déprimée. Elle pensait que son père était devenu fou, qu'il avait un début d'Alzheimer."

11 h 50 - "J'avais peur qu'il mette fin à ses jours"
Me Phung, avocat du frère de Bernadette Bissonnet : "Le 16 juillet 2008, M. d'Harcourt vous fait des déclarations sur le déroulement des faits. Que faites-vous ?"
L'enquêtrice : "J'appelle la permanence du parquet. Au téléphone, j'ai la substitut du parquet. Elle me dit qu'il faut voir avec le juge d'instruction de Montpellier."
Après avoir interrogé M. d'Harcourt ce jour-là, Mme Jehl est rentrée chez elle. C'est à son domicile qu'elle a pris contact avec Diane d'Harembert, fille du vicomte. Me Phung l'interroge sur cet appel. "En tant qu'enquêtrice de personnalité, pourquoi appeler un proche de M. d'Harcourt ?"
Mme Jehl : "J'ai l'habitude de travailler avec humanité." Elle explique qu'elle avait peur qu'il mette fin à ses jours.

12 h - Me Chalié, avocate des enfants et du père de Bernadette : "Vous souvenez-vous d'une longue conversation de 19 minutes avec Diane d'Haremberg le 9 juillet ? Vous y évoquez que M. d'Harcourt n'a pas tout sa tête, qu'il est particulièrement entouré par des membres de l'association IVI."

L'avocate relit les propos que l'enquêtrice a tenu au cours de cette conversation téléphonique. A Diane d'Haremberg, elle aurait dit : "C'est comme s'il était sous l'emprise de Bissonnet". "Vous pouvez m'expliquer ce propos ?", lui demande Me Chalié.
L'enquêtrice : "C'était une possibilité. C'était mon raisonnement."

12 h 10 - Suspension d'audience de 10 minutes.

12 h 20 - Reprise de l'audience.
Les avocats cherchent à savoir si Catherine Jehl a réalisé son enquête de personnalité sur M. d'Harcourt en toute objectivité, ou si elle a pu être d'une manière ou d'une autre manipulée par les proches du vicomte.

Me Gérard Christol, avocat de M. Belkacem, note que Catherine Jehl a obtenu des aveux que M. d'Harcourt n'avait pas admis lors de sa garde à vue ou devant le juge d'instruction. "Nous savons que ce monsieur vit dans la séduction, et qu'il n'est pas insensible à la séduction des autres. (...) A quel moment, dans quelles conditions, comment avez-vous pu faire avouer M. d'Harcourt alors que les gendarmes n'y sont pas arrivés ? Comment M. d'Harcourt a pu livrer ses propos très graves ?"
L'enquêtrice : "Je pense que j'ai pu entrer en résonance avec sa spiritualité. Il est à la fin de sa vie, il est profondément croyant. Alors qu'il va bientôt touché la mort, comment partir l'esprit libre ? J'ai eu face à moi quelqu'un qui s'en voulait beaucoup. Le mensonge est un pêché, quand on est catholique."

12 h 35 - Les gendarmes de Bléneau invités chez le neveu d'Harcourt
Me Seynik, avocate de Jean-Michel Bissonnet, demande à l'enquêtrice quels rapports les gendarmes de Bléneau (Yonne) entretenaient-ils avec le neveu d'Harcourt.
Catherine Jehl note qu'ils étaient invités aux chasses du marquis.

12 h 45 - Me Seynik revient sur l'échange téléphonique entre Diane d'Harcourt et l'enquêtrice le 16 juillet 2008, après les révélations du vicomte. Devant la cour, elle relit un passage de cette écoute téléphonique, au cours de laquelle il semblerait que Catherine Jehl n'ait pas appelé le parquet après les déclarations du vicomte (comme stipulé ci-dessus), mais a d'abord contacté Diane d'Harcourt.

Selon Me Seynik, l'enquêtrice n'aurait pas rencontré les petites-filles du vicomte, à la demande de Diane d'Harcourt. Aurait-elle été manipulée au cours de son enquête ? "Je ne suis pas parfaite", déclare Mme Jehl.

12 h 55 - Me Vérine, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Vous avez déclaré que Diane d'Harcourt était une victime collatérale dans cette affaire. Aviez-vous de la compassion pour elle ?"
L'enquêtrice : "Oui."
Me Vérine : "Oui ?"
L'enquêtrice : "Oui, il faut faire son métier avec humanité."
Me Vérine : "Vous avez raison, nous devrions tous faire notre métier avec humanité."
Légers rires dans la salle.

13 h - "Vous dites que vous avez été manipulée ?"
Me Balling, avocat d'Amaury d'Harcourt: "Est-ce que c'est fréquent que disposer de la retranscription des auditions lors de votre mission ?"
L'enquêtrice : "Oui, je ne les ai pas demandées. On me les a fournies."
Me Balling : "Vous dites que vous avez été manipulée ?"
L'enquêtrice : "Non, je n'ai pas dit tout à fait cela. J'ai dit, qu'à mon sens, on peut tous être manipulés."
Me Balling : "Au moment où Amaury vous fait ces aveux, aviez-vous l'impression qu'il mettait un masque, qu'il dissimulait quelque chose ?"
L'enquêtrice : "Non, je n'ai pas eu l'impression qu'il portait un masque."
Me Balling : "Vous êtes sous la coupe de Diane d'Harcourt ?"
L'enquêtrice : "Non, mais c'est une plaisanterie ?"
Me Balling : "Ce n'est qu'une question."
L'enquêtrice : "Bien sûr que non !"

13 h 15 - Me Leclerc, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Votre mission est de faire une enquête sur une personnalité, et non une enquête sur les faits?"
Mme Jehl : "Je ne peux répondre que oui, même si ces deux aspects sont imbriqués."
Me Leclerc : "Vous avez eu un certain nombre de contacts avec Diane d'Harcourt. (...) Vous avez demandé à Diane d'Harcourt sous quels aspects il fallait présenter son père ?"
Mme Jehl : "Non, Diane d'Harcourt a interprété mes propos".

13 h 20 - Jean-Michel Bissonnet prend la parole. Il s'interroge sur la véracité des propos tenus par M. d'Harcourt devant l'enquêtrice le 16 juillet 2008.
Mme Jehl : "C'est une déclaration qui est venue lors d'une longue conversation entre nous. Je me suis contentée de restituer les propos de M. d'Harcourt."

13 h 40 - Audience suspendue jusqu'à 15 h.

15 h - Reprise de l'audience. M. Prosper, médecin, intervient en visioconférence.
Au cours de l'enquête, il a été missionné par le juge d'instruction afin de savoir si M. d'Harcourt est atteint d'une maladie psychiatrique. "Quand on l'examine, en 2008, il est âgé de 83 ans. Il est en bonne santé. Amaury d'Harcourt n'a montré aucun trouble particulier.  Il n'a montré aucun élément déficitaire, rien qui n'ait un impact sur sa lucidité."
(...)
"Autour du 11 mars, autour de la période des faits, Amaury d'Harcourt était en capacité de l'ensemble de ses moyens."

Selon le psychiatre, au moment des faits, Amaury d'Harcourt n'était pas atteint de quelques pathologies pouvant altérer ses capacités d'agir.

15 h 20 - Me Chalié, avocate des enfants et du père de Bernadette Bissonnet : "Au regard de votre examen, peut-on dire qu'Amaury d'Harcourt a une capacité à se redresser face à l'adversité ?"
Dr. Prosper : "En effet, il a une capacité à se redresser face à l'adversité."

15 h 25 - Me Balling : "Avez-vous eu le sentiment que M. d'Harcourt a joué la comédie (pour réduire son rôle dans cette affaire, NDLR)?"
Dr. Prosper : "Ah, c'est difficile de répondre. Il avait des propos clairs, n'avait pas le comportement de quelqu'un de sénile. (...) Dans le dossier, il a pu dire que parler, ça le soulageait. Ce qui souligne un profond malaise, une profonde culpabilité."

15 h 30 - Jean-Michel Mécréant intervient en tant que témoin. Il travaille auprès du marquis d'Harcourt, le neveu du vicomte. Il connaît Amaury d'Harcourt depuis une trentaine d'années. Il a croisé Jean-Michel Bissonnet lors de chasses. "Amaury d'Harcourt est un voisin. On n'a jamais eu de problèmes relationnels. M. d'Harcourt est quelqu'un qui rend facilement service. Il a un peu changé après son accident de la route (en 2007, NDLR)."
M. Mocaer : "Comment avez-vous appris la mort de Bernadette Bissonnet ?"
M. Mécréant : "Par les médias."
M. Mocaer : "Vous n'avez pas glané d'informations autour de cette affaire (auprès de M. d'Harcourt, NDLR)?"
M. Mécréant : "Non."
M. Mocaer : "Dans vos déclarations, vous décriviez que M. d'Harcourt avait une relation avec Mme Artaud ?"
M. Mécréant : "Oui, sans plus."
Rires dans la salle.
M. Mocaer : "A qui appartient les terrains sur lesquelles étaient organisées ces chasses dans l'Yonne ?"
M. Mécréant : "Au marquis."

15 h 40 - M. Mocaer cherche à savoir si on peut trouver des cartouches de calibre 16 sur le domaine d'Harcourt dans l'Yonne. Des cartouches de ce type ont été retrouvées sur les lieux du crime.

15 h 50 - Me Chalié : "Lors de votre déposition auprès des gendarmes, lorsqu'ils évoquent le départ de M. d'Harcourt à Montpellier, vous souvenez-vous ce que vous avez répondu ? Vous avez déclaré : "Il me semble qu'Amaury d'Harcourt m'avait dit qu'il allait chercher son ami M. Solignac pour le ramener ici." Est-ce bien cela ?"
M. Mécréant : "Oui."
Me Chalié : "C'est bien le motif évoqué par M. d'Harcourt ?"
M. Mécréant : "C'est un motif qu'il m'a donné pour que je surveille sa demeure pour éviter les cambriolages."

15 h 52 - Me Vérine, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Vous êtes gendarme, vous êtes chasseur. Dans votre déposition, vous avez dit : "Le calibre 16 est un calibre de pauvre, utilisé notamment en Afrique."
M. Mécréant : "Oui, entre autre."

15 h 55 - Me Leclerc revient sur l'épisode des chasses présidentielles.
M. Mécréant : "Au départ, quand on s'est connu, Amaury d'Harcourt nous avait montré un album photo où on le voyait aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing. C'est à cause de cela que l'on a cru qu'il participait aux chasses présidentielles." L'homme explique qu'il est revenu sur ses propos après s'être entretenu avec le marquis d'Harcourt.

16 h 05 - Jean d'Harcourt, le neveu du vicomte, est appelé à la barre : "Mon oncle a été totalement manipulé dans cette affaire, totalement manipulé par Jean-Michel Bissonnet"
"Je vais d'abord parler de mon oncle. C'est un homme qui a toujours été bon, serviable, trop serviable, fidèle en amitié. Il était résistant à 17 ans. A 19 ans, il entre sous les commandements du général de Lattre de Tassigny. Mon oncle a été totalement manipulé dans cette affaire, totalement manipulé par Jean-Michel Bissonnet. (...) C'est à l'occasion de l'enquête que j'apprends que Mme Bissonnet a été tuée et que mon oncle est impliqué."
M. Mocaer : "Vous en avez parlé avec lui ?"
Jean d'Harcourt : "Ca a été difficile."
M. Mocaer : "Il a déshonoré la famille ?"
Jean d'Harcourt : "On peut dire ça. Personne ne lui pardonne qu'il ait été autant manipulé. Au moins, il a eu la dignité d'assumer ses actes, comme M. Belkacem d'ailleurs."
Le président de la cour M. Mocaer : "A-t-il été question de recruter M. Belkacem dans l'Yonne ?"
Jean d'Harcourt : "Non."

16 h 25 - Jean d'Harcourt retrace la vie d'Amaury d'Harcourt en Afrique, avant de se lancer dans l'élevage de sanglier dans l'Yonne.
Me Chalié : "Aviez-vous connaissance de l'appartenance de votre oncle à l'association Ivi ?"
Jean d'Harcourt : "Je ne sais pas si c'est une secte, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit."

16 h 27 - Jean d'Harcourt : "La première chose que j'ai su (dans cette affaire, NDLR) est qu'il (Amaury) avait jeté l'arme du crime. Je n'ai su que beaucoup plus tard, qu'il avait été présent le jour du drame."

16 h 30 - "Pouvait-il être le commanditaire de ce crime ?"
Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime : "Votre oncle aime-t-il l'argent ?"
Jean d'Harcourt : "Il n'aime pas l'argent. Il vit très simplement des revenus de ses fermages, de sa pension, de ses revenus de bois et du revenu de chasse que je lui verse."
Me Abratkiewicz : "Pouvait-il être le commanditaire de ce crime ?"
Jean d'Harcourt : "C'est impossible !"

16 h 35 - Me Seynik, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Vous connaissez Jean-Michel Bissonnet ?"
Jean d'Harcourt : "Oui."
Me Seynik : "Amaury d'Harcourt et Jean-Michel Bissonnet sont-ils proches ?"
Jean d'Harcourt : "Oui, ils sont amis depuis plusieurs années."
Me Seynik relit les déclarations de Jean d'Harcourt en avril 2008. A l'époque, il explique qu'il a appris la mort de Bernadette Bissonnet par Jean-Michel Mécréant (témoin précédent) qui travaille pour lui. Jean d'Harcourt ne s'en souvient pas.
Me Seynik : "Fin 2007, début 2008, vous cherchez quelqu'un pour faire des travaux. M. Solignac était venu."
Jean d'Harcourt : "Oui, j'étais ravi que mon oncle soit ainsi avec un ami, lui qui avait à l'époque 82 ans."

Pourtant dans les déclarations de Jean d'Harcourt d'avril 2008, ce "recrutement" de M. Solignac n'était pas aussi concret. Me Seynik, qui relit ses propos, note, qu'en avril 2008, Jean d'Harcourt était toujours à la recherche d'une personne pour faire des travaux. M. Solignac est resté dans l'Yonne durant hui mois, avant de partir pour "convenance personnelle".

16 h 50 - Corine Duong, psychologue, est interrogée par la cour en visioconférence.
Le président M. Mocaer : "Vous avez été désignée pour réaliser l'examen psychologique d'Amaury d'Harcourt."
Corinne Duong explique comme elle a effectué son expertise. "Amaury avait une certaine retenue, une certaine maîtrise." Elle retrace les grandes lignes de la vie du vicomte.
(...)
"Quand je l'ai vu, il m'a dit qu'il vivait chichement. Il a été marié trois fois, a divorcé trois fois."
(...)
"C'est un homme qui n'était pas dans des conduites psycho-rigides. Il était capable de gérer son agressivité."
(...)
La psychologue revient sur l'appartenance d'Amaury d'Harcourt à l'association Ivi.
(...)
"Il affirmait être impliqué dans cette affaire puisque son ami Jean-Michel Bissonnet lui disait depuis quelques années qu'il voulait tuer sa femme. Il s'est dit également piégé. C'est une personnalité défensive, qui cherche à garder les apparences."

17 h 08 - M. Mocaer : "Dans le récit qu'il vous fait, Amaury fait-il état d'une rencontre à trois dans le garage ?"
Corine Duong : "Dans le garage, je ne sais pas, mais il a fait état d'une réunion au cours de laquelle le fusil a été montré à M. Belkacem."

17 h 10 - La psychologue suppose que M. d'Harcourt a eu un sentiment de trahison car il pensait qu'un faux cambriolage était envisagé pour faire peur à Mme Bissonnet et non un assassinat.

17 h 15 - "Il a vaguement exprimé des remords"
L'avocat général Georges Guttierez interroge Corine Duong sur les regrets de M. d'Harcourt. "Il a vaguement exprimé des remords pour avoir jeté l'arme (dans le Lez, NDLR), mais il n'a pas fait part de sentiments de culpabilité", déclare la psychologue. "M. d'Harcourt sait ce qu'il veut dire, et ce qu'il ne veut pas dire, et il sait comment faire pour amener ses interlocuteurs où il souhaite."

Au cours de ces deux entretiens avec le vicomte, Corine Duong note qu'Amaury d'Harcourt a tenu un discours oscillant.

17 h 30 - Me Leclerc, avocat de Jean-Michel Bissonnet : "Vous dites que M. d'Harcourt est un homme qui ne se laisse pas envahir émotionnellement ?"
La psychologue : "Effectivement."

17 h 33 - Suspension d'audience de 15 minutes.

17 h 55 - Reprise de l'audience.
La cour procède à la diffusion d'écoutes téléphoniques.

Diffusion d'une conversation téléphonique entre Jean d'Harcourt (neveu du vicomte) et Diane d'Harcourt (fille du vicomte) le 4 juillet 2008. Jean d'Harcourt relate à Diane les propos qu'il a tenu auprès de l'enquêtrice de personnalité Catherine Jehl. Cette dernière recherche à dresser le portrait d'Amaury. "Elle n'a pas eu encore accès au dossier", explique Jean à sa cousine, tout en faisant nombre de compliments de l'enquêtrice.

18 h 15 - D'Harcourt confirme les dires de Belkacem
Diffusion d'un appel téléphonique de Diane d'Harcourt à Jean d'Harcourt (autour du 20 juillet 2008). Diane explique que le vicomte a confirmé tous les dires de M. Belkacem. "Amaury a avoué qu'il avait été l'après-midi (avant le crime, NDLR) avec Belkacem et Bissonnet?", demande le marquis. "Oui", lui déclare sa cousine.

18 h 20 - Une jeune femme, traductrice habitant à Avignon, prend la parole à la barre. Elle a connu Amaury d'Harcourt au sein de l'association IVI. "Ca a été un choc quand j'ai appris l'affaire."
M. Mocaer : "Quelles relations aviez-vous avec M. d'Harcourt ?"
Le témoin : "C'est un ami."
M. Mocaer : "Le soir des faits, vous étiez chez M. Solignac ?"
Le témoin : "Oui, c'est un pur hasard. Ce soir-là, Amaury d'Harcourt était présent. Au cours de la soirée, il nous a quittés pour aller chercher une veste."
M. Mocaer : "Est-ce que vous savez pour quelles raisons ni M. Solignac ni M. d'Harcourt n'ont évoqué votre présence le soir des faits ?"
Le témoin : "Ils cherchaient à me protéger, pour que je ne sois pas interrogée par les gendarmes."

18 h 30 - M. Mocaer : "Racontez-nous cette soirée."
Le témoin : "Amaury est arrivé après moi chez M. Solignac. Nous avons dîné tous les trois. Au cours de la soirée, Amaury nous a déclaré : "Il faut que je m'absente, j'ai laissé une veste chez des amis. "
M. Mocaer : "Au moment où vous partez vers 22 h - 22 h 30, Amaury d'Harcourt était revenu ?"
Le témoin : "Oui."
M. Mocaer : "Avec M. Solignac, vous n'avez pas eu l'impression que M. d'Harcourt mettait beaucoup de temps pour revenir ?"
Le témoin : "Non, ça ne m'a pas paru très long."
M. Mocaer : "A-t-il eu un comportement anormal ?"
Le témoin : "Non, pas spécialement."

18 h 40 - Fin de l'audience. Ce mardi, dès 9 h, la cour se penchera sur la personnalité de Jean-Michel Bissonnet.



Depuis les assises de l'Hérault, Vanessa ASSE
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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