Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-02-07 - MidiLibre : Audience n°20 - lundi
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-02-07 - MidiLibre : Audience n°20 - lundi

 
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JFD
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MessagePosté le: Mar 8 Fév - 10:03 (2011)    Sujet du message: 99 11-02-07 - MidiLibre : Audience n°20 - lundi Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/02/07/A-LA-UNE-La-premiere-journee-d…

Édition du lundi 7 février 2011



Photo D. G.


Assises de l'Hérault
Bissonnet craque : "Je vais casser quelque chose !"



EN DIRECT - Première journée de la cinquième et dernière semaine du procès Bissonnet. Il est désormais temps pour les avocats  comme pour les magistrats du ministère public de chercher le mot juste, l’argument imparable. Car désormais, il va falloir convaincre. Ce matin, le président Mocaer va laisser à chacun la possibilité d’interroger les trois accusés.

10 h 12 - La salle est comble, l'audience devrait reprendre d'un instant à l'autre. Le vicomte Amaury d'Harcourt est installé dans son fauteuil. Ses deux co-accusés ne sont pas encore dans le box.

10 h 16 - Reprise des débats.

10 h 22 - "Un énorme mensonge plane sur les débats"
L'intensité émotionnelle est déjà énorme. La parole est donnée aux parties civiles. Et c'est Jean-Pierre Juan qui s'approche du micro. Le frère de Bernadette est convaincu de la culpabilité de Jean-Michel Bissonnet. Il lit un petit texte, la gorge nouée par l'émotion.
 "Tout a été dit, tout est clair. Tous les deux jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Dans cette affaire,  on nous dit que les gendarmes sont des menteurs, que le dossier est vide, que l'assassin avéré est une victime. On veut nous faire passer des vessies pour des lanternes. Un énorme mensonge plane sur les débats, un mensonge insupportable, une négation éhontée, qui va laisser à jamais des familles meurtries, des enfants pétrifiés par le doute. Après le procès, quand on rentrera dans nos foyers, il y aura l'absence d'une maman, d'une fille, d'une soeur, mais on entendra dans nos coeurs le rire de la belle âme qu'était Bernadette".

10 h 28 - Marc Bissonnet  "J'ai un profond dégoût"
Le président invite Marc Bissonnet, le fils cadet de JM Bissonnet, à s'approcher de la barre. Très marqué par les quatre semaines de débats, il éclate en sanglots dès ses premiers mots. Et continue à défendre la cause de son père. Un silence de plomb règne dans la salle.
"Je sais plus quoi vous dire... Je sais même pas si ça sert à quelque chose... Tout est modifié, tout est interprété, voilà... Je suis pas fait pour les mots, je suis dégoûté (il pleure). J'ai un profond dégoût, je ne comprends pas la méchanceté des êtres, on était une famille normale... J'ai tout vérifié depuis trois ans, les comptes, tout... Quand j'entends Belkacem dire que ma mère voulait divorcer... Mais pourquoi acheter Paris s'ils allaient divorcer ? Ils étaient tellement fier l'un de l'autre, jusqu'à un mois avant les faits. Je suis dégoûté, chacun campe sur ses positions, chacun raconte ce qu'il veut, ces cinq semaines de procès n'ont servi à rien".
Dans le box, Jean-Michel Bissonnet pleure et lui lance : "Courage Marc, courage...".

10 h 45 - Marc Bissonnet : "Qui a achevé ma mère d'un coup de fusil ? Qui ?"
Marc Bissonnet continue de parler.  Il sanglote. "J'ai perdu un ange, ma mère, ma vie, mes ambitions, mon innocence, j'ai tout perdu...Et quand on va rentrer dans nos foyers, je me demande si j'ai envie que la vie continue... Oui je suis pour la peine de mort, oui... Je reste à cinq mètres des jurés pour ne pas qu'on me reproche quelque chose... Même en imaginant le pire des scénarios, que mon père est coupable, monsieur d'Harcourt est tout aussi responsable que lui, on inverse les rôles ici..."
Il élève la voix, crie : "Qui a achevé ma mère d'un coup de fusil à terre ?  Qui ? lui ou lui !  Ils ont tiré ! ", hurle-t-il en pointant du doigt le vicomte et le jardinier. "Ici on n'est pas au théâtre, à la comédie française, on parle de la mort de ma mère. Et quand on nous dit mais pourquoi ces deux là mentiraient (d'Harcourt et Belkacem NDLR) , mais pour réduire leur peine, atténuer leurs responsabilités, se faire passer pour des manipulés".

10 h 52 - Florent Bissonnet : "Quand on est au fond du trou, le complot on y croît"
C'est au tour de Florent Bissonnet, le fils aîné, se venir dire sa douleur. Lui aussi est anéanti par ce procès et parle de débats biaisés comme son frère. Ses paroles sont entrecoupées de sanglots. "On fait dire qu'on en veut aux gens, ça me scandalise... Moi aussi je n'ai pas relu mes déclarations...Des gens rigolent parce qu'on évoque un complot, mais quand on est au fond du trou, la théorie du complot, on y croit". "D'Harcourt, il n'est pas en prison, ce n'est pas normal, il est à côté de moi ce n'est pas normal, et son neveu est directeur de l'administration pénitentiaire, on se pose  des questions, pour nous il y a un problème".
"Mon père, il a été noyé, il n'est plus capable de se défendre".
"J'ai encore confiance en la justice, parce que nous avons un jury populaire, c'est ce qui me fait garder espoir".

11 h 15 - La reconstitution.
Les parties civiles ont terminé leurs dernières déclarations. Le président demande s'il y a des lectures ou des actes supplémentaires à effectuer. La cour visionne la reconstitution effectuée à Castelnau-le-Lez. Les images de l'assassinat, selon le scénario du jardinier, sont décortiquées. Me Leclerc fait noter à la cour un geste de Belkacem.

11 h 36 - Le président procède maintenant à des lectures.
Avant de donner la parole aux trois accusés, le président Mocaer effectue des lectures demandées par les avocats.
Notamment un mail entre J.-M. Bissonnet et son fils Marc,après une dispute familiale à Paris, en février 2008. Ou encore une dame qui fréquentait le même club de sport que Bernadette Bissonnet et qui se souvient d'une victime louant ses relations avec son mari.
"Elle était bien dans sa tête, bien dans sa vie".  Les témoignages de deux autres clientes de la salle de sport sont lus : "Bernadette nous parlait souvent en bien de son mari, attentionné".

12 h 08 - La lettre de Bissonnet à son frère
Le président et ses assesseurs poursuivent leurs lectures. Notamment cette lettre de Jean-Michel Bissonnet à son frère. Il critique un de ses ex-avocats, aux honoraires trop élevés et trop impulsif devant le juge. Et continue à s'en prendre à son vieil ami Amaury d'Harcourt.

12 h 28 - Karine la masseuse d'Amaury
Le président lit la déclaration de Karine, bénévole à l'association IVI (invitation à la vie) où elle faisait office de masseuse pour libérer les chakras. "Amaury m'a invité chez lui dans l'Yonne, un premier  week-end. Puis  j'y allais deux fois par mois pendant l'hiver. On priait, on faisait des balades en forêt et j'ai massé à plusieurs reprises Amaury, il m'a fait des petits cadeaux où me payait le billet de train en contrepartie. Mais je n'ai jamais été la  maîtresse d'Amaury, on faisait toujours chambre à part, il est trop âgé pour moi".

12 h 33 - Belkacem exprime ses regrets
Les différentes parties n'ont plus de lecture ou de scellés à regarder. "Monsieur Belkacem,vous l'avez compris, on arrive à la fin des débats. Qu'avez-vous à dire ?" interroge le président Mocaer.
"J'ai rien à dire, à part exprimer mes regrets" répond l'accusé.

12 h 34 - D'Harcourt : "Que Jean-Michel dise la vérité qu'il n'a jamais acceptée" 
"Monsieur d'Harcourt, de votre côté, voulez-vous ajouter quelque chose ?" demande le président. Le vicomte se lève.
 "Je souhaiterais maintenant que Jean-Michel  dise la vérité, vérité qu'il n'a jamais acceptée. J'ai reconnu mon rôle que je regrette à chaque instant. Je l'ai fait je sais pas bien pourquoi, je l'ai fait par amitié, je connaissais pas Belkacem. Jean-Michel a été très proche de moi pendant des années, quand il m'a demandé de venir le mardi à Montpellier, je suis arrivé le mardi, nous sommes partis ensemble et il m'a fait part de son projet et m'a fait l'éloge de Belkacem. Il m'a fait venir pour dire à Belkacem que s'il faisait quelque chose de pas correct, je serai là pour le surveiller. Et puis j'ai récupéré le fusil. Jean-Michel m'avait dit "surtout il faut récupérer le fusil, je ne veux pas que Belkacem s'en serve contre moi".
"Je comprends pas pourquoi Jean-Michel a voulu faire ça.  Ils s'aimaient beaucoup avec Bernadette.  Il était un peu comme un enfant qui craint sa mère, il avait des moments de révolte. J'étais pris entre l'amitié la crainte et l'horreur de ce qui pouvait se passer. J'aurais du alerter Bernadette,je ne l'ai pas fait, c'est mon grand regret".

Monsieur d'Harcourt, vous dites avoir agi par amitié expliquez vous ?" demande un juré.
"Oui, j'ai agi par amitié,  en allant dans le garage et en récupérant l'arme".
"Vous redoutiez quelque chose ?"
"Je ne redoutais rien, non je ne redoutais rien".

12 h 45 - Jean-Michel Bissonnet : "Bientôt, on va pleurer sur le sort de d'Harcourt"
La parole est donnée en dernier à Jean-Michel  Bissonnet. Qui s'en prend à son beau-frère Jean-Pierre Juan, qu'il estime manipulé par ses avocats. Tous les coups sont permis dans ce procès, même les plus bas, c'est stérile et ça sert à endormir les jurés sur des détails qui n'en sont pas."La lettre qu'il a lu ce n'est pas son style. Dans ce dossier, les juges ont été trompés parce qu'ils ont trop de travail et qu'ils font confiance à ceux qui les renseignent. Le procureur aussi a été trompé. Bientôt, on va pleurer sur le sort de D'Harcourt... Il suffit qu'il dise que je suis le commanditaire, le coupable pour qu'on le croît alors qu'il a changé sept ou huit fois de version. Comment j'aurais pu toucher un seul cheveu de Bernadette ? Bernadette, on était amoureux, je l'aimais. On n'a pas assez insisté dans ce procès sur le fait que j'aimais Bernadette, parce que mes avocats parlaient en dernier, en fin d'après-midi et que les jurés étaient fatigués. Ici, c'est le théâtre et les avocats de la soit-disant partie civile rajoutent du piment, du piment rouge même" conclut l'accusé en s'en prenant aussi une nouvelle fois à la presse.

12 h 50 - Audience suspendue jusqu'à 14 h 30.

14 h 36 - Place aux parties civiles.
L'audience est sur le point de reprendre. Des dizaines de personnes se sont massées dans la salle. Les débats sont terminés et les trois avocats de la partie civile vont prendre la parole.

14 h 38 - Me Chalié se lève.
Raphaële Chalié, l'avocate des deux fils de Jean-Michel Bissonnet , et de Pierre Juan, le père de Bernadette, qui croient en l'innocence de Jean-Michel Bissonnet, se lève.
"J'ai tellement de choses à vous dire, parce que ce procès est hors norme à plus d'un titre. Mesdames messieurs des jurés, votre travail va être très important..."

"Quel paradoxe :  un homme qui est décidé à tuer celle qu'il aime ? Jean-Michel Bissonnet vous êtes accusé d'avoir voulu faire exécuter notre mère, notre fille. Vous devez vous forger une intime conviction. Ceux que je représente, ils ont cherché cette vérité, ils se sont posés des questions, ils se sont forgés leur conviction. Ils n'ont eu d'autre choix que de voir, compulser ce dossier page après page, nous l'avons fait ensemble. Mesdames, messieurs du juré, si vous n'aviez pas assisté au procès, si vous n'aviez lu que les journaux, vous n'auriez pas d'état d'âme : Jean-Michel Bissonnet est coupable. Nous allons essayer de déterminer quel a été le rôle du jardinier et du vicomte. on parle de la vérité du jardinier, on devrait plutôt parler des mensonges du laveur de carreaux...".

"Est ce que vous êtes crédible monsieur Belkacem ? Non !"
"Est-ce que vous êtes crédible monsieur Belkacem quand vous accusez Jean-Michel Bissonnet ? Non ! Vous dites "elle était gentille madame bissonnet", mais ça ne vous a pas empêché de relever le canon vers elle. Vous avez tiré un coup, pourquoi ne vous êtes vous pas arrêté ? Vous avez donné le coup de grâce, alors qu'elle tentait de se relever, ça ne vous a pas fait réfléchir monsieur Belkacem. Le deuxième coup est parti et vous l'avez tué".
Et vous dites que si vous avez accepté de faire ce que Jean-Bissonnet vous demandait, c'est parce que vous l'admiriez. Mais voyez-vous monsieur, deux témoins sont venus dire que non. Revenons à la réalité du dossier ! Jean-Pierre et Dominique Juan disent que Belkacem aimait Bernadette mais moins Jean-Michel. Vous l'aimiez moi monsieur, c'est tellement pratique cette admiration ! Non, il n'y avait pas d'admiration au point que vous fassiez cet acte".
Me Chalié continue de stigmatiser le rôle de Belkacem.
"Et la cartouche, vous l'avez touchée, ce n'est pas dans votre version ? Pourquoi ? Mensonge, mensonge ! Dans vos déclarations à géométrie variable, sur votre positionnement au moment des tirs, vous changez de position !".

Me Chalié poursuit depuis une demie heure son réquisitoire contre le jardinier en énumérant les soit-disant mensonges de Méziane Belkacem. Avant de s'en prendre à d'Harcourt.
"Et le prêt, on en parle monsieur Belkacem ? Ce prêt c'est un excellent mobile, ce prêt que l'on vous refuse. D'Harcourt va soutenir jusqu'au bout cette histoire de prêt refusé  même si dans la journée il dis blanc et noir, la veille gris, monsieur d'Harcourt sait parfaitement ce qu'il dit. Mais il a du mal à assumer certaines choses dans ce scénario. Ce prêt vous l'avez voulu monsieur Belkacem, mais il y avait Bernadette Bissonnet, l'obstacle à ce prêt".

"D'Harcourt et Belkacem ont intérêt à mentir"
L'avocate des fils de Bissonnet, pourtant partie civile,  continue son travail de sape pour établir une supposée complicité entre le jardinier et le vicomte.
"Monsieur Belkacem,  va falloir que vous acceptiez votre part de responsabilité entière. Non seulement vous avez tué cette femme, mais vous accusez son mari et vous faites en sorte que ses enfants puissent faire leur deuil. Quel intérêt auraient-ils à mentir Belkacem et d'Harcourt ? Ils ont intérêt à mentir, à faire cause commune à passer pour des manipulés de cet homme, monsieur Bissonnet, oui il est antipathique je l'ai dit. Mais quel degré de crédibilité peuvent-ils avoir ? Aucun".

15 h 24 - Haro sur le vicomte.
Me Chalié s'attaque maintenant à Amaury d'Harcourt.
"Qui est derrière ce masque ? Vous n'avez aucun trouble de mémoire monsieur d'Harcourt. Votre fille Diane dit de vous que vous êtes un sac à poison ! Sa stratégie c'était de vous faire passer comme fou, car il vaut mieux un fou qu'un co-assassin ! Ce n'est pas un de mes témoins qui dit qu'Amaury d'Harcourt était le conseiller spécial  des chasses présidentielles sous Giscard d'Estaing.   Cet homme qui reconnaît sa participation à un assassinat reste sous contrôle judiciaire ? Oui, mes clients se sont posés mille et une question sur vous".
Hypothèse : vous vous inventez une vie où dans ce monde aristocrate où les lois de la République s'arrête à l'entrée du château, ce mensonge a un fond de vérité. Comme vous n'êtes pas à une pirouette près, vous dites non je n'ai pas tué huit personnes mais onze, en parlant de seconde guerre mondiale, mais de qui se moque-t-on ?".

"D'Harcourt a un intérêt évident à voir disparaître Bernadette : l'argent".
"Monsieur d'Harcourt, vous savez exactement ce que vous faites, ce que vous avez fait. Dans la version présentée par Belkacem, à laquelle s'est ralliée monsieur d'Harcourt après de multiples hésitations, des choses ne collent pas. Pourquoi monsieur Bissonnet aurait-il eu besoin de Belkacem et d'Harcourt pour faire tuer sa femme ? Pourquoi ? D'Harcourt a un intérêt évident à voir disparaître Bernadette : l'argent. Bernadette c'est un obstacle au portefeuille de monsieur Bissonnet".

15 h 57 "Aucune certitude concrète pour dire "mon père est coupable"
Me Chalié rappelle la position de ses clients.
"Quelle est la position des enfants et du père de Bernadette à ce jour : ils cherchent en permanence la vérité. Les enfants ne sont pas dans le déni de la responsabilité de leur père. Il serait plus simple d'avoir des points d'encrage sur la culpabilité de leur père, plutôt que de rester sur ces points d'interrogation, Ce qui est vertigineux à vivre, c'est qu'ils n'ont pas trouvé la moindre certitude concrète, palpable qui leur permette de dire, notre père, mon gendre, est coupable. Et ce qui est encore plus redoutable, quand on ne trouve pas d'élément matériel, c'est que l'on a au moins un mobile. Mais pourquoi Jean-Michel Bissonnet aurait fait tuer sa femme  ? C'était un couple uni, heureux, qui s'aimait, avec deux caractères trempés, mais qui se  boostaient l'un l'autre.
 Ils ont le  sentiment que leur père est détruit par ces mois d'incarcération, broyé par la machine judiciaire. En dehors de ces deux accusations de personnes qui ont intérêt à mettre en cause Bissonnet, il n'y a pas grand chose dans ce dossier".

Raphaële Chalié balaie les différentes hypothèses qui auraient pu inciter Jean-Michel Bissonnet à organiser le crime de son épouse.
La décoration, les caprices de Bernadette, le comportement bizarre de monsieur Bissonnet, Non, pour l'avocate, aucune de ces explications ne tient. 
"On lui reproche d'être allé voir Bienvenue chez les Ch'tis avec ses enfants ? Mais Laissez leur le droit de pleurer leur mère, leur femme ! Vous comment allez vous vivre la perte d'un être cher ?".

16 h 17 - "Vous ne pouvez pas vous contenter d'une analyse du tréfond du subconscient de monsieur Bissonnet"
La fin de la plaidoirie approche. Me Chalié insiste toujours sur la question du mobile et rappelle que l'expert en criminalistique n'en a pas trouvé ou presque.
"Il a dit que lorsque l'on a n'a pas de mobile, il faut aller chercher dans le subconscient, une crise dans le couple qui n'arrivait pas à suinter, un divorce qu'on ne peut pas accepter parce que soit disant, comme dit la chanson "dans ces familles là, on ne divorce pas". Mais vous ne pouvez pas vous contenter d'une analyse du tréfond du subconscient de monsieur Bissonnet pour le condamner !".

16 h 30 - "si vous avez un doute, votez blanc"
L'avocate termine son intervention et demande aux jurés de prendre leurs responsabilités.
"Vous devez à la mémoire de Bernadette de ne pas provoquer un autre cataclysme, vous ne pouvez pas condamner sur des hypothèses. Si vous avez un doute, ou des doutes, si vous vous dites : "je ne sais s'il est coupable", il existe une troisième voie, vous votez blanc, ça ne sera pas comptabilisé pour la culpabilité. Vous avez le droit, il n'y a pas de verdict utile, vous le devez à ces enfants.Je vous supplie de faire très attention à la façon dont vous allez voter. Leur deuil ne sera possible que lorsque vous aurez décidé de leur sort".

16 h 32 - L'audience est suspendue 15 minutes.

16 h 56- Reprise. Me Abratkiewicz prend la parole.
 L'avocat défend les intérêts de Jean-Pierre Juan, le grand frère de Bernadette, persuadé de la culpabilité de Jean-Michel Bissonnet.
"Il est venu défendre sa petite soeur. Je ne suis ni la défense, ni l'accusation, je ne vous demanderais ni de condamner, ni d'acquitter" précise l'avocat, qui prend le contre-pied de Me Chalié.
"Jean-Pierre Juan n'a pas accepté que le prix de la réconciliation  empêche que la justice ne condamne tous les acteurs de cet horrible assassinat. Jean-Pierre Juan est devenu le traître, l'ennemi qui participe au complot, à partir du moment où il s'est constitué partie civile. La décision qui sera rendue ne pourra satisfaire personne et surtout pas Jean-Michel Bissonnet".

17 h 06 : "on ne peut pas entendre cette vérité : "papa a tué maman"
"Quand la défense n'a plus rien  à dire, on brandit le spectre de l'erreur judiciaire : gendarmes menteurs, juges à charge... Ce dossier n'est pas vide, les charges sont lourdes, évidentes, le problème c'est que certains débordent d'un amour qui les aveugle, on ne peut pas entendre cette vérité : "papa a tué maman", mais on n'aura pas d'autre vérité. Moi, le grand frère, il est hors de question que je ne vois pas tous ces éléments".

Me Abratkiewicz s'attache à démontrer que rien n'a pu s'organiser sans Jean-Michel Bissonnet. "C'est impossible, c'est impensable que  d'Harcourt et Belkacem aient organisé tout cela, sans le maillon fort, c'est impossible si l'on enlève Jean-Michel Bissonnet".
 Il y a des dates clés. Le 11 mars où monsieur Belkacem vous tuez Bernadette. Et puis ces minutes qui suivent la découverte du corps.Cette émotion est-elle sincère lorsque l'on fait des gestes surprenants ?"  poursuit le  pénaliste, en décortiquant le comportement de Jean-Michel Bissonnet le soir du drame.

 17 h 25 : Bissonnet craque. "Putain c'est pas possible ces conneries !" L'audience est suspendue.
La plaidoirie de Me Abratkiewicz est interrompue au bout de vingt minutes. Jean-Michel Bissonnet a quitté le box.
 Alors que l'avocat souligne le comportement de Bissonnet le soir du drame, l'accusé s'entretient avec ses avocats qui tentent de le calmer. Et soudain, c'est un éclat de voix d'une intensité jamais entendue pendant les débats. L'accusé se lève, hurle en coupant celui qu'il ne supporte pas depuis le début du procès, lorsque l'avocat se demande pourquoi Bissonnet a appelé d'Harcourt le 12 mars à 4 h 17.

"Je vais casser quelque chose ! Je vais casser quelque chose !"
" Putain c'est pas possible ces conneries ! C'est pas possible d'entendre ça !" hurle l'accusé en tapant du poing.
"Monsieur Bissonnet, vous allez écouter la partie civile !" tonne le président Mocaer.
"Je peux pas entendre des mensonges ! Je vais casser quelque chose, je vais casser quelque chose !"
"Vous ne devez pas interrompre la partie civile" poursuit le président.
Vous voulez que je devienne fou ? Je peux pas entendre des saloperies pareilles !  J'ai déjà foutu ma vie en l'air avec tout ça. Laissez moi sortir où je vais casser quelque chose ! Il faut que je casse ou que je sorte ! Vous voulez que je me tue devant tout le monde ? Je préfère sortir ! "
L'esclandre de Bissonnet se finit lorsqu'il quitte bruyamment le box. Le président décide de continuer les débats.
Son avocat Me Leclerc demande une suspension pour tenter de raisonner son client. L'audience est suspendue.
Jean-Michel Bissonnet va-t-il continuer à assister aux plaidoiries ?

17 h 46 - Les débats sont toujours interrompus. Toutes les parties discutent du coup d'éclat de Bissonnet, de ce coup de colère d'une rare intensité.

18 h 03 - Toujours pas  de reprise. Les avocats attendent la reprise des débats. Une plaidoirie pourrait être reportée à demain suite à cet incident.

18 h 13 - L'attente continue. JM Bissonnet n'assisterait plus aux débats.
La cour n'est toujours pas revenue. Un huissier serait attendu pour constater que Jean-Michel Bissonnet n'assiste plus aux débats, avant que Me Abratkiewicz ne poursuive sa plaidoirie. Il semble acquis que Me Phung, le second avocat de Jean-Pierre Juan n'interviendra que demain matin. Les débats en seront d'autant plus retardés. Le procès ne pourrait donc finir que jeudi.

18 h 51 - L'huissier n'est toujours pas là. Tout le monde attend la reprise.

19 h 04 - Les débats vont bientôt reprendre. Selon nos informations, l'huissier a rencontré Jean-Michel Bissonnet. Ce dernier refuse d'assister aux plaidoiries.

19 h 06 - reprise. "Les débats vont se poursuivre en l'absence de Jean-Michel Bissonnet".
Les débats reprennent après une heure et demie d'interruption. Le président Mocaer prend la parole : "j'ai mandaté un huissier de justice qui a délivré une sommation interpellative d'assister à l'audience à Jean-Michel Bissonnet. Il a refusé en disant qu'il ne supporte plus les mensonges. Je ne vais pas utiliser la force publique pour le faire venir. Les débats vont se poursuivre ce soir en l'absence de Jean-Michel Bissonnet".
Me Abratkiewicz s'apprête à poursuivre sa plaidoirie.

19 h 15 - "Jean-Michel Bissonnet n'a jamais voulu entendre la vérité".
L'avocat reprend le fil de ses explications.
"Bissonnet dit qu'il ne supporte plus les mensonges, mais il n'a jamais voulu entendre la vérité. Je vous parlais du soir du crime.
 Bissonnet ne dit même pas à son meilleur ami que sa femme a été assassinée. Et  ce qui a choqué mes clients c'est que très vite Belkacem est désigné comme l'unique coupable. Mais pourquoi ne donnez le numéro de Méziane si tard ? Pourquoi faire reculer la date d'audition de Belkacem ? Pourquoi a-t-il effacé le numéro de Belkacem ? Pourquoi se servir de lui ?".

 "Ce qui est choquant ce n'est pas "Bienvenue chez les Ch'tis"
Me Abratkiewicz développe la période entre l'assassinat et le 20 mars 2008, date de l'arrestation de Belkacem.
"Ce qui est choquant, ce n'est pas d'aller voir "Bienvenue chez les Ch'tis" c'est de dire six jours après le meurtre, à l'amie de Bernadette : "je vais refaire ma vie, la roue tourne".

"Comment Belkacem sait-il que le chien ne sera pas là ?"
L'avocat revient sur les déclarations du jardinier en garde à vue qui accuse Bissonnet. "On y apprend le prix du contrat, 30 000 €, avec les étrennes de Bernadette. Croyez-moi, si Belkacem ne s'était pas blessé, c'était le crime presque parfait. Et comment Belkacem sait-il que le chien ne sera pas là ? Et que Bissonnet appelera sa femme ?  Comment il le sait ?".

"Hypothèse farfelue".
Le défenseur de Jean-Pierre Juan, pourtant partie civile, entreprend maintenant de démonter une éventuelle alliance entre le vicomte et le jardinier. "C'est une hypothèse farfelue. Ils auraient tout organisé en quatre, cinq minutes le jour du crime ? Ils se seraient rencontrés avant, alors que les gendarmes n'ont rien trouvé ? Je vais faire de la justice de classe : je vois mal Belkacem boire le thé avec le vicomte et discuter d'un plan criminel".

Me Abratkiewicz charge Bissonnet  : "il ne peut avouer l'inavouable".
Pour la fin de sa plaidoirie, l'avocat de Jean-Pierre Juan, charge Bissonnet.
"Il y a quand même ce coup de fil qu'il passe du restaurant à d'Harcourt, le 9 mars, pour le faire venir, le destin de Bernadette va être scellé alors qu'elle déjeune avec ses amis (...).
 Belkacem a assumé, il me paraît sincère. D'Harcourt est moins franc, il a souillé son âme, il a vendu son âme. Mais on a un troisième accusé qui ne veut pas regarder la vérité, qui se bat contre la vérité, qui remonte le sens de la vérité à contre sens. Mon client sait qu'il n'y aura jamais d'aveux de Bissonnet. Mais il renvoie Bissonnet à son destin, aux yeux de Bernadette.  Car la première chose qu'il a faite en découvrant le corps de sa femme, c'est de couvrir son visage, les yeux de sa femme, ceux de sa culpabilité, de son âme. Il ne peut pas avouer l'inavouable".

19 h 55 - L'audience est suspendue.
L'audience se termine. Elle reprendra demain matin à 9 h avec la plaidoirie de Me Phung, le second avocat du frère de Bernadette. Personne ne sait si Jean-Michel Bissonnet acceptera de revenir assister à la fin des débats.


Yanick PHILIPPONNAT
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


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