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Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-02-01 - France3 : Audience n°16
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-02-01 - France3 : Audience n°16

 
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MessagePosté le: Mer 2 Fév - 10:05 (2011)    Sujet du message: 99 11-02-01 - France3 : Audience n°16 Répondre en citant

http://languedoc-roussillon.france3.fr/proces-bissonnet/index.php?page=arti…

La personnalité de Bissonnet
La Cour étudie la personnalité de Jean-Michel Bissonnet. Le mari raconte sa vie idyllique avec Bernadette et son enfance à Oran en Algérie. Les experts sont frappés par sa capacité à passer du rire aux larmes, d’un sujet à l’autre sans aucune transition. Une amie, membre de son comité de soutien crie à l’injustice en parlant de protection particulière dont jouirait d’Harcourt, seul prévenu laissé libre. En fin de matinée, l’expert psychologue met l’accent sur les variations d’humeur de Bissonnet capable de passer des pleurs en grimaçant à une colère froide dans l’ instant suivant. Elle insiste sur le peu de place fait à l’échec dans la description de son existence idyllique.
Compte rendu de Laurence Creusot.

9 h 09 Bissonnet raconte sa vie.
Il remercie son frère présent à l’audience malgré son mauvais état de santé, il est son aîné de 14 ans. Bissonnet est visiblement ému.

"Je suis né le 16 novembre 1947 à Oran".commence ainsi l’accusé
Bissonnet décrit une enfance sportive à Oran. Il fait du tennis, du handball. En quatrième, il devient pensionnaire à Aix les bains.
Ses parents tiennent un magasin de maroquinerie en Algérie.
La famille pied noir retourne en France à Béziers puis à Orléans après la guerre. La famille est issue du Loiret où elle possède une maison de campagne.
Bissonnet passe le bac en 68, essaie médecine à Tours, sans succès à cause de la biochimie.
Il rencontre d’Harcourt en 1966. Il travaille chez lui au retour de son service militaire. Il s’occupe des animaux et fait une étude sur les animaux d’Europe centrale.
Bissonnet rappelle que c’est à ce moment-là, qu’ il rencontre les filles de Mme Claude avec d’Harcourt. " Je ne payais pas, cela me fait sourire quand on dit qu’on ne la connaît pas" dit Bissonnet en regardant d’Harcourt assis devant le box.
 Bissonnet devient ensuite représentant en médicaments. Il est en formation à Bordeaux, pour la maison Thomas. Il prend un poste de commercial à Montpellier. Puis il est embauché à Paris pour les laboratoires Dyonisos pour la succursale de Paris en 1977. Nouvelle formation mais cette-fois-ci à Montpellier.
"Ma femme a été ma première cliente. Ce fut un coup de foudre".
Il lui déclare sa flamme quelques jours après, au téléphone. "On ne se quittera plus" Il la rencontre en janvier, l’épouse en août, il a 31 ans.

Bissonnet pleure en évoquant la naissance de Florent en 79, puis l’arrivée du deuxième, deux ans plus tard, Marc. Il raconte comment ils partageaient les nuits avec sa femme, comme toutes les autres épreuves de leur vie.
Bissonnet aide Bernadette dans sa pharmacie. A la mort de ses parents, son beau-père l’aide à investir en construisant un bâtiment au millénaire, un quartier neuf de Montpellier.
"Bernadette me poussait, me boostait, elle était toujours avec moi"
J’ai créé 22 bureaux clubs pour des indépendants.
Bissonnet avait un réseau à Paris, un centre d’affaires. Il le crée en louant des bureaux place Vendôme puis à l’Arche de la défense. Un fonds de pension américain se bat pour les racheter.
"Bien sûr on s’engeulait comme tout couple. En tout cas, en 30 ans on s’est jamais trompé, jamais."
A partir de 1998, le couple voyage beaucoup, elle a vendu sa pharmacie. Bissonnet décrit sa femme comme un bout en train, une femme pleine d’humour, pleine d’entrain qui recevait fort bien.
"Je suis soupe au lait, cela m’a toujours desservi". Bissonnet pleurniche.

Avec l’argent de la pharmacie, Bernadette achète une maison aux Etats Unis. Ils en veulent une plus grande. " C’était notre rêve de pouvoir rassembler la famille" ils achètent la grande maison de Castelnau le Lez.
"Et ma vie est brisée à jamais à cause d’une folie. Je serais complètement fou de faire tuer ma femme dans cette maison. Comme disait Marc une fois, il aimait plus maman que nous".  Bissonnet termine son récit en pleurs. Puis reprend un ton parfaitement normal juste après pour répondre au président.
9 h 50 Bernadette femme d’affaires ?

"Pour l’immobilier on était associé, les affaires c’était moi tout seul."
Bissonnet parle de sa société d’archivage de Montpellier Mémoris, son dernier projet. Sa femme possédait la moitié de l’entrepôt du millénaire, de la maison, de l’appartement parisien.

9 h 55 Bissonnet chasseur
Bissonnet chasse depuis 81 à Aigues-Mortes, il partait chaque mercredi avant d’aller au bureau vers midi. Il ne participait qu’aux repas des battues, deux fois par an. Mais le samedi était sacré, ils déjeunaient tous les deux.
10 h 00 Bissonnet voyageur
"Cela allait des petits week-end sur la côte d’azur, la Costa brava, à l’Italie, la hollande, le Maroc , la Tunisie, l’Egypte, le Sri Lanka, les Maldives, la Chine, les Etats Unis".
Bissonnet se décrit comme un "maniaque du Mac (ordinateur Macintosh)", il dit réaliser des films des reportages qu’il montait sur ordinateur.
10 h 05 Bissonnet rotarien
Bissonnet raconte avec fierté le Rotary, son action. Au départ, il appartenait aux dirigeants commerciaux de France.D’après les Rotariens ont créé la charte de l’ONU, l’ONS. " La polio a été éradiquée grâce au Rotary, j’ai fait la quête, place de la Comédie".

"Je n’ai jamais été riche, riche à million, je n’ai jamais eu d’argent à l’étranger, mes enfants sont obligés de payer mes avocats."se plaint Bissonnet.

10 h 10 Bissonnet décrit la détention provisoire.
"C’est catastrophique. Personne ne peut s’ imaginer ce que c’est.
C’est un monde complètement fou, on voit de tout. Mon voisin de cellule tape dans le mur pendant cinq heures . J’entends des cris en permanence. On est dans une saleté repoussante. J’étais pendant 2 ans , à Béziers dans une prison du 19 ième, sans chauffage.

Quand on met des gens en prison, on devrait leur apprendre la discipline, la propreté. C’est affreux ! "
Bissonnet dit qu’il regarde la télévision dans sa cellule mais ne supporte plus la vue des documentaires qui lui rappelle ses voyages. Il regrette qu’il ne puisse plus profiter de son ordinateur.
Aucune question des jurés et des avocats

"Je regrette que personne ne me pose de questions, dit Bissonnet visiblement très déçu. 
"Je vous ai posé des questions moi ! " proteste en souriant le Président Joël Mocaer.
10 h 26 l’enquête de personnalité de Stéphanie Archambault
Bissonnet est né à Oran, il est le second d’une fratrie. Il grandit comme un enfant unique. Les deux frères ont 11 ans d’écart. Enfant, il voulait devenir pianiste. En 59, il devient interne à Aix-les-bains en Savoie. Il obtient son bac en 1968. En 77, il rencontre sa future femme chez Dyonisos un laboratoire pharmaceutique. Elle est pharmacienne. Elle est sa première cliente. Bissonnet crée une société de location de bureau en 1983 à Montpellier. Bernadette vend sa pharmacie de l’avenue de Strasbourg en 1989 pour s’occuper de ses deux fils, Florent et Marc.
Puis arrive le récit de l’ascension professionnelle, les bureaux de la place Vendôme et de l’Arche de la Défense. En 1998, il vend ses affaires aux Américains.
Les fils décrivent leurs parents comme complices, qu’ils avaient des disputes brèves mais fortes. Les sujets de discorde sont Marc, le cadet et l’amitié que monsieur Bissonnet porte à Amaury d’Harcourt que Bernadette surnomme le pique assiette. D’Harcourt passe aux yeux des enfants pour un homme très attiré par les femmes, un peu trop.
L’experte explique que Bissonnet a cherché des substituts paternels à travers d’Harcourt qu’il a considéré comme son père. Le caractère " soupe au lait" susceptible est retenu par tous les interlocuteurs. L’experte explique qu’elle n’a pas réussi à cerner véritablement qui est Jean-Michel Bissonnet.
" Au cours des deux entretiens j’ai été étonnée par le comportement de M. Bissonnet. Il peut passer d’un sentiment à l’autre de façon très rapide. " Il pouvait passer des pleurs en évoquant sa femme à une colère froide sur un sujet précis explique S. Archambault. L’experte dit que ce comportement est très rare.
L’avocat général revient sur les rapports de Bissonnet avec sa femme.
L’experte relève dans son rapport : "Bissonnet peut être désemparé par les demandes incessantes de gratification de sa femme " "tu ne m’as pas dit que j’étais belle aujourd’hui,tu ne m’as pas dit que tu m’aimais aujourd’hui ..."
L’experte revient sur ce désarroi.
Iris Christol s’étonne que pour son enquête Mme Archambault n’ a vu que des membres du Rotary, aucun ami d’enfance ou d’autres connaissances hors de ce cercle.
Qui avait de l’ascendance sur l’autre ? Question de Me Balling, le défenseur de d’Harcourt. L’experte parle du rôle très présent de Bernadette dans les affaires de son mari.
Me Balling revient sur l’épisode Frêche indiqué dans le rapport , le président de région lui aurait proposé à Bissonnet d’être sur sa liste aux régionales et il aurait répondu au président de Région : "entre nous deux il y en aurait un de trop".
Me Senik relève les moments du rapport où il est indiqué que Bissonnet pleure vraiment.

Me Leclerc défenseur de Bissonnet, revient sur le type d’enquête qui n’a rien à voir, il insiste avec un rapport de psychologue. et il le trouve très concordant sur la description d’un couple uni.
"J’avais plaisir au contact avec Bernadette" Et selon Bissonnet il vaut mieux mettre mettre la main sur les fesses que de dire je t’aime".
L’audience est suspendue à 11 h 15 pour un quart d’heure.
11 h 38 L’audience reprend avec le témoignage de Laurence Lacroix une amie de Bissonnet
Son audition bouscule le calendrier de l’audience car cette gérante de société vit au Maroc.
Laurence Lacroix a partagé sa vie professionnelle avec Bissonnet lors de la mise en place de ses centres d’affaires. Elle devait en ouvrir un à Bordeaux. Elle décrit la magnifique harmonie de ce couple et de cette famille. Jean-Michel avait un caractère bien trempé et Bernadette savait merveilleusement le calmer d’après le témoin.
Elle apprend le 16 mars, la terrifiante nouvelle au téléphone par la voix de Jean-Michel. " C’était pour moi effrayant et impossible à la fois."
Elle a écrit à la juge d’instruction en mai 2008 pour dire que ce n’était pas possible.
Elle raconte un épisode où Bernadette parlait du pique assiette qu’elle ne pouvait plus voir.
"Avant d’être jetée en pâture aux avocats, je voudrais dire que j’ai réfléchi, je me suis forcée à imaginer à ce scénario. Jean-Michel disant à son laveur de carreaux ignare et tellement brave, ce soir tu vas tuer Madame ... C’est invraisemblable." Le ton est très appuyé.
 12 h 00 Laurence Lacroix appartient au comité de soutien de Jean-Michel Bissonnet. Elle pense que dans ce procès : "les dés étaient pipés, que d’Harcourt ne fera certainement pas de prison même si il est coupable parce qu’il est protégé ..."
Me Gérard Christol : "Vous dites les dés sont pipés". vous pensez que toute l’organisation a tendu à protéger M. d’Harcourt ? qui vous permet de dire qu’il y a des forces obscures qui protège celui là
"J’ai dit, je le redis que pour les pauvres citoyens comme moi, il n’est pas normal que quelqu’un qui a avoué sa complicité n’aille pas en prison un seul jour alors que quelqu’ un qui clame son innocence depuis 1 050 jours."
Qui, quoi, comment ?
C’est la famille d’Harcourt. répond aussitôt le témoin

Je ne crois pas qu’en République, les d’Harcourt soient encore bien influents, remarque me Christol.

Me Balling enchaîne en demandant à quoi sert un directeur de l’administration pénitentiaire ? (C’est un d’Harcourt.) 
Le témoin ne sait pas
Me Balling rappelle que ce sont les juges qui décident de l’incarcération des prévenus. 
Quand vous avez appris que Jean-Michel Bissonnet regardait des sites sadomasochistes sur internet , qu’en avez-vous pensé ? demande ensuite Me Balling. 

 "Ce n’est parce que l’on est au régime, que l’on ne peut pas regarder la carte" répond du tac au tac Laurence Lacroix.
Selon le témoin,"Bissonnet est en prison parce qu’il a un caractère de cochon".
Dans le box, Bissonnet, s’agite, et lève la main pour parler. Me Vérine le rabroue d’un geste et lui demande de s’asseoir.

12 h 23 L’experte psychologue clinicienne Roselyne Tessier

 Expertise réalisée en mai et septembre 2008.

Bissonnet participe à l’examen avec une complaisance appuyée, selon l’experte. "Il passe du rire à un autre, d’un sujet à l’autre, d’une attitude à l’autre." Impossible d’obtenir un propos linéaire. L’erreur judiciaire revient comme un leitmotiv.
Il se décrit comme un homme qui a réussi, doté d’une famille extraordinaire sans parvenir à s’interroger sur une quelconque difficulté.
"Je regrette que mon père ne soit plus là, il avait peur que je marie avec une sorcière. " lui déclare Bissonnet. Le portrait établi de sa mère ressemble beaucoup à celui de sa femme, selon Roselyne Tessier.
Bissonnet parle de jeux divers avec Bernadette, de jeux sexuels. Il parle d’un fléchissement de sa sexualité et dit qu’il prend des médicaments pour y remédier. Il insiste sur le physique, "ils étaient collés l’un à l’autre". 
En conclusion l’expert psychologue parle d’affect égocentrique et narcissique, d’une image de la mère souveraine et inaccessible. D’une attitude mentale fragile au delà de la réussite sociale et conjugale.

Au cours du deuxième entretien, Bissonnet accuse le médecin, doigt pointé vers elle, de l’accuser d’être l’assassinat de sa femme. Il reste sur la défensive.
Bissonnet décrit ses enfants l’un plus posé, l’autre plus :"soupe au lait".
Bissonnet dans le box ne quitte plus l’expert des yeux.
Elle évoque sa menace de se suicider à la suite d’une dispute à propos de Marc. Bissonnet minimisera en indiquant qu’une demie heure plus tard, il faisait l’amour avec sa femme.

13 h 10 Bissonnet évoquera lors de cet examen, sa relation avec d’Harcourt en 1966. D’Harcourt aurait abusé de Bissonnet, parce qu’il était à son service. Selon Bissonnet, le vicomte pensait que Bissonnet lui appartenait et était jaloux de sa femme. Il considère d’Harcourt comme un père alors que d’Harcourt le considère lui, comme un simple valet de ferme à l’époque. "Ce monsieur d’Harcourt, je lui appartenais dira Bissonnet, je lui rendais service". Il explique aussi que sa femme est un obstacle à leur amitié.
L’expert répète au président qu’il décrit toujours un parcours idyllique dans tous les registres. "tout va bien pour lui et donc tout va bien pour l’autre""Il s’interdit toute interrogation"confirme la psychologue. L’avoir a beaucoup d’importance, aucune préoccupation spirituelle. La psychologue parle de quête de la mère dans sa relation avec Bernadette.

13 h30 le président demande si le caractère théâtral du sujet induit un manque de sincérité.
L’experte indique que le passage rapide d’un état à l’autre confère un caractère superficiel à ces déclarations.
le président relit un passage faisant état de l’absence de traumatisme suite au deuil du conjoint. L’experte confirme que Bissonnet ne présentait pas à ce moment-là de traumatisme suite à la disparition de son épouse.
La psychologue a relevé des résidus d’une pensée magique plaçant le sujet au dessus de toute puissance supérieure. Il est question d’un décalage avec la réalité.
Le président propose de revoir Mme Tessier plus tard dans la journée.
Il est 13 h 44 les avocats font remarquer qu’il est tard et que l’attention s’amenuise.
La séance est suspendue jusque 15 h 00.

15 h 09 l’audience reprend avec le rapport de Roger Franc psychiatre depuis Fort de France en visio-conférence
Lors du premier entretien. Le médecin ne repère rien du côté neurologique et psychiatrique de nature pathologique Mis à part un problème de mauvaises odeurs qui inquiète le prévenu. Bissonnet craint une inflammation d’un sinus ou la présence d’une tumeur.
"Son grand-frère est comme un père pour lui". Il y aurait un besoin de conserver une image paternelle. Cela correspond à une majoration de la reconnaissance personnelle.
Bissonnet apparaît comme très soucieux de l’ordre, méticuleux. Pour le psychiatre ces tendances névrotiques ne sont pas anormales.
Pour lui les variations du caractère remarquées, sont normales. 

 En revanche la seconde fois, le sujet paraît complètement obnubilé par l’affaire. Il a des propos incohérents. " Il s’enferme dans une rumination". "Cela confirme un comportement psycho-rigide."
Pour le psychiatre, "Bissonnet est tellement préoccupé à démontrer qu’il n’y est pour rien, qu’il en devient incohérent."
Le psychiatre explique en répondant à une question de la partie civile, que Bissonnet n’est pas dans un état dépressif, n’a pas de vécu de culpabilité, ni de dévalorisation. Il est sur un mode défensif, il est dans une stratégie de démonstration.
Est-il capable de se remettre en cause ? ou est-il dans un état de déni absolu ? demande l’avocat.
Pour être dans le déni, il faudrait connaître la vérité répond l’expert.
Le psychiatre parle de la sexualité du couple qui utilise des objets et à ce moment précis Bissonnet, sort de son box en hurlant. Pour lui on s’attaque à la mémoire de Bernadette. "On enfonce le clou avec des choses de la vie !" Bissonnet demande qu’on arrête.
Me Iris Christol parle de la notion de complot invoquée à plusieurs reprises par Bissonnet. Le complot des gendarmes, des juges, le complot de l’association d’IVI, de la famille Belkacem... Si ce n’est pas un sentiment persécutoire, ce serait une technique de défense ? demande l’avocat

L’expert parle plus d’hypothèses pour alimenter la défense qui n’ont pas de caractère délirant. "Il peut choisir de croire au complot, plutôt que d’être confronté à la réalité".
Me Balling revient sur la description du couple. "Une relation sans faille, sans problème, sans infidélité " confirme l’expert.
Me Leclerc revient sur l’aspect défensif des réactions de son client. Il l’explique par la position de Bissonnet qui veut prouver son innocence. plus défensif que dépresif. l’expert approuve cette thèse.

16 h 01 Le retour de Roselyne Tessier psychologue
 En répondant à la question de Luc Abratkiewicz , le médecin confirme que Bissonnet se crispe, change d’attitude au moment de passer aux tests graphiques. En dessinant un arbre , Bissonnet parle de ce cèdre devant la maison, de sa maison, de ses voyages, du fait qu"il avait tout à l’époque, mais il ne parle pas de sa femme, à aucun moment. 
Est ce que cet homme peut se remettre en cause ? demande l’avocat du frère de Bernadette. "Pour l’heure il n’y est pas prêt"répond la psychologue.
A propos de l’acte de tuer l’avocat général lit un extrait du rapport : "j’aurais pas eu le courage de faire cela. Je suis lâche. Dans les affaires j’ ai rencontré l’adversité, dans la vie, j’ai peur dit Bissonnet.
Au niveau du discours ou de la prospective, Bissonnet renvoie un image égocentrique et narcissique, d’après l’expertise. L’avocat général Gutierrez demande des éclaircissements "il se place en permanence au devant de la scène dans une position favorable et cela dans tous les registres." explique la psychiatre.

Du fait de l’assimilation de l’épouse à la mère, Bissonnet peut-il tuer ? demande l’avocat général."On peut aimer quelqu’un et vouloir le tuer"répond Mme Tessier.
Mme Tessier parle de deux hypothèses : "on peut être innocent et avoir ce comportement pour se défendre, on peut aussi être coupable et ne pas concevoir de se mesurer au regard d’autrui et ne pas pouvoir avouer ".
Iris Christol a relevé tous les superlatifs du discours de Bissonnet. Est-ce que l’on peut dire que l’on est en présence d’un visage de la perfection, une idéalisation ?
 Pour l’expert : c’est une forme de censure, de verrouillage. La révélation d’un conflit intérieur. La psychologue fait référence à l’interprétation de tests où Bissonnet voit des formes monstrueuses qu’il commente en disant : "j’ai peur".

16 h 59 Bissonnet s’agite et souffle dans le box.
"C’est plus possible d’entendre des bêtises pareilles"s’indigne avec bruit Bissonnet.
Me Leclerc : " On essaie de faire dire à votre rapport mille choses. On a entendu de mini plaidoiries. On essaie de faire dire si il y a culpabilité, ou pas."
"Ce n’est pas mon rôle" dit la clinicienne.
" Bien ! ponctue le défenseur de Bissonnet. Nous restons dans la présomption d’innocence".
L’audience est suspendue à 17 h 24 pour 10 minutes

17 H 46 les analyses psy complémentaires.
Roland Coutanceau livre son rapport

Lors du renvoi du procès en septembre, la cour avait demandé des analyses psychiatriques complémentaires.
"C’est un sujet intelligent, QI supérieur à 110. Toutes ses fonctions intellectuelles sont normales ""C’est un sujet rigide, un peu maniaque." Le psychiatre remarque aussi une impulsivité verbale. "C’est un élément égocentré, soucieux de son image, possédant une habilité émotionnelle."

Selon l’expert, ces éléments ne sont pas problématiques, pas caractéristiques de quelqu’un qui aurait commis l’acte qui lui est reproché.

L’expert en vient à la thèse de Bissonnet face aux deux hommes qui l’accusent. Il fait allusion à la culpabilité de d’Harcourt. Bissonnet se démarque de ce qu’il nomme "la thèse officielle".
Pour l’expert l’acusé est responsable de ses actes. C’est une évidence. par ailleurs, il a une attitude de leader.

L’expert remarque qu’il n’existe pas d’animosité émotionnelle chez Bissonnet, alors que l’on a tué sa femme de façon violente.
"Des gens normaux ont-ils déjà été condamnés pour meurtre" ? demande le président

"Pas besoin d’être fou pour faire des actes fous" consent le psychiatre. 
"l’organisation, la méthode sont des choses qui lui appartiennent ?
Le psychiatre n’est pas à l’aise avec cette question et préfère ne pas y répondre.
Comment un homme intelligent peut imaginer de supprimer sa femme dans le lieu même de sa réussite ? demande l’un des assesseurs.
Le psychiatre rappelle sa longue carrière à Fresnes au contact des longues peines, avant de dire : "Tuer quelqu’un par des gens qu’on connaît n’est pas intelligent en criminologie".
Me Chalié revient sur les hypothèses de la rupture d’un couple, rupture illisible pour les proches.
Le psychiatre indique qu’une mésentente peut ne jamais être exprimée par l’un des membres du couple, ne pas être lisible pour l’entourage, les proches. "Il y a des gens qui rêvent de voir disparaître leur conjoint, c’est plus simple pour eux que d’imagier divorcer"

Me Chalié : "Cette indétermination est insupportable, les enfants que je représente ne peuvent pas perdre leur père sur des hypothèses. Elle demande des pistes de certitude. Elle termine, en disant, aidez-moi !
"Je ne donne pas de certitudes. J’ai testé les deux scénarios. Deux hommes accusent un autre et l’autre : une crise du couple illisible pour les autres. Je ne choisis pas entre ces deux scénarios". 
"Peut-on avouer l’inavouable devant ses proches ? demande me Abratkiewicz

"C’est un élément très fort, le regard des autres. Beaucoup de gens nient parce que leurs proches ne les croient pas capables de faire cela", indique l’expert.
"Je suis très amoureux de cette maison."disait Bissonnet" indique l’avocat.

"Je ne crois pas qu’on tue pour une maison." dit le psychiatre.
"Il est parfois plus facile de faire le deuil de l’autre que de supporter la séparation avec l’autre " ajoute plus tard l’expert.
Iris Christol revient sur le manque de réaction de Bissonnet vis à vis de Belkacem dans le box. "la logique de l’argumentation gèle parfois la réaction" dit l’expert.
Bissonnet réagit : " on va chercher midi à 14 h 00" " Quand M. Belkacem a été à côté de moi le premier jour du procès, j’ai demandé aux gendarmes de mettre quelqu’un entre nous ! Vous voulez quoi ? que je donne un coup de couteau, un coup de poing ?

"Ca commence à suffire qu’on dise que mon couple n’allait pas. J’aimais Bernadette. Tout allait bien. Tout le monde le dit."
19 h 12 Une nouvelle expertise psychologique de Danièle Cany
Mme Cany parle d’un discours fleuve, conscient construit, mais elle a cherché les ratés du discours inconscient. "Ce qu’il va dévoilé à son insu".
"Il pleure beaucoup. Quelque chose en lui déborde constamment à travers une émotion forte et tous ces ratés du discours qui m’ont frappé"
L’expert note une affectivité instable
"Premier lapsus, il dit mon père au lieu de mon frère. Deuxième lapsus en parlant de ses enfants, il parle de mes parents. Ce qui dénote une forme d’infantilité.Un inversement des rôles."
La psychologue parle de ses pères de substitution comme Amaury d’Harcourt. Dans sa vie de couple, il met en avant les moments fusionnels. Il a un besoin d’étayage, d’une femme protectrice à la manière d’une mère.
Bissonnet apparaît comme jaloux de Marc qui capte l’attention de Bernadette. Dans un lapsus il dit sa femme au lieu de sa mère, en parlant de la mère de Marc.
"Il existe une défaillance d’identité, d’affectivité dont il n’est pas conscient".
L’expert se demande ce qui peut se passer si cette femme, mère nourricière devient frustrante, ne répond pas à sa demande. 
l’audience est levée à 19 h 38.
_________________
Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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