Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-02-04 - MidiLibre : Audience n°19 - vendredi
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-02-04 - MidiLibre : Audience n°19 - vendredi

 
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MessagePosté le: Ven 4 Fév - 14:11 (2011)    Sujet du message: 99 11-02-04 - MidiLibre : Audience n°19 - vendredi Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/02/04/A-LA-UNE-La-cour-scrute-la-per…

Édition du vendredi 4 février 2011
Assises de l'Hérault
Procès Bissonnet : la cour scrute la personnalité de Meziane Belkacem


DR


EN DIRECT - 19e audience du procès Bissonnet. Ce vendredi, la cour d'assises de l'Hérault se consacre à l'examen du parcours et de la personnalité de Meziane Belkacem. Au cours de la journée, quelques-uns de ses collègues à la Gazonnière, l’entreprise de Saint-Laurent- d’Aigouze où il travaillait ponctuellement, devraient être entendus à la barre.

9 h - Reprise de l'audience. Le président M. Mocaer invite Meziane Belkacem à retracer sa vie familiale et professionnelle devant la cour.
M. Belkacem : "Je suis né le 29 avril 1959 en Algérie. J'ai vécu là-bas jusqu'à l'âge de 20 ans. J'ai été élevé par ma mère. Je suis arrivé en France en avril 1979. En Algérie, je n'ai pas été à l'école. J'ai travaillé à gauche à droite. En avril 1979, à mon arrivée en France, je suis resté une semaine à Orly."

L'homme relate les petits boulots qu'il a exercé dans des entreprises de nettoyage à Paris et en Province.
(...)
Dans le box, debout micro en main, l'accusé explique qu'il a rencontré Jean-Michel Bissonnet à l'époque où il travaillait à la Gazonnière, une société de Saint-Laurent- d’Aigouze (Gard).

9 h 20 - M. Mocaer : "Parlez-nous de vos parents. Que faisait votre père ?"
M. Belkacem : "C'était un militaire. Il est parti en France en 1962. Je ne m'en souviens pas."
M. Mocaer : "Et votre mère ?"
M. Belkacem : "A l'époque, les femmes ne travaillaient pas. Ma mère était à la charge de ses parents. J'ai une soeur plus jeune que moi."
M. Mocaer : "Savez-vous pourquoi votre mère n'a pas suivi votre père en France ?"
M. Belkacem : "Mon père a refait sa vie en France."

Lorsque sa mère s'est remariée, Meziane Belkacem a été élevé par ses grands-parents. Il avait 17 ans à la mort de sa grand-mère. "Il a fallu que je travaille pour subvenir à mes besoins. J'ai travaillé dans les champs."

9 h 30 - M. Mocaer : "Vous avez été scolarisé ?"
L'accusé : "Non, jamais"
M. Mocaer : "Vous savez lire et écrire ?"
M. Belkacem : "Non, j'apprends aujourd'hui à la maison d'arrêt."
(...)
M. Belkcame: "A mon arrivée en France, je ne parlais pas français. Je parlais seulement le kabyle." Il explique comment les services sociaux l'ont aidé à retrouver son père. Ce dernier résidait à Chalon-sur-Saône.

M. Mocaer : "Comment se passent les retrouvailles avec votre père ?"
M. Belkacem : "Assez bien."
M. Mocaer : "Et avec votre belle-mère ?"
M. Belkacem : "Ca se passait très bien."
M. Mocaer : "Et avec les enfants de votre père ?"
M. Belkacem : "Ils me prenaient pour un martien. Comme je ne parlais pas français, on ne pouvait pas se parler."
M. Mocaer : "Sur le plan professionnel, globalement, vous avez tout le temps travaillé ?"
M. Belkacem : "Oui."
M. Mocaer : "Vous avez eu des périodes de chômage ?"
M. Belkacem : "Oui, mais ça n'a pas duré longtemps."

9 h 35 - M. Mocaer : "Quel âge aviez-vous lors de votre premier mariage ?"
M. Belkacem : "21 ans."
M. Mocaer : "C'est vous qui choisissez votre épouse ?"
M. Belkacem :"Non, c'est mon père. Ca se faisait comme ça à l'époque. Il connaissait le père de mon épouse. C'était un harki comme lui."
M. Mocaer : "Combien de temps êtes-vous restés ensemble ?"
M. Belkacem : "Huit ans."
M. Mocaer : "Et vous avez eu un enfant ?"
M. Belkacem : "Oui, Reynald."

A leur séparation, son ex-épouse a eu la garde de Reynald. A son adolescence, Reynald a repris contact avec son père. "Il venait l'été."

Meziane Belkacem retrace le parcours scolaire de son fils. "Il a arrêté l'école en 3e". Il explique comment il l'a poussé à poursuivre ses études. "Aujourd'hui, je suis très fier de lui." (Reynald Belkacem est sommelier dans un restaurant à Londres, NDLR).

9 h 40 - Le président de la cour l'interroge sur la séparation avec sa seconde épouse, qui a eu lieu peu de temps avant l'assassinat de Bernadette Bissonnet. "Après la séparation, j'ai continué à voir mes enfants. Quand je me suis marié avec elle, ce n'était pas pour avoir une femme, mais pour avoir une famille, des enfants à la maison", déclare l'accusé.

M. Mocaer : "Dans quel état d'esprit êtes-vous au moment de cette séparation ?"
M. Belkacem : "J'avais très peur, j'avais peur de ne pas voir mes enfants."

9 h 45 - M. Mocaer : "Quels sont vos centres d'intérêts ?"
M. Belkacem : "Mes enfants, ma famille, la réussite de mes enfants."
(...)
M. Mocaer : "Comment appréhendez-vous la prison ?"
M.Belkacem : "La prison, c'est jamais bon pour personne. Si on est là, c'est qu'on a fait quelque chose. Il faut assumer ses actes. C'est très difficile. Mais, il faut que mon expérience serve à mes proches, et leur montre où ça mène de baisser les bras comme ça. Si je suis là, c'est que j'ai fait quelque chose. Je ne vais pas pleurer sur mon sort !"

9 h 50 - "Il avait une carrière professionnelle exemplaire"
L'avocat général Georges Guttierez prend la parole : "Parlez-nous de vos relations avec M.Bissonnet (avant le drame, NDLR) ?"
M. Belkacem : "Ca se passait bien. Quand je venais chez lui, il m'offrait le café avant de me dire ce qu'il y a faire. Il aimait le travail bien fait, il était maniaque. Je trouvais que c'était quelqu'un de bien auprès de qui je pouvais apprendre beaucoup."
M. Guttierez : "Aviez-vous de l'admiration pour lui ?"
M. Belkacem : "Oui, il avait une carrière professionnelle exemplaire."
M. Guttierez : "Cette admiration que vous aviez pour lui était telle qu'elle vous a emmené à faire quelque chose de grave ?"
L'accusé : "Oui, pour moi, tout ce qu'il disait, c'était positif."

9 h 57 - "Ce jour-là, le diable a gagné"
L'avocat général Pierre Denier : "Quelles étaient vos relations avec Bernadette Bissonnet ?"
M. Belkacem : "Ben, c'était bonjour au revoir. Parfois, elle me demandait comment allaient mes enfants."
M. Denier : "Dans la procédure, vous avez dit que vous la trouviez gentille ?"
M. Belkacem : "Moi, elle était gentille. Avec moi, y a jamais rien eu. Elle ne m'a jamais fait de reproches."
M. Denier : "Pourriez-vous nous parler de votre pratique religieuse ?"
M. Belkacem : "Je suis musulman, je fais la prière cinq fois par jour."
M. Denier : "Le coran reprend les préceptes de la Bible, dont "Tu ne tueras point". Alors vous qui avez une pratique religieuse, comment expliquez-vous votre geste ?"
M. Belkacem : "Faut payer pour ce qu'on a fait."
M. Denier : "Mais vous n'auriez pas dû le faire."
M. Belkacem : "On se bat toujours avec le diable. Ce jour-là, je me suis détourné de mon chemin, et le diable a gagné ! Aujourd'hui, la seule chose que je peux faire, c'est dire la vérité, et assumer mes responsabilités."

10 h 10 - 10 h 25 - L'enquêtrice de personnalité, Stéphanie Archambault, s'avance vers la barre. Devant la cour, elle retrace le parcours de vie de Meziane Belkacem. Elle a divisé ses recherches en trois parties : l'enfance en Algérie, les retrouvailles avec son père, et le second mariage.

10 h 30 - Bernadette Bissonnet aurait voulu divorcer
M. Mocaer à l'enquêtrice : "Meziane Belkacem vous aurait dit que, depuis des mois, M. Bissonnet lui parlait de ses problèmes conjugaux et de l'envie de Mme Bissonnet de divorcer."
M. Belkacem : "Quand je lui ai raconté mon histoire, il m'a dit que sa femme voulait aussi divorcer. Il m'a expliqué que s'il divorçait, il perdait tout, il allait se retrouver dans un appartement, que ce n'est pas possible pour lui."

10 h 35 - Un des jurés à l'enquêtrice : "Pensez-vous que M. Belkacem est quelqu'un de crédule?"
L'enquêtrice peine à répondre, et relate une anecdote : "Un jour, il aurait accepté de nettoyer un entrepôt grand de 1 700 m² tout seul."

10 h 40 - Me Abratkiewicz, avocat du frère de Benadette Bissonnet : "A travers l'enquête de personnalité, vous a-t-on dit que M. Belkacem est un menteur, affabulateur ?"
Stéphanie Archambault : "Non."
Me Abratkiewicz : "Manipulateur ?"
L'enquêtrice : "Non plus."

10 h 50 - L'avocat général Georges Guttierez se lève : "Dans votre rapport, vous dites que M. Belkacem serait amer de la manipulation dont il a fait l'objet."
L'enquêtrice : "M. Belkacem m'explique qu'il a réalisé la gravité de son geste. Il a la sensation d'avoir été manipulé. Quand il repense à Mme Bissonnet, il n'y avait que des "bonjour" et "au revoir". Il avait la sensation d'échanger avec M. Bissonnet, mais tout ceci s'effondrait."
M. Guttierez : "C'est lui qui a employé le terme "manipuler" ?"
Elle relit ses notes. "Oui, il a le sentiment d'avoir été instrumentalisé", déclare Mme Archambault.

10 h 52 - "Le bon dieu"
M. Guttierez : "M. Belkacem, votre belle-mère disait que vous parliez de M. Bissonnet comme du bon dieu."
M. Belkacem : "M. Bissonnet était quelqu'un avec qui je pouvais apprendre beaucoup de choses."
M. Guttierez : "Oui, mais "Bon dieu", c'est un terme fort ?"
M. Belkacem : "C'est elle qui l'a employé. C'est une expression."
M. Guttierez : "Vous souvenez-vous de ce que vous avez dit lors du premier procès ?"
M. Belkacem : "J'ai dit que j'étais content que le bon dieu l'ait mis sur mon chemin."

10 h 58 - Me Iris Christol, avocate de Meziane Belkacem : "Dans votre rapport, vous racontez une histoire qui est vraiment révélatrice." L'avocate lit ce passage à haute voix. A l'enquêtrice, l'épouse de l'accusé explique que M. Belkacem ne sait pas dire "non", à tel point, qu'un jour, il a acheté à un vendeur une collection complète de type "Tout l'univers". Et ce, alors qu'il ne sait pas lire.

11 h - Suspension d'audience.

11 h 24 - Reprise de l'audience.

11 h 27 - Alain Paquet, 36 ans, exploitant agricole. Il connaissait M. Belkacem avant les faits. L'homme est invité à s'exprimer devant la cour.
M. Mocaer : "Que pouvez-vous nous dire sur cette affaire ?"
M. Paquet : "L'affaire, je l'ai apprise dans les journaux. Pour moi, M. Belkacem était un employé sans histoire, très ponctuel, très dévoué. Au moment des faits, il était en plein divorce. Ca n'allait pas dans son couple."
M.Mocaer : "Vous l'employiez depuis combien de temps ?"
M. Paquet : "C'était un employé saisonnier depuis cinq ans. La saison démarre en mars et termine fin août."
M. Mocaer : "Il était très apprécié dans son travail ?"
M. Paquet : "Oui."
M.Mocaer : "Et ses relations avec ses collègues de travail ?"
M. Paquet : "Elles étaient très bonnes."

11 h 35 - M. Mocaer : "Vous connaissiez M. Bissonnet ?"
M. Paquet : "Je ne le connaissais pas personnellement."
M. Mocaer : "Est-ce que vous saviez que M. Belkacem travaillait pour M. Bissonnet ?"
M. Paquet : "Je l'ai appris qu'après."
M. Mocaer : "Comment s'est passée la semaine (des faits, NDLR) ?"
M. Paquet : "Si je ne me souviens bien, le lundi, il est venu. Le mardi, il était absent, mais je ne me suis pas plus inquiété. Puis, je l'ai eu au téléphone. Il m'a expliqué qu'il s'était fait mal au doigt et qu'il ne pouvait pas venir pendant quelque temps."
M. Mocaer : "Est-ce que son absence de mardi était prévue ?"
M. Paquet : "Non."
(...)
M. Mocaer : "Avez-vous d'autres choses à ajouter ?"
M. Paquet : "Je ne le pensais pas capable de faire ça."

11 h 40 - Me Abratkiewicz : "Meziane Belkacem était quelqu'un qui prend des initiatives ?"
M. Paquet : "Non."
Me Abratkiewicz : "Meziane Belkacem était quelqu'un sur qui on peut avoir de l'ascendant ?"
M. Paquet : "Oui."

11 h 55 - 12 h 20 - Roselyne Tessier, psychologue clinicienne, a examiné Meziane Belkacem. A la barre : "C'est quelqu'un qui s'exprime correctement. (...) La présence de M. Belkacem dans cet examen est totalement actif."

L'experte retrace le parcours familial de M. Belkacem et commente ses carences. "Progressivement, il va se sentir abandonné de chacun. (...) Carences affectives, mais aussi carences culturelles, car il dit n'avoir jamais été scolarisé."
(...)
"Dans sa version des faits, il met en cause M. Bissonnet. Il explique qu'il n'est que l'exécutant d'un projet de M. Bissonnet." (...) "J'ai fait ce que m'a demandé M. Bissonnet. Si j'ai eu un peu de jugeotte, j'aurais gardé le fusil."
(...)
"Il explique qu'il a toujours fait attention à lui, pour ne pas avoir de problème avec la justice. Il ne comprend pas ce qui l'a pris. Par moment, il essaie de se convaincre que c'est un cauchemar", explique la psychologue.

Selon l'experte, Meziane Belkacem a subi certains examens révélant un âge mental de 8 ans.

"Sur le plan de personnalité, on a un homme frustre, carencé, il a un sentiment d'insatisfaction existentielle, des difficultés d'intégration."

12 h 25 - M. Mocaer : "Vous dites que vous ne faites pas passer des examens évaluant le QI du sujet. Mais n'est-ce pas un outil permettant de jauger une certaine débilité du sujet ?"
Mme Tessier : "Non, on a d'autres outils pour cela." L'experte décrit les éléments qui lui permettent de prouver que l'accusé ne fait pas preuve de carences mentales.
M. Mocaer : "Est-ce que le fait que le sujet soit acculturé, n'ait pas été scolarisé ne fausse pas les résultats de votre analyse ?"
Mme Tessier explique que les examens qu'elle a fait passer à Meziane Belkacem ne demande "aucun apprentissage naturel".
(...)
M. Mocaer : "Mais comment expliquer ce passage à l'acte ?"
Mme Tessier : "Il a un besoin de reconnaissance. Peut-être y a-t-il eu une perte éthique pour atteindre cette reconnaissance."

12 h 35 - "Il y a en effet une détresse chez cet homme"
Me Abratkiewicz, avocat du frère de Benadette Bissonnet : "N'y a-t-il pas une colère chez cet homme car il avoue alors que l'autre personne n'avoue pas ?"
Mme Tessier : "Il y a en effet une détresse chez cet homme car sa version des faits est contredite par le mis en cause."
Me Chalié, avocate des enfants de la victime : "Est-ce que M. Belkacem a bien dit : "J'ai laissé ma veste pleine de sang avec le fusil" ?"
L'experte : "Oui, il l'a bien dit."

12 h 45 - Me Gérard Christol, avocat de M. Belkacem : "Il dit : "Je fais attention à moi". Ca ne veut pas dire aussi : "Je fais attention à bien me comporter" ?"
L'expert : "Oui."
Me Christol : "Est-ce qu'on ne peut pas dire qu'il avait un besoin important d'exister aux yeux de M. Bissonnet ?"
L'expert : "Il présente M. Bissonnet comme un ami, c'était pour lui un modèle."

12 h 50 - Me Iris Christol, avocate de M. Belkacem : "La question est de savoir pourquoi cet homme a tué quelqu'un, pourquoi un homme que l'on dépeint comme inoffensif a pu passer à l'acte. Est-ce que tout ceci est lié à son besoin de reconnaissance ?"
Mme Tessier : "Oui, il a un besoin de reconnaissance."
Me Christol : "Il y a eu un besoin de se raccrocher à n'importe quoi ?"
Mme Tessier : "Oui."

13 h 02 - Suspension de l'audience. Reprise à 14 h 30.

14 h 35 - Reprise de l'audience.
Florent Trape, psychiatre, est interrogé par la cour en visioconférence. Pour le médecin, Meziane Belkacem "n'est pas un malade psychiatrique. Il est parfaitement ancré dans la réalité.  On ne distingue aucun discernement de sa part."

M. Joël Mocaer : "Il s'agit par d'un examen tout à fait normal ?"
Florent Trape : "Oui."

14 h 50 - L'avocat général G. Guttierez : "Je souhaiterais que vous nous donniez des éléments concernant le libre arbitre de M. Belkacem."
M. Trape : "Ce n'est pas une personne vulnérable. Il est capable de dire oui ou non."
M. Guttierez : "Il est tout à fait capable de concevoir la gravité de l'acte qu'il commettait ?"
M. Trape : "Oui."

15 h - M. Belkacem aurait pris du Médiator
M. Mocaer : "J'ai une question d'un autre ordre. Vous dites, qu'il y a deux ans, M. Belkacem était en surpoids. Son médecin lui avait prescrit du Médiator. Doit-il prendre des précautions ?"
Dr Trape : "Effectivement, il faudrait faire des vérifications de santé par précaution."

15 h 05 - Sandrine Buisson, comptable de la Gazonnière, s'avance à la barre. En tant que témoin, elle est invitée à s'exprimer spontanément. "Je savais que Meziane Belkacem avait des problèmes d'ordre personnel. (...) La semaine précédente, il avait expliqué qu'il ne serait pas présent un jour. Il s'était engagé à faire un travail ailleurs. Plus tard, il a appelé M. Paquet pour prévenir qu'il ne pouvait pas venir, qu'il s'était blessé au doigt."
(...)
Sandrine Buisson : "Je sais qu'il avait de gros problèmes financiers."
M. Mocaer : "Il vous demandait des avances sur salaire."
Le témoin : "Je ne m'en souviens pas."
M. Mocaer : "Comment vous le perceviez ?"
Le témoin : "C'est pas quelqu'un à qui on donnait des tâches très élaborées."

15 h 10 - Me Abratkiewicz : "Comment avez-vous appris les faits ?"
Le témoin : "C'est ma mère qui m'a prévenue."
Me Abratkiewicz relit les déclarations que Sandrine Buisson a faite aux gendarmes peu après les faits. Elle aurait dit : "J'ai appris les faits en lisant Midi Libre et par internet." "A cette époque, vous avez du mal à croire que M. Belkacem ait pu faire cela ?", lui demande l'avocat.
Le témoin : "Oui, effectivement."

15 h 15 - Bruno Buisson travaillait à la Gazonnière, avec M.Belkacem. Il est interrogé par la cour. "Dans cette entreprise, je fais partie de l'encadrement. J'entretenais de très bonnes relations avec cette personne. C'est quelqu'un d'altruiste, j'ai un bon souvenir de ce monsieur. On lui demandait des tâches d'ouvrier agricole."
Le président M. Mocaer : "Vous n'êtiez pas très proche de lui ?"
M. Buisson : "Non."
M. Mocaer : "Vous dites qu'il est altruiste."
M. Buisson : "Ca lui arrivait d'aider ses collègues."
M. Mocaer : "Concernant son caractère ?"
M. Buisson : "C'est quelqu'un de calme."
M. Mocaer : "Connaissiez-vous les difficultés qu'il a rencontré ?"
M. Buisson : "Je sais qu'il avait des problèmes de logement. J'ai essayé de lui donner des conseils."
M. Mocaer : "En raison de ses difficultés, son comportement a-t-il changé ?"
M. Buisson : "Le fait de m'en parler prouve que ça lui pesait."
M. Mocaer : "Saviez-vous qu'il travaillait pour quelqu'un d'autre ?"
M. Buisson : "Je l'ai appris que bien après."

15 h 22 - Me Vérine, avocat de M. Bissonnet : "Meziane Belkacem vous parlait de ses problèmes financiers ?"
Le témoin : "Oui."
Me Vérine : "S'il y avait eu quelque chose d'étrange dans sa vie, il vous en aurait parlé ?"
Le témoin : "Oui, je pense."
Me Vérine : "Il ne vous a jamais parlé de M. Bissonnet ?"
Le témoin : "Non."
Me Vérine : "Vous dites que Meziane Belkacem est désinvolte ?"
Le témoin : "Oui."
Me Vérine rapporte l'anecdote que M. Buisson avait raconté aux gendarmes. "Un jour, j'ai demandé à Meziane de ranger ses outils. Il m'a dit qu'ils étaient rangés alors qu'ils ne l'étaient pas."

15 h 25 - Un ancien collègue de Meziane Belkacem, Patrick Vallet, s'avance devant la cour. "J'ai été très surpris quand j'ai appris la nouvelle. Je ne pensais pas que Meziane était capable de faire cela. C'était quelqu'un de très gentil. C'était un collègue de travail avec qui on passait du bon temps."
M. Mocaer : "Vous saviez qu'il avait des problèmes personnels ?"
Patrick Vallet : "Oui, il avait beaucoup maigri."
M. Mocaer : "Est-ce que vous saviez qu'il avait un projet d'acquisition d'une voiture ?"
M. Vallet : "Oui, j'étais au courant."
M. Mocaer : "Ca ne vous a pas étonné compte tenu de sa situation financière ?"
M. Vallet : "Je ne me suis pas posé la question."

Dans le box, Meziane Belkacem regarde fixement son ancien collègue.

15 h 40 - Me Abratkiewicz, avocat du frère de Bernadette Bissonnet : "Lors de votre audition auprès des gendarmes, avez-vous été poussé à dire des choses que vous ne pensiez pas ?"
Le témoin : "Ah non, non pas du tout, pas du tout !"

15 h 45 - "J'avais une Laguna, je la vendais 4 500 euros"
Florien Vézian, ancien collègue de M. Belkacem, est à son tour appelé à la barre. "J'ai travaillé quelque jours avec M. Belkacem. C'est un homme simple."
M. Mocaer : "A l'époque vous aviez une voiture à vendre ?"
M. Vézian : "Oui, j'avais une Laguna, je la vendais 4 500 euros. Mais au final, ça ne s'est pas fait."
M. Mocaer : "Vous êtes sûr du prix ? Est-ce que ce n'est pas M. Belkacem qui vous proposait 4 500 euros, et vous, vous en vouliez 5 500 euros ?"
Le témoin : "Ah oui, c'est ça."
M. Mocaer : "Il voulait vous payer en liquide ? C'est une somme 4 500 euros en liquide."
M.Vézian : "Oui."

15 h 50 - Nouveau témoin devant la cour : Gérard Damman, mécanicien.
M. Mocaer : "Que pouvez-vous nous dire de M. Belkacem ?"
M. Damman : "C'est un homme très gentil, qui a le coeur sur la main."
M. Mocaer : "Vous étiez aussi employé à la Gazonnière ?"
M. Damman : "Oui."
M. Mocaer : "Il avait de bonnes relations avec ses collègues ?"
M. Damman : "Oui, il ne criait jamais."
M. Mocaer : "Et quand vous avez appris ce qui s'est passé ?"
M. Damman : "C'est révoltant, incompréhensible."
Le téléphone du vicomte d'Harcourt se met à sonner et est très vite éteint.

15 h 55 - Florian Fabre, un jeune homme d'une vingtaine d'années, est appelé à barre. Il explique qu'il était un collègue très proche de M. Belkacem.
M. Mocaer : "Est-ce que c'était quelqu'un de consciencieux dans son travail ?"
M. Fabre : "Oui, oui."
M. Mocaer : "Est-ce que c'est quelqu'un de calme ?"
M. Fabre : "Oui."
M. Mocaer : "Vous ne l'avez jamais vu énervé ?"
M. Fabre : "Non, c'était quelqu'un de souriant."
M. Mocaer : "Comment était-il avant les faits ?"
M. Fabre : "Il avait maigri."
M. Mocaer : "Connaissiez-vous ses problèmes familiaux ?"
M. Fabre : "Je savais qu'il habitait chez son fils à Montpellier."
M. Mocaer : "Vous aviez des projets en commun ?"
M. Fabre : "Il m'avait expliqué qu'il avait de la famille en Algérie. Je lui avait dit que j'y irais bien avec lui."

Meziane Belkacem hoche la tête.

16 h 15 - Dernier témoin du procès : Claudine Bonnamy. Elle connaissait M. Belkacem avant les faits.
"M. Belkacem était mon voisin. J'ai toujours eu de bons rapports avec lui", explique-t-elle devant les jurés.
M. Mocaer : "Vous étiez la voisine du couple ?"
Le témoin : "Oui, depuis 2002."
M. Mocaer : "Que pouvez-vous nous dire du couple Belkacem ?"
Le témoin : "Le couple était très discret."
M. Mocaer : "Vous ne buviez jamais un café chez l'un ou chez l'autre, alors que vous étiez voisine de palier ?"
Le témoin : "Non, vous savez, je suis assez sauvage."
Rires dans la salle.
Le président de la cour lui demande si M. Belkacem lui a fait des avances. Elle explique qu'il a effectivement fait des allusions mais que ça n'a pas été plus loin.
M. Mocaer : "S'est-il montré insistant ?"
Mme Bonnamy : "Non."
Ces faits se sont déroulés après la séparation du couple Belkacem.

16 h 30 - Suspension de l'audience. Lundi matin, à 10 h, le président interrogera à nouveau les trois accusés. Le frère de la victime, Jean-Pierre Juan, ainsi que les enfants du couple Bissonnet, Florent et Marc, s'exprimeront devant la cour. Lundi après-midi, place aux plaidoiries des avocats des parties civiles.

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Depuis les assises de l'Hérault, Vanessa ASSE
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
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