Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-02-01 - MidiLibre : Audience n°16
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-02-01 - MidiLibre : Audience n°16

 
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MessagePosté le: Mer 2 Fév - 10:03 (2011)    Sujet du message: 99 11-02-01 - MidiLibre : Audience n°16 Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/02/01/A-LA-UNE-Zoom-sur-la-personnal…

Édition du mardi 1 février 2011
Hérault Les experts psychiatres décortiquent le comportement de Jean-Michel Bissonnet


Photo d'archives







EN DIRECT - Après avoir étudié de près, hier, la personnalité d'Amaury d'Harcourt, la cour d'assises de l'Hérault s'est penchée aujourd'hui sur le profil de Jean-Michel Bissonnet. L'époux de la victime, Bernadette, suspecté d'être le commanditaire de cet assassinat, y a retracé sa vie avant le meurtre. Au cours de la journée, experts psychologues et psychiatres se sont succédés à la barre.

9 h - 9 h 40 - Début de l'audience
Le président de la cour, M. Mocaer, invite Jean-Michel Bissonnet à prendre la parole.
"Je voulais d'abord remercier mon frère qui, malade, est tout de même venu me soutenir", déclare Jean-Michel Bissonnet. L'homme, debout dans le box, retrace sa jeunesse. Né à Oran, il est devenu pensionnaire en France lors de la guerre d'Algérie.
(...)
"Je suis retourné en Algérie en 1963-1964. Et fin 64, nous avons été obligés de quitter l'Algérie. Nous nous sommes réfugiés près de mon frère à Béziers. Scolarisé en Terminale, j'ai été atteint d'une jaunisse cette année-là."
(...)
"Notre famille est issue du Loiret, nous y avions une maison. J'ai passé le bac en 1968. Puis, je suis parti à Tours pour faire une première année de médecine."
(...)
"C'est en 1965-1966 que j'ai connu Amaury d'Harcourt, nous avons sympathisé autour de la chasse."
(...)
"J'ai fait une année de service militaire à Orléans. L'année suivante, j'ai travaillé chez Amaury. Je me suis occupé des sangliers pour alimenter un parc."
(...)
Un ami qu'il avait en commun avec Amaury d'Harcourt lui avait suggérer de devenir visiteur médical.
(...)
"C'est ainsi que j'ai rencontré ma femme. C'était ma première cliente. Ca a été le coup de foudre. Mais, je ne lui ai pas dit tout de suite." A l'époque, Jean-Michel Bissonnet habitait à Paris, Bernadette était à Montpellier. "On s'est mariés très vite. On a passé des moments formidables. En 1979, Bernadette voulait un enfant. C'était Florent", explique Jean-Michel Bissonnet, la voix tremblante. "On a élevé Florent, puis on a voulu un second enfant, et on a eu Marc."
(...)
"C'était dur pour Bernadette avec la pharmacie. Alors, nous avions instauré un tour de garde pour les biberons de la nuit."
(...)
"J'aidais beaucoup Bernadette à la pharmacie. Nous réalisions des préparations."
(...)
"Bernadette me boostait. Quand ce n'était pas l'un, c'était l'autre. On était vraiment complémentaires." L'accusé retrace ses succès professionnels dont la création du réseau club, et la location de 40 bureaux place Vendôme, à Paris. "Ca a été un pari fou. L'année suivante, voyant que ça marchait très bien, j'ai loué sur le même principe le troisième étage de l'arche de la défense."
(...)
"Bien sûr qu'on s'engueulait, comme tout le monde. En tout cas, pendant trente ans, on ne s'est jamais trompé."
(...)
"Bernadette était un boute-en-train. Elle ne savait pas mentir. Elle faisait des gaffes parfois car elle disait ce qu'elle pensait. Moi, je suis soupe au lait. (...) Avec l'argent de la pharmacie (l'établissement a été vendu par Mme Bissonnet, NDLR), Bernadette a acheté une maison aux Etats-Unis."
(...)
"C'était notre rêve de pouvoir rassembler la famille." Par la suite, le couple a vendu la maison des Etats-Unis pour acquérir la demeure de Castelnau-le-Lez.
(...)
"Je serais complètement fou, malade, de faire tuer ma femme pour garder la maison. Aujourd'hui, je n'ai plus Bernadette."

9 h 45 - Le président M. Mocaer interroge l'accusé sur le financement de ses différents projets professionnels (création d'un centre d'archivage pour les entreprises, location de bureaux professionnels...). "Bernadette était engagée dans les projets immobiliers, sans qu'elle n'apporte de l'argent. Je ne voulais qu'elle prenne de risques."

"Du moment où elle a vendu sa pharmacie, elle aimait s'occuper. Je l'informais toujours de mes projets, on en parlait toujours. Elle préparait les factures pour le comptable. Son rôle qu'elle s'était attribuée sans problème : elle faisait les chèques pour les fournisseurs..."

9 h 55 - M. Mocaer : "Et les voyages ?"
Jean-Michel Bissonnet : "J'ai compté. On en a fait 80 avec Bernadette. Indonésie, chine, Etats-Unis...."

10 h - M. Mocaer : "Parlez-nous du Rotary."
Jean-Michel Bissonnet : "Avant le Rotary, je faisais partie de l'association des dirigeants de France. De là, on m'a proposé de rentrer au Rotary et de créer un nouveau club. Le Rotary, c'est une association qui rassemble des professionnels. On s'entraide. Pour entrer, on est coopté. C'est assez sélectif.

10 h 05 - M. Mocaer : "Et votre état de santé ?"
Jean-Michel Bissonnet : "Je souffre de phlébite. J'ai demandé des vitamines et un médicament. Mais à la prison, on refuse de m'en donner. Et ce qui devait arriver arriva, j'ai eu une veine qui a éclaté." (...) "Contrairement à ce qu'on a dit, je ne suis pas riche à millions. Aujourd'hui, ce sont mes enfants qui me paient une partie des frais d'avocat."

10 h 10 - L'accusé met en cause ses conditions d'emprisonnement. "Déjà, le fait de me jeter en prison sur des certitudes qui n'en sont pas. (...) Je suis perdu dans ce monde, j'ai demandé à plusieurs reprises ma remise en liberté." Jean-Michel Bissonnet pointe du doigt le manque de propreté dans les prisons. (...) "On remplit les prisons de gens qui ne devraient pas y être, car la justice n'a pas le temps de les juger rapidement. Et puis, y a 20 % des prisonniers qui devraient être plutôt en asile psychiatrique."

10 h 20 - 10 h 35 - Stéphanie Archambault, chargée de l'enquête de personnalité de Jean-Michel Bissonnet, est invitée à s'exprimer à la barre. La jeune femme explique comment elle a effectué cette mission. Elle a divisé son enquête en deux parties : l'enfance et la famille, puis ll'ascension sociale au coté de son épouse. Devant la cour, l'enquêtrice retrace les grandes lignes de la vie de Jean-Michel Bissonnet.
(...)
"Il aime ma mère plus que nous" aurait dit Marc, le fils du couple Bissonnet, à l'enquêtrice.
(...)
Selon Stéphanie Archambault, l'amitié entre Jean-Michel Bissonnet et Amaury d'Harcourt est un sujet de tension au sein de la famille Bissonnet. Elle rappelle que le vicomte est appelé "le pique-assiette"

10 h 40 - M. Mocaer : "Vous évoquez un différend entre M. Bissonnet et un de ses employés."
Stéphanie Archambault explique que M. Bissonnet s'en était pris à ce dernier. Le salarié, estimant que M. Bissonnet avait été trop loin, décida de quitter l'entreprise. L'homme d'affaires fit alors ses excuses et lui demanda de rester.

10 h 45 - "Jean-Michel Bissonnet, un homme plus complexe qu'il n'y paraît"
M. Mocaer : "On vous sent perplexe à la conclusion de votre rapport. Vous ouvrez le spectre, estimant que Jean-Michel Bissonnet est un homme plus complexe qu'il n'y paraît."
Stéphanie Archambault : "Au cours des deux entretiens, j'ai été étonnée par la façon d'être de M. Bissonnet. Il s'exprime très clairement. Par contre, il pouvait passer d'un sentiment à un autre de façon très étonnante. Est-ce que c'est ce que son entourage appelle "être soupe au lait" ? J'ai rarement vu un type de fonctionnement aussi tranché. Je suis restée sur des questions auxquelles je n'ai pas encore pu répondre."

Jean-Michel Bissonnet, avachi dans sa chaise, regarde fixement l'enquêtrice.

10 h 50 - Me Chalié, avocate des enfants et du père de la victime : "Vous dites, dans votre rapport, que le couple Bissonnet était un couple uni ?"
Stéphanie Archambault : "Oui."
Me Chalié : "Mais qu'est-ce qui vous a mis mal à l'aise ?"
Stéphanie Archambault : "C'est son passage rapide d'un sentiment à un autre" aussi différent l'un de l'autre.

11 h - Me Iris Christol, avocate de M. Belkacem : "Avez-vous rencontré des personnes autres que des membres du Rotary ? Des amis d'enfance ?"
Stéphanie Archambault : "Non. Effectivement, les personnes que j'ai rencontrées faisaient parties du Rotary."

11 h 05 - Jean-Michel à propos de Georges Frêche : "Au vu de nos deux personnalités, je ne pourrais pas accepter qu'il y en ait un de trop."
Me Balling, avocat de M. d'Harcourt : "Pouvez-vous dire que le couple Bissonnet était un couple fusionnel ?"
Stéphanie Archambault : "Oui. L'aspect fusionnel était notamment dans les temps partagés."
Me Balling lit un passage du rapport de l'enquêtrice. "Il y a une anecdote avec Georges Frêche. Jean-Michel a horreur de l'orgueil, mais il explique avoir côtoyé Georges Frêche quand ce dernier l'a sollicité pour être sur sa liste. Il (M. Bissonnet) aurait répondu : "Au vu de nos deux personnalités, je ne pourrais pas accepter qu'il y en ait un de trop."

11 h 15 - Suspension d'audience.

11 h 40 - Reprise de l'audience. Laurence Lacroix, témoin, s'approche à la barre. Elle connaît Jean-Michel Bissonnet.
"J'ai connu J.-M. Bissonnet en 1988. Nous exercions le même métier. Lui à Montpellier, moi à Bordeaux. J'ai beaucoup travaillé avec lui. Il était compétent dans ses affaires, en informatique. Très rapidement, j'ai fait la connaissance de Bernadette et de leurs deux enfants. J'y ai vu une famille très harmonieuse. J'ai toujours très apprécié ce couple. Jean-Michel a un tempérament fort. Bernadette avait le talent de savoir le prendre, le calmer.(...) Le 16 mars 2008, j'ai eu un appel effrayant de la part de Jean-Michel m'apprenant la nouvelle terrifiante. J'étais sous le choc. Depuis, j'ai appris avec stupeur sa détention. J'ai beaucoup réfléchi à ce que m'avait dit Bernadette." Elle revient sur l'opinion qu'avait l'ex-pharmacienne du vicomte d'Harcourt (elle l'appelait "le pique-assiette", NDLR).

"Concernant les fichiers retrouvés dans son ordinateur (liens vers sites de rencontres, vidéos pornographiques, NDLR), s'ils étaient compromettants, compte tenu de ses compétences en informatique, Jean-Michel les auraient effacés."
(...)
Laurence Lacroix explique qu'elle a eu l'impression qu'il y avait une mésentente entre Bernadette et son frère Jean-Pierre Juan.
(...)
"En 1050 jours de détention de Jean-Michel, j'ai eu le temps de me poser des questions. Entre son bonheur, l'amour qu'il avait pour son beau-père et ses enfants, je tentais de trouver des réponses. M. le président, ce scénario du crime est impossible !"

12 h - Me Gérard Christol : "Vous dites, Madame, que les dés sont pipés dans cette affaire. Que tout a été orchestré pour protéger M. d'Harcourt. Qu'est-ce qui vous permet de dire que les magistrats sont sous pression ? Quels sont les éléments qui vous permettent de mettre en cause la chaîne pénale ?"
Laurence Lacroix : "Comment un homme, qui a avoué avoir participé à un crime, n'a pas fait un seul jour de prison (M. d'Harcourt, NDLR). Et comment se fait-il qu'un homme, qui clame son innocence, est en prison (M. Bissonnet, NDLR) ? C'est stupéfiant Monsieur !" Elle note que le directeur de l'administration pénitentiaire française a un lien de parenté avec M. d'Harcourt.
Me Balling, avocat de M. d'Harcourt, vole au secours de son client : "Est-ce que vous savez que c'est un juge des libertés et de la détention qui est chargé de la mise en détention ou non ?"
Laurence Lacroix peine à lui répondre.

12 h 10 - Pierre Juan : "Le témoin clé"
Laurence Lacroix : "S'il y avait un témoin à entendre dans ce procès, c'est bien M. Pierre Juan (père de Bernadette). C'est le témoin clé, il était toujours avec eux. Il était tellement proche d'eux. J'espère qu'il pourra s'exprimer devant la cour." (...) "Je pense que Jean-Michel Bissonnet est en prison à cause de son caractère de cochon, parce qu'il parle très mal, qu'il ne supporte pas la justice, qu'il a dû très mal parler aux gendarmes."

12 h 20 - 12 h 45 - Roselyne Tessier, psychologue clinicienne, est à son tour entendue par la cour. "J'ai examiné Jean-Michel Bissonnet, en avril 2008 et en septembre 2008. (...) L'examen psychologique se fait uniquement avec le sujet. Il consiste à lui poser des questions, à lui faire passer des tests. On étudie le discours explicite et le discours implicite."
(...)
"Jean-Michel Bissonnet est un sujet coopérant. Il va participer à cet examen avec une complaisance très appuyée. (...) Il passe des larmes au rire, d'un sujet à un autre. Il y a chez lui une espère de dispersion. (...) Il va d'emblée se présenter, lors de cet examen, comme une victime d'une erreur judicaire. Il va surtout parler de sa posture de victime, des circonstances, de la justice, des enquêteurs, des experts. (...) Il se dit profondément choqué. (...) Au cours de l'examen, il retrace une vie idyllique sans se poser de questions sur de quelconques dérapages."
(...)
Concernant Bernadette, "il dira qu'ils étaient toujours collés l'un à l'autre. Il parlera d'un couple tout à fait parfait. Lorsque nous tentons d'apporter des nuances à ce portrait, il abordera le domaine de l'éducation, disant que Bernadette laissait passer beaucoup de choses aux enfants."

13 h - 13 h 10 - Jean-Michel Bissonnet à propos du vicomte : "Je lui appartenais"
Mme Bissonnet aurait été réticente à recevoir M. d'Harcourt. D'où le fait que celui-ci n'aurait pas séjourné chez eux lors de sa venue en mars 2008. "Jean-Michel Bissonnet rappelle qu'il a une association de soutien qui conforte les déclarations dans son sens", note la psychologue. "Il explique que M. d'Harcourt a agi avec M. Belkacem car son épouse était un obstacle à leur amitié. Concernant le vicomte, il disait : "Je lui appartenais".

13 h 20 - Le président M. Mocaer : "Vous avez dit qu'il ne révélait rien de ses relations de couple, tout en présentant seulement une image idyllique."
La psychologue : "C'était un parti pris de sa part de parler uniquement de ses succès."
M. Mocaer : "Est-ce que c'est trop beau pour être vrai ?"
La psychologue : "Peut-être que tout allait pour lui, et donc forcément pour l'autre, selon lui."
M. Mocaer : "Lors de l'enquête de personnalité, Jean-Michel Bissonnet serait passer d'un sentiment à un autre assez rapidement. Qu'est-ce que vous pouvez en dire ?"
La psychologue : "Il s'agit d'une personnalité hystérique. C'est un comportement rare chez l'homme."

13 h 45 - Suspension d'audience. Reprise à 15 h.

15 h - Reprise de l'audience. Au cours de cet après-midi, les experts examinent le comportement de Jean-Michel suite au décès de Bernadette, durant sa détention. Il lui est reproché son attitude ambivalente, passant du rire aux larmes très rapidement. Est-il déstabilisé durant cette période, ou est-ce une stratégie de défense ?

Le psychiatre Franck Roger intervient en visioconférence, en direct de Fort de France. Il a examiné Jean-Michel Bissonnet. "C'est un examen réalisé en deux reprises, en deux temps, le 25 avril et le 2 mai 2008, puis après la mise en examen de M. Bissonnet les 11 et 30 août 2008."
(...)
Le médecin explique que l'homme d'affaires ne présente aucun élément faisant penser à une maladie psychiatrique.
(...)
"Son comportement se rapproche de quelque chose d'obsessionnel, de psycho-rigide. Il nous dit beaucoup de choses dont que M. d'Harcourt pouvait avoir à faire avec l'affaire "Omar Haddad". Il reste dans une rumination."

15 h 20 - M. Mocaer : "Que vous a-t-il dit à propos de l'affaire Omar Haddad ?"
Franck Roger : "Il nous dit que M. d'Harcourt a été cité dans cette affaire, puis après, que c'est un ami de M. d'Harcourt qui a été appelé à témoigner. C'est après cela qu'il évoque l'appartenance du vicomte à l'association Ivi. Il y a chez lui un certain glissement d'un sujet à un autre."
M. Mocaer : "Y a-t-il un trouble bi-polaire ?"
Le psychiatre : "Non, pas de trouble de ce registre-là."

15 h 30 - "A chaque fois, on veut enfoncer la mémoire de Bernadette"
Me Abratkiewicz, avocat du frère de Bernadette : "Est-il capable de se remettre en question ou est-il dans un déni absolu ?
Le psychiatre : "C'est une question à laquelle il est difficile de répondre, car on ne connaît pas la réponse. Quand M. Bissonnet me dit qu'il a rien avoir" avec ce crime, "je ne peux que constater sa réponse."
L'avocat interroge le médecin sur les relations sexuelles qu'avait le couple. Dans le box, Jean-Michel Bissonnet s'emporte, estimant qu'il s'agit là de détails totalement personnels : "A chaque fois, on veut enfoncer la mémoire de Bernadette."

15 h 40 - La théorie du complot
Pierre Denier, avocat général, demande au psychiatre si Jean-Michel Bissonnet aurait pu être sous l'emprise d'une surmédication lors de son examen. "Aurait-il pu être sous l'effet d'une camisole chimique ?"
Franck Roger : "Il reste combatif auprès de ses enfants, de ses avocats. Il a des projets." Ce qui exclut tout comportement suicidaire selon Franck Roger. "On n'a pas l'impression de surmédication."

Me Iris Christol, avocate de Meziane Belkacem : "Depuis le début, Jean-Michel Bissonnet explique qu'il y a plusieurs complots : un complot des gendarmes, des juges, de la bande des procureurs. Nous avons aussi le complot de la famille Belkacem qui nous aurait raconté des mensonges à la barre. Et nous, nous serions ici pour faire condamner l'innocent Belkacem. S'il ne souffre pas de maladie de type paranoia, ne serait-il pas dans une technique de défense, cherchant à exclure tout ce qu'il ne lui sert pas ?"
Franck Roger : "Lors deux premiers examens, il ne semble pas persécuté, il est à priori dans l'attente d'une libération proche car il n'a rien fait. Lors des deux autres entretiens, il est plus organisé, dans une défense, avec des idées obsédantes. Son obsession autour de l'affaire Omar Haddad, l'association Ivi l'amène à fuir. Peut-être s'invente-t-il une histoire pour ne pas se sentir concerné par cette affaire ?"

15 h 55 - Me Balling, avocat du vicomte : "Vous notez qu'il présente des éléments dépressifs suite à son incarcération. Mais vous ne relevez pas d'éléments dépressifs suite à la disparition de Bernadette ?"
Franck Roger : "Il y a beaucoup d'éléments d'émotivité quand il évoque des souvenirs. Au cours des examens, il est plus défensif que dépressif."

16 h - Roselyne Tessier, psychologue clinicienne, est à nouveau appelée à la barre.
Me Abratkiewicz, avocat du frère de Bernadette : "Quand il évoque le parc du Gévaudan, à aucun moment, il n'évoque Amaury d'Harcourt ?"
La psychologue : "Oui, effectivement". Elle relit une des déclarations de M.Bissonnet lors de son examen.
Me Abratkiewicz : "Pour M. Bissonnet, M. d'Harcourt est coupable de tout. Il explique que ce dernier a abusé de lui professionnellement, il vous parle de la secte Ivi, du prêt de 15 000 euros ?"
La psychologue : "Absolument."
Me Abratkiewicz : "Sur son fonctionnement psychique, vous expliquez que M. Bissonnet avait un malaise lorsqu'il évoquait certaines épreuves de sa vie."
La psychologue : "Oui, il y avait un trouble, une anxiété majeure."
Me Abratkiewicz : "On a l'impression que M. Bissonnet sur-joue, caricature ses émotions."
La psychologue décrit le comportement de l'accusé : "Il a une caricature, il n'y a pas de nuance, c'est théâtral pour convaincre l'autre, mais aussi pour se convaincre soi-même. C'est l'expression de son fonctionnement, exacerbé bien sûr par l'incarcération, etc."

16 h 15 - Me Chalié, avocate des enfants et du père de Bernadette Bissonnet : "Lorsque vous l'examinez, percevez-vous un sentiment d'innocence ou de culpabilité ?"
Mme Tessier : "Ni l'un, ni l'autre."
Me Chalié note que M. Bissonnet a vécu une période de deuil agitée, mis en cause peu de temps après les obsèques de son épouse. "Que l'on ait des bases solides, dans de telles circonstances, peut-on être déstabilisé ?"
La psychologue : "Déstabilisé, certainement !"

16 h 30 - "Je n'aurais pas eu le courage d'entreprendre une chose comme ça. Je suis lâche."
Pierre Denier, avocat général : "A propos de l'acte de tuer, Jean-Michel Bissonnet dit : "Je n'aurais pas eu le courage d'entreprendre une chose comme ça. Je suis lâche. Dans les affaires, j'ai affronté l'adversité, dans la vie, j'ai peur." Pouvez-vous analyser cette phrase ?"
Mme Tessier : "Pour lui, ce sont des arguments qui justifient son incapacité d'entreprendre un tel acte."

16 h 40 - Me Iris Christol lit un extrait des déclarations de M. Bissonnet au cours de son examen avec Mme Tessier : "Dès le début, j'étais suspecté par la police. J'étais à côté de ma femme pour prier (lorsqu'il découvre le corps de Bernadette le soir du 11 mars 2008 ). J'ai pris une serpillière pour nettoyer le sang. Dans la famille, on est croyant." Madame, pouvez-vous nous confirmer qu'il a bien tenu ces propos ?"
La psychologue : "Les propos que je rapporte sont les siens."

16 h 55 - Me Balling note que, durant son examen, M. Bissonnet fait l'aveu de lutter contre ses ratages tout au long de sa vie. "Au regard du parcourt de M. Bissonnet, dites-nous ce que vous en pensez. Il a ce parcours professionnel fulgurant. En 1999, il va tout vendre à la demande de Bernadette. M. Bissonnet a dit : "On a tout vendu pour se retrouver". Ce retour à la maison, loin de la vie professionnelle, n'était-il pas un retour à cette vie de couple où il y a des manques ?"
La psychologue : "Il y a eu effectivement une épreuve conjugale qui s'est faite tardivement."

Dans le box des accusés, Jean-Michel Bissonnet ne tient pas en place. Il s'agite sur sa chaise, se penche vers ses avocats. "C'est pas vrai, ça fait cinq heures qu'on entend des conneries. Excusez-moi Monsieur le président !", lance-t-il.

17 h 10 - Me Leclerc, avocat de M. Bissonnet : "On essaie de faire dire quelque chose à votre rapport, on essaie comme toujours utiliser votre rapport pour prouver la vérité, heu..., pour prouver la culpabilité ou non. Ce n'est pas votre rôle ?"
La psychologue : "Absolument, non"
Me Leclerc : "Vous avez dit : soit M. Bissonnet est innocent, il est submergé par ce qui lui tombe dessus et il fait tout pour se défendre, soit il est coupable et il fait aussi tout pour se défendre. Donc, on reste dans la présomption d'innocence ?"
L'experte : "Oui, on reste dans une analyse psychologique."

17 h 20 - Suspension d'audience.

17 h 45 - 18 h 15 - Reprise de l'audience. Roland Coutenceau, psychiatre, s'avance vers la barre. Concernant le profil de M. Bissonnet, il a réalisé une contre-expertise. "M. Bissonnet ne présente aucun élément d'ordre psychiatrique." (...) "C'est un sujet actif, introverti, qui a des éléments de rigidité, un peu maniaque dans l'organisation. (...) Il a une dimension égocentrique, soucieux de son image."
(...)
"Au fond, en soi, dans la personnalité, les éléments relevés jusqu'à présent ne sont pas significatifs" avec un passage à l'acte. "Dans la structure de la personnalité, il n'y a pas d'éléments qui justifieraient son passage à l'acte."
(...)
"Quand on lit la trajectoire avec cette femme (Bernadette), cette rencontre a été structurante." Selon l'expert, Bernadette incarne notamment, aux yeux de Jean-Michel, l'amour fou et la partenaire au cours de sa carrière professionnelle.
(...)
Selon le psychiatre, un passage à l'acte est toujours plurifactoriel.
(...)
"Penchons-nous sur la thèse de Jean-Michel Bissonnet : d'après lui, il y aurait deux coupables, et il n'en serait pour rien. (...) Concernant la thèse officielle, disant qu'il serait impliqué : il nie cela. La question est donc : quelle est sa motivation ?", déclare le psychiatre devant la cour.
(...)
"En conclusion de cet examen : c'est un sujet peu anxieux, au caractère stable. Il n'est pas dangereux, n'a pas besoin d'être interné. Sur la période des faits, aucun élément n'a pu altérer son discernement. C'est un sujet déterminé, tenace, qui a des traits de leader."

18 h 15 - "On n'a pas besoin d'être fou pour faire des actes fous"
Le président M. Mocaer demande au psychiatre s'il faut forcément avoir un discernement altéré pour participer à un assassinat.
M. Coutenceau : "Non, pas forcément. On n'a pas besoin d'être fou pour faire des actes fous."

18 h 25 - Un des assesseurs du président de la cour interroge le psychiatre : "Vous présentez M. Bissonnet comme intelligent. Comment un homme intelligent pourrait-il décider d'éliminer son épouse dans sa maison, lieu de la famille, de la réussite familiale ?"
M. Coutenceau : "Faire tuer quelqu'un par des gens que l'on connaît n'est pas intelligent, en criminologie."

18 h 32 - Me Chalié : "Outre les hypothèses que vous nous présentez, qu'est ce qui permettrait aux jurés de prendre une décision concrète (sur des éléments concrets, NDLR) ?"
Le psychiatre : "Je ne donne pas de certitudes. J'ai tenté d'analyser les hypothèses, d'analyser les deux scénario. J'ai apporté du grain à moudre dans l'analyse de cette dynamique du psychique. Moi, je ne tranche pas entre les deux scénarios. J'ai tenté de les désosser."

18 h 55 - Me Iris Christol, avocate de M. Belkacem : "Vous dites : on ne tue pas sa femme, on divorce. Tout le monde est d'accord. Au cours de votre carrière de psychiatre, avez-vous rencontré beaucoup de femmes et d'hommes qui ont tué leur conjoint au lieu de divorcer ?"
M. Coutenceau : "Oui."
Me Christol : "Effectivement, malheureusement, c'est assez courant."
M. Coutenceau : "Souvent, curieusement, c'est parce qu'on ne veut pas penser à la séparation."

19 h - Jean-Michel Bissonnet s'emporte, micro en main : "Qu'on arrête de chercher midi à quatorze heure. Que la justice me rende justice. C'est absolument lamentable d'aller chercher des saloperies. Depuis trois ans, on cherche un motif, j'ai subi dix expertises psychiatriques. On va toujours chercher des mesquineries."

19 h 15 - 19 h 30 - Danièle Cany a été désignée par le juge d'instruction pour réaliser un examen psychologique de Jean-Michel Bissonnet. Elle est invitée à s'exprimer à la barre. "Je vais être encore plus concise de la dernière fois (lors de son audition en septembre 2010, NDLR). J'ai apporté un complément à l'examen de Mme Tessier, et non une contre-expertise. Jean-Michel Bissonnet a une maîtrise du discours conscient, mais on note une absence de maîtrise dans la discours inconscient."
(...)
"Jean-Michel Bissonnet pleure beaucoup, il y a quelque chose qui déborde en lui."
(...)
"Premier lapsus de M. Bissonnet : il appelle son frère par "mon père". Son frère a 14 ans de plus que lui. On retrouve aussi un besoin de protection dans la manière dont il parle de sa mère. Il est très proche d'elle. Il a vécu une enfance très protégée. Autre lapsus : il appelle ses enfants par "mes parents". Il y a une espèce d'infantilisme qui va émerger. Il y a un renversement des rôles intéressant."
(...)
"Il dit de lui qu'il a été un enfant timide. Il aurait compensé cette timidité par la parole."
(...)
"Il présente Amaury d'Harcourt comme un père spirituel. Il lui aurait mis le pied à l'étrier. On a l'impression qu'il est toujours l'enfant de quelqu'un."
(...)
"Il dit de Bernadette : "Elle s'est sacrifiée toute sa vie pour moi, pour les enfants.""
(...)
"Troisième lapsus : au lieu de parler de "sa mère" en parlant de Bernadette et de son fils marc, il va dire "sa femme"." Selon l'experte, J.-M. Bissonnet serait jaloux de la fusion qu'il y avait entre Bernadette et Marc. "En filigrane, à mon avis, il existe, chez M. Bissonnet, une défaillance au point de vue de l'identité."

19 h 30 - Fin de l'audition de Danièle Cany. Le président revient sur l'appel qu'auraient échangé Jean-Michel Bissonnet et Amaury d'Harcourt le 9 mars 2008, soit deux jours avant le drame. Sur les fadettes du vicomte aurait été retrouvé un numéro de téléphone correspondant au restaurant dans lequel déjeunait ce jour M. Bissonnet. Après vérification, M. Mocaer confirme que ce numéro est bien celui de cet établissement situé à Ferrières-les-Verreries, dans le Gard.

19 h 35 - Fin de l'audience. Elle reprendra ce mercredi à 9 h.




Depuis les assises de l'Hérault, Vanessa ASSE
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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