Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-02-07 - France3 : Audience n°20 - lundi
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
Ce forum a été fermé le 9 septembre à la demande des enfants de Jean-Michel Bissonnet - vous pouvez néanmoins continuer à vous inscrire
 
 FAQ  Rechercher  Groupes  Membres  Profil  Se connecter pour vérifier ses messages privés  S’enregistrer  Connexion
99 11-02-07 - France3 : Audience n°20 - lundi

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum -> Le Procès Janvier 2011 -> Revue de presse janvier 2011
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
JFD
Lecture

Hors ligne

Inscrit le: 28 Juin 2009
Messages: 403
Localisation: Région de Grenoble

MessagePosté le: Mar 8 Fév - 10:05 (2011)    Sujet du message: 99 11-02-07 - France3 : Audience n°20 - lundi Répondre en citant

http://languedoc-roussillon.france3.fr/proces-bissonnet/index.php?page=arti…

Bissonnet quitte l’audience à 17 h 20.
Le président de la Cour d’assises donne une dernière fois la parole aux parties civiles ce lundi matin. Le témoignage de Marc, le fils cadet est particulièrement émouvant. "Qui a achevé ma mère à terre, lui ou lui ? Il désigne d’Harcourt puis Belkacem." Le fils cadet exprime son dégoût et se demande à quoi ont servi ces 4 semaines de procès. Son récit est entrecoupé de longs silences et de sanglots. Florent Bissonnet exprimera les mêmes doutes. Il est outré qu’on pense que les témoignages en faveur de son père aient pu être considérés comme truqués. L’après-midi Me Chalié avocate des enfants demande aux jurés le bénéfice du doute pour Bissonnet. A 17h20 pendant la plaidoirie de Me Abratkiewicz, Bissonnet craque, hurle, ne veut plus écouter "toutes ces saloperies". Il menace de tout casser. Le président suspend. Le procès continue sans lui. Compte rendu de Laurence Creusot.



10 h 00 Seul Amaury d’Harcourt est arrivé. On attend les deux autres accusés Bissonnet et Belkacem qui sont extraits de la maison d’arrêt de Villeneuve-les-Maguelone.
10 h 16 L’audience est reprise
Le président Mocaer demande à Jean-Pierre Juan de s’approcher de la barre afin de compléter sa déclaration. le frère de Bernadette lit le texte qu’il a préparé.

"Tout a été dit, tout est clair, nous sommes face à un drame presque normal"
"Tout est perverti les gendarmes etc...
Il reprend le scénario décrit par Bissonnet et pose ce constat :"le courage fait défaut, une réalité nous glace, un mensonge est présent tous les jours pendant 5 semaines, une manipulation de tous"
Le frère de Bernadette poursuit la lecture de sa déclaration et parle "d’enfants pétrifiés dans le doute". Il explique qu’après ce procès, chacun repartira dans ses foyers et qu’il restera "l’absence immense d’un être cher".

10 h 21 Marc Bissonnet est à la barre
"Je ne sais pas si cela sert à quelque chose de faire cela"."Tout est interprété, tout est modifié".Marc pleure. "Je suis dégoûté."
"Lui va reprendre sa vie et il nous laissera dans la merde" il parle de Jean-Pierre Juan, le frère de Bernadette, son oncle, qui vient de témoigner.
 "Ces 5 semaines de procès c’est horrible, je ne peux pas comprendre la méchanceté des êtres" poursuit Marc dans un sanglot.
De longs silences ponctuent le récit du plus jeune des fils Bissonnet. Il parle de sa mère qu’il appelait souvent. De ses parents aimant. De son père entrepreneur.
"Ils étaient complémentaires sur tout".Bissonnet, dans le box semble meurtri.
 Le fils cadet a de plus en plus de mal à parler se retourne avec colère vers d’Harcourt : "Mais qu’on dise la vérité, c’est une honte".
Il se dit dégoûté de l’image du bon papy que donne le vicomte. Selon lui le vicomte a divorcé parce qu’il ne supportait plus les enfants de son épouse. D’’Harcourt assis à quelques centimètres, ne bouge pas.

Il
Marc dit ne plus supporter plus la vision des 2 hommes qui accusent son père, particulièrement, celle du vicomte que sa mère n’aimait pas.
De façon lancinante Marc pleure la vie passée, la vie heureuse d’avant.
Après un grand silence, Marc se demande une nouvelle fois, à quoi à pu servir ces 4 semaines de procès. "Chacun campe sur ses positions, chacun dit ce qu’il veut" Il met en cause des témoignages préparés.
"Mon père n’est le plus le même, j’ai honte de lui parfois. Ce n’est plus celui dont j’étais fier." Le père Bissonnet pleure en se tenant la tête.
"Quoiqu’il arrive je suis dégoûté. C’est à se demander si j’ai encore envie de vivre". crie Marc dans une longue plainte. Des gens pleurent dans le public. 
Puis dans un accès de rage, il pointe son doigt vers les accusés : "Qui a achevé ma mère à terre, lui ou lui ? Il désigne d’Harcourt puis Belkacem. Ils ont tiré une 2ième fois, une 3 ième fois."" Ma vie est foutue à jamais."
"Ici on est pas au théâtre poursuit-il, c’est de notre vie, celle notre mère dont on est en train de parler."

Marc dit que d’Harcourt joue un rôle. Pour lui, le vicomte est autant responsable. Il ne croit pas que son père a manipulé d’Harcourt. "On inverse les rôles ici." Les autres accusés mentent, selon lui, pour diminuer leur peine.
Marc demande aux jurés de juger sur les faits et non pas à travers des interprétations.
La salle est silencieuse, comme sonnée par cette longue plainte entrecoupée de manifestations de colère.

10 h 50 Florent Bissonnet reprend la parole
Le frère aîné parle du même dégoût quand on dit que les témoins favorables à son père, ont été manipulés. " Mais moi non plus je n’ai pas relu ma déposition" Il pleure. "On est assez au fond du trou sans en rajouter."

Il déplore ce que l’on raconte sur ses parents : "un couple heureux paraît suspect."

Florent en vient à d’Harcourt qui comparaît libre  : "Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, il n’est pas en prison.""Il est assis à côté de moi". Là ,Florent s’effondre en pleurs. " J’ai croisé d’Harcourt dans la rue, ce n’est pas le même. Nous, on est honnête, on a rien fait".
Il reparle du sondage : "On a fait cela parce qu’on ne savait plus quoi faire." (pour faire sortir son père de prison).
Il regarde son père : "Cet homme a été broyé par le deuil et la prison. Chaque fois qu’il parle, il dit des conneries". Son père cache sa tête dans ses mains dans le box.
Il pleure à son tour le passé. "On était heureux".
Florent parle de son petit garçon qui n’a pas vu son grand-père. Et conclut en disant qu’il a tout de même confiance en la justice.
La salle est parfaitement silencieuse, très secouée par ses deux interventions.

11h20 Le président reprend, photos à l’appui tout le scénario de l’assassinat tel que décrit par Belkacem.
Les photos de la reconstitution sont projetées aux jurés.

On s’arrête sur la deuxième marche de l’escalier d’où Belkacem dit avoir tiré deux fois sur Mme Bissonnet.
Lecture d’un mail entre Bissonnet et son fils Marc. Nous sommes après une dispute sévère au restaurant. Bissonnet rassure son fils :"cesse de douter de nous."Il demande à son fils un peu d’humilité, de retenue, de courtoisie.""Tu veux tout le temps en remontrer aux autres".
Le président lit différents témoignages à la demande des avocats des parties civiles et de la défense.
12 h 09 Lecture d’un courrier de Bissonnet à son frère Jean-Marc.
Bissonnet se plaint de l’avocat Darrigade qui demande trop d’argent, a un bilan négatif et est moins bon que Me Catala. Bissonnet parle de son hypothèse balistique, de la présence de trois bourres donc de trois cartouches. "J’ai souvent raison"
Il parle des 80 témoignages en sa faveur, de la volonté de d’Harcourt de passer pour "barjot". Il se plaint d’avoir 4 mois de retard dans la transmission de son dossier. Bissonnet décrit d’Harcourt comme un menteur, un homme qui a trompé toutes ses femmes. "C’est un proxénète".
Bissonnet parle de son état en prison. Des médicaments qui l’abrutissent" Si je tombe sur un arabe, un jeune escroc, je suis cuit". Bissonnet parle ainsi de son futur co détenu.
Dans un autre courrier  :

"Au début, ils étaient sûrs que c’était mon fusil, mon 16" "Si tu voyais les énormités qu’ils sortent". Bissonnet critique l’enquête. " Pourquoi j’aurais tuer ma femme dans cette maison de rêve. Pourquoi j’aurais demandé à Amaury de faire 1 500 kms ?" Et un peu plus loin. " Les gendarmes ont complètement merdés."
Dans un autre courrier :
Bissonnet parle de Belkacem comme " l’arabe de service, comme nous les connaissons". Il s’étonne que les enquêteurs se basent sur le témoignage de Méziane Belkacem. Il fait référence à ses origines pied-noir."Nos parents ont construit un pays, qu’on nous a volé".

12 h40 La parole aux accusés. Comme le président l’avait indiqué, chacun des accusés peut de nouveau s’exprimer.

Belkacem dit juste qu’il s’excuse qu’il regrette : "je veux exprimer mes regrets à tous ceux qui sont là."
D’Harcourt souhaite que Bissonnet accepte enfin de dire la vérité, il fait référence à l’intervention émouvante de Marc Bissonnet, le fils cadet.
D’Harcourt reconnaît de nouveau son implication avant le meurtre et quand il a jeté le fusil, après.Il devait faire peur à Belkacem en se faisant passer pour un agent secret.
"Je ne sais pas très bien pourquoi j’ai fait cela " avoue le vicomte. Il évoque l’amitié de Bissonnet.
"Il voulait absolument que Belkacem ne se serve pas du fusil contre lui". Ce qui expliquerait qu’il soit revenu pour jeter l’arme dans le Lez.
Il reconnaît avoir menti au départ. "je ne savais plus où était la vérité"."Depuis 3 ans, je suis perturbé, je suis ému".
"Mon regret c’est de n’avoir rien dit à Bernadette" conclut le vicomte. 

Bissonnet se lève à son tour

"Je veux commencer par l’attaque de mon beau frère.C’est scandaleux, c’est un courrier qu’on lui a dicté. Cette partie civile, je me demande pourquoi elle existe encore. C’est de la haine qui est développée".

Bissonnet met en cause les gendarmes,les juges, et les expertises sur l’i phone.
"Tous les coups sont permis, dans ce procès, même les plus bas. C’est stérile. Ca sert à endormir les jurés sur des détails qui n’en sont pas. On me demande de redire des choses qui remontent à mars 2008".
"Cela tourne au théâtre, de la part des avocats. Mes avocats ont parlé en dernier."Il se plaint. Ses avocats n’ont pas eu assez de temps. Les jurés étaient fatigués.
"Il est aberrant de dire que j’ai pu toucher un cheveu de la tête de Bernadette. Bientôt on va pleurer sur le sort de d’Harcourt. Il a eu 7 ou 8 versions générales."
"Bernadette : j’étais amoureux d’elle, les gendarmes voulaient prouver le contraire. Si j’avais confiance en Belkacem, je n’avais pas besoin de faire descendre d’Harcourt à Montpellier."
"Les témoins disent tous que ce n’est pas possible".
"Quand Belkacem est en difficulté, on vient à son secours". regrette Bissonnet

"On ne parle pas beaucoup de l’amour que j’avais pour Bernadette. Tous les articles de presse tournent en ma défaveur. Est-ce qu’un homme est humain quand il assouvit ses passions devant l’arène ? termine-t-il en parlant de d’Harcourt et de son amour pour la corrida. Son discours est complètement décousu.

Ce sera la dernière phrase de Bissonnet.

L’audience suspendue à 13 h 00 reprendra à 14 H 30.
14 h 32 Reprise de l’audience par la plaidoirie de Me Raphaëlle Chalié qui représente les fils Bissonnet et leur grand-père Pierre Juan.
Me Vérine indique juste auparavant que Jean Michel Bissonnet qui s’est constitué partie civile, poursuit messieurs Belkacem et d’Harcourt pour assassinat.
"Vous allez travailler sur l’humain et le subconscient." Dit Me Chalié aux jurés. Elle rappelle qu’il s’agit de juger un homme qui est décidé à tuer de sa femme. Elle regarde Jean-Michel Bissonnet :" Vous êtes accusé d’avoir commandité l’assassinat de notre mère, de notre fille".
Me Chalié parle de la recherche de vérité de ses clients. "Jusqu’à ces dernières minutes". Elle explique qu’ils sont convaincus de la culpabilité des deux autres d’Harcourt et Belkacem. Elle évoque le poids de la détention de leur père. Le travail page après page sur le dossier. Elle évoque la version accusatrice de la presse.
"Les certitudes dans ce dossier : nous avons deux coupables."
"La vérité du jardinier, il faut plutôt parler des mensonges de Belkacem". Me Chalié se demande qui est Belkacem ? Doux, tranquille, qui oublie tout quand c’est trop dur. "Est-ce que vous êtes crédible , M. Belkacem ?
Me Chalié relate la mort de Bernadette Bissonnet en criant : "Elle n’était pas morte pourquoi avez-vous encore tiré ? et le coup de grâce ? Le deuxième coup est parti alors qu’elle tentait de se relever. Il y a la trace de son bras en sang sur le mur."
15 h 00 Les mensonges de Belkacem.
Me Chalié ne croit pas à la thèse de l’admiration du patron, de Bissonnet, au point de faire n’importe quoi. Premier mensonge. Elle évoque ensuite la cartouche où sont présentes les traces d’ADN de Belkacem. "Ce n’est pas votre version, mensonge !"."Où étiez-vous M. Belkacem quand vous tirez ?" Me Chalié explique que Belkacem, qui dit être resté sur l’escalier, s’est déplacé ce soir-là pour tirer une seconde fois, pour achever Bernadette. Et le code du portail ? "Je l’ai oublié dites-vous, le jury appréciera".
Me Chalié parle encore de mensonge sur la conduite du véhicule Rav 4 à la demande de Belkacem. Cela permet de justifier la présence des empreintes dans le véhicule. "Et le prêt qu’on vous refuse ? Cela ferait un excellent mobile". "Le prêt a existé parce que vous vouliez acheter une voiture, elle était déjà réservée. Mais Bernadette était un obstacle". (Belkacem a toujours dit ne pas avoir demandé d’argent).

"Non seulement vous avez tué sa femme, mais vous accusez le mari et vous empêchez ses enfants de faire leur deuil M. Belkacem".
Me Chalié en vient à la version Bissonnet coupable. L’avocate regarde en face Bissonnet et lui dit : "Que vous vous défendez mal M. Bissonnet avec votre côté soupe au lait". Elle ajoute que ses fils le reconnaissent aussi.
Pour Me Chalié, il existe un point commun entre Belkacem et d’Harcourt. Ni l’un, ni l’autre n’ont manifesté de regret spontanément. "Pour vous la victime est neutre".

15 h 26 D’Harcourt selon Me Chalié.
"Vous avez l’art de la parole, une civilité excessive. Vous vous contrôlez en permanence. Vous n’avez aucun trouble de la mémoire." dit l’avocate Raphaëlle Chalié.

Me Chalié note une seule colère en 4 semaines de la part de d’Harcourt quand il est question de montrer à Belkacem comment tirer il s’énerve en disant :" mais il sait tirer, il a fait l’armée.
Me Chalié évoque les phrases terribles de sa fille Diane dans une écoute téléphonique. "Pourquoi tant de haine ? Elle décrit un sac de poison."L’avocate cite une autre phrase de sa fille et d’Harcourt rougit."Il vaut mieux avoir un aïeul fou, qu’un aïeul coassassin".
L’avocate s’étonne du traitement de faveur. Pourquoi le laisser en liberté ? Le vicomte mis en examen ne peut se déplacer ? Alors que huit jours avant , il fait la route seul vers Montpellier. pour Me Chalié, D’Harcourt a bénéficié du certificat médical de son médecin traitant.
Me Chalié revient ensuite sur "cette aristocratie qui repousse les lois de la République aux portes du château". Des mensonges du vicomte sur sa vie, le nombre d’allemands tués pendant la guerre, les chasses présidentielles. L’avocate met en cause les témoignages des membres de la secte IVI.
15 h 43 Les mystères du scénario selon Me Chalié
L’avocate des fils Bissonnet plaide depuis plus d’une heure en faveur de la thèse d’une double culpabilité d’Harcourt, Belkacem.

" Et où passée la cagoule. Une cagoule , on en a besoin pour un crime crapuleux."
"Pourquoi Bissonnet aurait besoin des 2 pour faire tuer sa femme ? " Raphaëlle Chalié démontre qu’a priori d’Harcourt aurait pu tout faire tout seul. Tout comme Belkacem a pu tout faire seul.
Pour elle, leur point commun, c’est le besoin d’argent. 

 15 h 50 L’absence de mobile.

"Les fils ne sont pas dans le déni. Ils ont même pensé que ce serait plus simple si leur père était coupable. Ils n’ont pas trouvé la moindre certitude palpable qui leur permette de dire que leur père est coupable". explique Me Chalié

"Quand on a pas de preuves. On a au moins un mobile". L’avocate évoque ce qui trouble ses clients, la description de ce couple uni, complice, cette famille heureuse, cela devient suspect au 20 ième siècle. "On y croit pas que vous soyez heureux", dit avec force l’avocate en direction des enfants. 
"Oui il y a eu des interventions, des éclats de voix (ceux des enfants), mais pardonnez-les, ils ont l’impression d’être broyés par la machine judiciaire". "Cette présomption d’innocence avec un fourgon, des menottes à mon sens a été insupportable".
Alors quel mobile, les caprices de Bernadette, le comportement bizarre de Bissonnet au moment des obsèques, après l’enterrement devant le film "Bienvenue chez les Chtis" ?
Alors que reste-t-il ? M. Coutanceau criminologue nous dit qu’il faut aller le chercher dans le subconscient. Me Chalié met en garde les jurés face aux démonstrations suivantes, si brillantes soient-elles, de ses confrères qui iront dans ce sens.
"Allez-vous asseoir une culpabilité sur une hypothèse de travail ? Allez-vous asseoir votre intime conviction sur une hypothèse ? demande Me Chalié "Ce serait vertigineux".
Me Chalié parle des hommes de Bernadette, son père, ses enfants, son mari."Bernadette n’a pas connu Pierre son petit fils qui porte le prénom de son grand-père".
L’avocate parle de la combativité de la victime, même devant un fusil."C’est pour cela que vous n’avez pas retiré votre doigt devant le canon. Elle ne vous a pas laissé faire" Belkacem baisse les yeux dans le box, la main sur la bouche.
Me Chalié parle de la possibilité de voter blanc, du doute qui peut exister. Elle invoque à plusieurs reprises le bénéfice du doute. 

"Je vous implore de faire attention à la façon dont vous allez voter. C’est votre honneur d’un jour." lance-t-elle aux jurés.
L’audience est suspendue un quart d’heure.Me Chalié a plaidé pendant 2 heures.
16 h 50 Reprise de l’audience avec la plaidoirie de Me Luc Abratkiewicz.
L’avocat raconte comment un jour, Jean-Pierre Juan est venu lui dire sa vérité, dans son cabinet. "Il est venu simplement parce qu’il était hors de question qu’on l’ empêche de parler".
L’avocat rend hommage à son client, qui est attaqué de toute part. "Alors oui, il est là, il le restera, il n’est ni l’accusation, ni la défense."
L’avocat du frère de Bernadette s’insurge "dans ce procès Rolls Royce, 4 semaines, venir dire qu’on avait pas le temps de s’exprimer. Alors on a deviné quelque soit la décision de la justice, elle ne pourra satisfaire Jean-Michel Bissonnet."

 "Quand on a plus rien. On brandit le spectre de l’erreur judiciaire, gendarmes menteur, juges incompétents ... cour d’assises, loterie de la justice française".
"Ce dossier n’est pas vide, les charges sont lourdes, sont évidentes. Mais certains débordent d’un amour qui les empêchent de voir la vérité. Papa n’a pas pu tué maman."
Me Abratkiewicz plaide l’impossible scénario du complot Belkacem, d’Harcourt. Pour lui il y a forcèment un troisième homme. Le chainon marquant.

Bissonnet commence à bouger dans le box, ses avocats tentent de le calmer.

Il revient sur le 11 mars 2008 et sur le deuxième tir et la mise à mort de Bernadette. Puis la découverte du corps : "Je me suis demandé ce que j’aurais fait à sa place. Je l’aurais prise dans mes bras, en dépit du sang." L’avocat revient sur la communication téléphonique avec les gendarmes et ces gestes troublants réalisés en même temps : serpillère, fermer la télé, monter à l’étage. .
 17 h 20 Le violent incident de séance. Bissonnet menace de tout casser et s’en va.

"Autre geste troublant : pourquoi appeler le frère et pas ses vrais amis ? Pourquoi se promener à 4 h 00 du matin et appeler d’Harcourt ?

"C’est pas possible d’entendre vos conneries. Bissonnet tape du poing et menace de tout casser. Il hurle comme jamais et saute sur sa chaise violemment."
"Je ne peux pas écouter des saloperies, des mensonges pareils. Je vais casser quelque chose."hurle Bissonnet.

"Réfléchissez-bien avant de partir" dit le président. Se pose la question de la présence de Bissonnet, à l’audience. 
"Vous voulez que je me tue devant tout le monde" , menace l’accusé.
Bissonnet sort. On entend des bruits dans le couloir.

Le président suspend la séance et demande à ses défenseurs de prendre une décision. L’audience peut très bien continuer sans l’accusé.

18 h 00 L’accusé est parti. Ses avocats sont sortis.
Une grande agitation règne dans la salle pendant la suspension . Me Phung a annoncé qu’il plaiderait demain matin. L’audience est suspendue depuis une demie heure. Chacun se demande si Bissonnet va assister à la suite de son procès. Seul, Amaury d’Harcourt est resté sagement assis dans son fauteuil, comme imperméable à a situation.
Les avocats de Bissonnet reviennent. Il est 18 h 05. 
Un huissier est en train d’intimer l’ordre à Jean-Michel Bissonnet de comparaître si ce dernier refuse les plaidoiries reprendront sans lui. 
18 h 45 L’audience est suspendue depuis maintenant une heure et quart.
Me Leclerc pense que son client ne reviendra que lorsque la défense s’exprimera.
19 h 05 L’audience reprend sans Bissonnet
"Devant le refus de comparaître de Jean-Michel Bissonnet, nous passons outre " explique le président. Bissonnet a expliqué à l’huissier qui lui intime l’ordre de comparaître qu’ il ne supporte plus les mensonges. Le président demande que la greffière consigne ce refus.

Me Abratkiewicz reprend sa plaidoirie.
"J’étais en train de dire qu’il y avait des dates importantes. Après le 11. Bissonnet est recueilli par son beau-frère. Après la nuit de l’horreur vient la nuit de l’angoisse."
"Ce crime qu’il a organisé ne s’est pas passé comme prévu. Ce qu’il sait c’est qu’il y a du sang dans l’escalier. Celui, à qui il a demandé de tuer, a perdu son sang."
"4 h 15, du matin, il appelle son ami. Ce n’est pas un mensonge, c’est la vérité."L’avocat indique que l’appel à d’Harcourt a été repéré.

"Pendant cette nuit, Bissonnet a besoin d’aller voir quelqu’un qui lui dira ce qui s’est passé. Le 14, il nous renseigne, il va devant le cinéma Le Royal. Il sait que Reynald, le fils de Belkacem habite tout près et il sait que Belkacem doit dormir chez son fils."
Le lendemain au petit déjeuner, Bissonnet livre le nom de Méziane Belkacem à qui il a refusé de l’argent. "Il livre en pâture le nom de Belkacem"
"Mais pourquoi ne pas donner le numéro de Belkacem ? Pourquoi effacer ce numéro ? s’étonne l’avocat. Première justification : j’en avais trop des numéros, deuxième justification : il matait sa femme et voulait s’en débarrasser.
L’avocat liste d’autres détails troublants : l’écoute à son amie Jacquotte à qui il dit qu’il veut refaire sa vie, l’informaticien à qui il oublie de parler de Bernadette, l’achat des fleurs pour le jardin en même temps que les fleurs des obsèques ...
"Si Méziane ne s’était pas blessé, c’était un crime presque parfait." assène le conseil du frère de Bernadette.
L’avocat regarde Belkacem en accusant : " Vous avez froidement abattu cette femme. Vous l’avez achevée". Il ajoute que Belkacem n’a pas agi seul. Il insiste sur le détail troublant du chien. Belkacem sait qu’il ne sera pas présent sur le lieu du crime.
L’avocat regarde maintenant d’Harcourt. Il lui rappelle ses différents aveux. Il est question de la préparation dans le garage et de l’après. Mais l’avocat tonne : "Vous qui priez, vous qui êtes croyant. Vous auriez pu, dû l’arrêter mais vous acceptez de vendre votre âme !"
Vient la théorie du complot. Pour Me Abratkiewicz, comme d’Harcourt change de versions en permanence, il est facile de penser que son rôle était encore plus important. D’où le complot Belkacem d’Harcourt. L’avocat ne croit pas que le fils de harki a pu boire le thé avec d’Harcourt. D’ailleurs, il n’y a eu aucun échange téléphonique entre les deux hommes, les experts en téléphonie sont formels. 
" Dans ce dossier inhumain, dans ce dossier monstrueux. Il y a un un homme sincère (Belkacem). Un sentiment plus mitigé envers d’Harcourt, mais il a assumé. Et puis un accusé qui se bat contre la vérité ,contre tous, contre ses avocats.
Me Abratkiewicz conclut en parlant de son client : " Ce frère souillé, banni. Cet homme, a la certitude que des aveux, il n’y en aura pas. Il renvoit Bissonnet à son destin aux yeux de Bernadette. Car la première chose qu’il fait c’est couvrir le visage, les yeux de sa femme, les yeux de sa culpabilité, de la honte."
 Il parle encore de Bissonnet qui a quitté le box, il y a plus d’une heure. "Aujourd’hui il hurle, il brandit l’erreur judiciaire parce qu’il ne peut pas avouer l’inavouable."
20 h 00 L’audience est suspendue et reprendra par la plaidoirie de Me Phung, demain à 9 h 00. 
Bissonnet devrait refuser, une nouvelle fois, d’assister à son procès. Il ne reviendrait que lorsque sa propre défense plaidera mercredi.
_________________
Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
La Justice existe, ne vous laissez pas briser par ses errements


Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum -> Le Procès Janvier 2011 -> Revue de presse janvier 2011 Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation

Powered by phpBB © 2001, 2018 phpBB Group
affiance theme by sparsely
Traduction par : phpBB-fr.com