Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau Index du Forum
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau :: 99 11-02-08 - MidiLibre : Audience n°21 - mardi
Affaire Bissonnet - Le mystérieux meurtre de Castelnau
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99 11-02-08 - MidiLibre : Audience n°21 - mardi

 
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MessagePosté le: Mer 9 Fév - 09:53 (2011)    Sujet du message: 99 11-02-08 - MidiLibre : Audience n°21 - mardi Répondre en citant

http://www.midilibre.com/articles/2011/02/08/A-LA-UNE-2e-journee-de-la-5e-s…

Édition du mardi 8 février 2011


DR


Assises de l'Hérault
Perpétuité requise contre Jean-Michel Bissonnet



EN DIRECT - Deuxième journée de la cinquième et dernière semaine du procès Bissonnet. Suite à l'incident survenu hier en fin d'après-midi à l'audience, on ne sait pas si Jean-Michel Bissonnet assistera à la suite des débats aujourd'hui. La journée doit débuter par la plaidoirie de Me Phung, le second avocat du frère de Bernadette. Il laissera sa place aux deux avocats généraux pour les réquisitions.


9 h 13 - Reprise de l'audience : Bissonnet est dans le couloir, pas dans le box !
Le président Mocaer prend la parole : "Je constate l'absence  de monsieur Bissonnet. Il a été extrait ?"

"Oui il est dans le couloir" répondent les gendarmes de l'escorte.
M. Mocaer : "J'ai pris la précaution de faire venir un huissier. Voulez vous bien délivrer une sommation interpellative à monsieur Bissonnet ?"
Quelques dizaines de secondes passent. Le temps que l'huissier aille voir l'accusé. Puis le président Mocaer reprend : "Monsieur Bissonnet refuse de comparaître car, dit-il :"Je refuse les mensonges et la mauvaise foi". Comme hier, il y a donc lieu à passer outre son absence pour la suite des débats".

Me Phung va pouvoir commencer sa plaidoirie. Dans le box, il n'y a donc que M. Belkacem. M. d'Harcourt, lui, qui comparaît libre, est assis sur son fauteuil devant les premiers bancs de la salle.

9 h 20 - "L'inquiétant, le pervers, le meurtrier de sa femme, j'ai nommé Jean-Michel Bissonnet !"
Jean-Robert Phung, l'avocat du frère de Bernadette, Jean-Pierre Juan, commence sa plaidoirie. Il cible tout de suite sa proie : Jean-Michel Bissonnet. "Chaque matin, je vois le même cauchemar. Ici, tout n'est que chaos et dévastation, comme si un improbable B52 venait de déverser un nuage de Napalm afin que rien n'y vive, rien n'y repousse. Tout ça à cause de la folie d'un seul homme qui du haut de son box contemple ce champ de bataille. Laissez-moi vous présenter l'inquiétant, l'histrionique, le geignard, celui qui rie, celui qui pleure, le manipulateur, le transformiste, le pervers, le meurtrier de sa femme, j'ai nommé Jean-Michel Bissonnet !"

"Il envoie la photo de sa femme qu'il a fait assassiner !"
Le pénaliste continue à tirer à boulets rouges sur l'accusé absent. Il évoque notamment la tentative de subornation de témoins qui a conduit au renvoie du procès, début octobre 2010, lorsque Sébastien Prevel devait venir aux assises faire un faux témoignage visant le vicomte.
"Bissonnet envoie la photo de sa femme qu'il a fait assassiner quelques mois plus tôt à Sébastien Prevel ! La photo de sa femme pour mieux crédibiliser ce faux témoignage ! Et interrogé il dit qu'il voulait tester Sébastien Prével ! Et lorsqu'il est pris, lorsqu'on l'interroge il dit "c'est la preuve de mon innocence". Bravo, j'applaudis, c'est très fort !".

"A l'insu du plein gré"
"Il n'y a aucun contact physique ou téléphonique entre Belkacem et d'Harcourt. Comment deux personnes, qui ne se connaissent pas, peuvent-elles se concerter en trois minutes pour préparer un assassinat entre un garage et une gazonnière ? Je veux qu'on me le dise ! Et si Bernadette a été assassinée à l'insu du plein gré de Jean-Michel Bissonnet, pourquoi ces deux personnes, Belkacem et d'Harcourt, les seuls contre-auteurs possibles, passent-elles la journée dans la maison de Castelnau-le-Lez avant d'aller la tuer ? Non, c'était une réunion préparatoire au crime entre les trois".

 10 h 21 - "Le plan A, le plan B, le plan C"
Me Phung s'attache à démontrer le machiavélisme de Jean-Michel Bissonnet. Qui, selon lui, avait tout prévu dans l'assassinat de sa femme y compris des plans B et C.
"Le plan A de Jean-Michel Bissonnet, ce joueur d'échec, c'est que l'assassinat de Bernadette réussisse sans bavure. Il est tellement pervers dans son raisonnement qu'il ne faut pas que celui qui tire garde le fusil. Vous voulez une explication à la venue de d'Harcourt? On ne peut pas laisser l'arme entre les mains de l'arabe de service, car il est capable de vous faire chanter et ce n'est pas un Arabe qui va faire chanter Jean-Michel Bissonnet !".

"Le plan B :  sus à l'arabe !"
"Le plan B lorsque ça s'est mal passé, c'est sus à l'Arabe ! On sort cette histoire des 5 000 € pour lesquels vous auriez tué, vous monsieur Belkacem, et monsieur d'Harcourt, vous avez suivi dans ce plan. C'est pour ça que je vous en veux ! Mais en même temps qu'il sait que le plan A a foiré, Bissonnet est déjà dans le plan C qu'il lance innocemment lorsqu'il est entendu par les gendarmes : "Je tiens à vous dire que pendant  5 minutes, ces deux-là, d'Harcourt et Belkacem, se sont entretenus dans ma maison le jour du crime".

"Vous allez dire à Jean-Michel Bissonnet qu'il ne passera pas"
Me Phung termine sa plaidoirie sur la question du mobile et en s'adressant aux jurés. "Le code pénal vous demande de déterminer le meurtre, la préméditation, mais pas le mobile. Dans cette histoire, le fric est fondamental, la passion pour sa maison aussi. Vous allez dire à Jean-Michel Bissonnet, à ses sbires, ses mercenaires, ses coups de théâtre, que vous ne laisserez pas passer, qu'il ne passera au nom de la mémoire de Bernadette".


10 h 30 - L'audience est suspendue 15 minutes.
La plaidoirie de Me Phung est terminée. Les débats sont sereins. Mais l'absence de Jean-Michel Bissonnet se fait forcément sentir. L'audience reprendra dans quinze minutes avec le début du réquisitoire.


10 h 53 - Bissonnet est reparti en prison.
L'audience est toujours suspendue. Renseignement pris, Jean-Michel Bissonnet, après avoir signé l'acte de l'huissier, a été reconduit dans sa cellule de Villeneuve-lès-Maguelone. Personne ne sait quand il reviendra et s'il assistera ou non à la suite des débats.

10 h 58 - Reprise. L'avocat général Georges Guttierez va prendre la parole.

"Bissonnet a choisi de fuir son image"
"Les premiers mots du ministère public iront vers Florent et Marc : nous avons entendu leurs souffrances. Vos témoignages montrent à quel point vous êtes détruits. La vérité vers laquelle nous allons vous est insupportable et inaccessible. Jean-Michel Bissonnet a choisi de ne plus assister à la fin des débats car, c'est pour lui, le miroir dans lequel il se reflète, cette image il a décidé de la fuir".

11 h 12 - "Il n'a pas eu le courage de tuer sa femme, il a commis un assassinat par procuration"
Georges Guttierez démarre ses réquisitions en ciblant Jean-Michel Bissonnet pour qui il est le seul instigateur de l'assassinat de Bernadette Bissonnet. "Il a tout organisé, ce n'est pas une thèse, c'est la vérité judiciaire. Tout le reste, cette alliance entre Belkacem et d'Harcourt n'est qu'imagination, Bissonnet invente une fable judiciaire. Il n'a pas eu le courage de tuer sa femme. Il a commis un assassinat par procuration et cherche un coupable de substitution".

"Les 5 clés du dossier"
Les réquisitions s'annoncent longues. L'avocat général va détailler les cinq clés qui, pour l'accusation, constituent la base de la culpabilité de Jean-Michel Bissonnet.
"La première clé : Jean-Michel Bissonnet est le commanditaire. La preuve : cette subornation de témoin où il a été capable d'écrire un scénario de 25 pages où il rentre dans le moindre détail, il montre son art de la manipulation. Avec cette phrase dans une des lettres où il écrit à celui qui doit faire le faux témoignage : "Quand ils disent que ce scénario merdique ne peut pas être de moi, regarde comment je fais". Il mène son procès comme on monte une entreprise mais on a tout vérifié depuis trois ans, tous les actes qu'il nous a demandé, on les a faits. Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, vous arrivez toujours à cette conclusion : Bissonnet est le seul commanditaire".

"La deuxième clé : le crime aurait pu être parfait. Si Belkacem ne se blesse pas, si d'Harcourt n'avoue pas. Sa force : c'est qu'il a tout prévu, y compris le plan B et le plan C quand ça s'est mal passé".

"La troisième clé : les aveux de Belkacem. L'ossature, le fil directeur du dossier, ce sont les aveux de Belkacem. C'est un esprit simple et il a tout reconnu : "j'ai tué Bernadette Bissonnet et Jean-Michel Bissonnet me l'a demandé".

"La quatrième clé : la rencontre impossible. Celle de d'Harcourt et de Belkacem, ils ne se connaissent pas ! Et même, si d'Harcourt aurait voulu tuer Bernadette Bissonnet,  il n'a pas besoin de Méziane Belkacem !".

"La cinquième clé : la personnalité de Bissonnet. La personnalité de Bissonnet contient le mobile secret de son crime, il nous décrit un monde heureux avec Bernadette, un monde de cartes postales. Il nous dit qu'il n'a pas de raison d'éliminer sa femme. Mais il oscille sans cesse entre l'amour et le rejet de celle qui est une mère qui l'étouffe. Il a scénarisé l'élimination de sa femme jusqu'au jour où il décide de le faire".

12 h - "D'Harcourt vient à Montpellier pour participer à l'exécution de Bernadette Bissonnet"
L'avocat général s'en prend maintenant au vicomte. Pour l'accusation, son rôle est beaucoup plus important que ce qu'il a toujours dit, notamment sur sa connaissance du crime. Georges Guttierez rappelle que d'Harcourt et Bissonnet se sont vus en décembre 2007 puis en février 2008. Il montre même à la cour les tableaux des nombreuses conversations téléphoniques entre les deux hommes.  "Ils ne se sont pas rencontrés que pour la chasse en décembre et février ! C'est même entre le 6 et le 9 mars, les coups de téléphone le montrent que l'on rentre dans la phase opérationnelle : d'Harcourt vient à Montpellier ni pour visiter Bissonnet qui a été opéré, ni pour voir ses amis, mais pour participer à l'exécution de Bernadette Bissonnet". La charge est rude. Le vicomte reste impassible, lui qui avait toujours dit avoir appris le dessein funeste de Jean-Michel Bissonnet le 11 mars 2008, le jour du crime.

12 h 10 - "C'est génial de la part de Bissonnet !"
Le représentant de l'accusation décortique la mise au point du plan machiavélique par Bissonnet, le 11 mars 2008. Le chien, l'alarme, le Rotary, la voiture, tout y passe, tous ces détails que la cour a examiné pendant quatre semaines. L'avocat général rappelle même que Jean-Michel Bissonnet aurait voulu enregistrer la voix de Belkacem sur son téléphone ou il dirait "la conne, elle a bougé, j'ai tiré". Ce qu'il a refusé de faire. "C'est génial de la part de Jean-Michel Bissonnet, il a  tout prévu, il anticipe au cas où ça tourne mal!".

"Le 11 mars, la phase ultime"
 "Le 11 mars à 18 h 42 c'est la phase ultime. Il n'y a pas de déclenchement de téléphones entre d'Harcourt et Belkacem. On ne voit pas comment ils ont pu se contacter, et en plus ils n'avaient pas de mobile commun. On nous dit qu'ils ont pu s'entendre après être sortis de la maison des Bissonnet. Mais, quand on regarde la chronologie, ce n'est pas possible. Je voudrais qu'on m'explique comment, après 19 h, ils auraient eu le temps d'élaborer ce scénario ! Je suis impatient de voir la démonstration que l'on va nous faire", lance Georges Guttierez en regardant le banc des avocats de Jean-Michel Bissonnet.

12 h 30 - "Il voit le dernier regard de Bernadette, tordu par la douleur, qui l'implore, et il l'achève, la met à mort"
L'avocat général accable Méziane Belkacem. En rappelant cette terrible scène où il assassine Bernadette Bissonnet.
"Il tire alors qu'elle dit "maman" en se protégeant avec ses mains. Là encore, après le premier coup, Belkacem peut partir en disant "c'est trop", et bien non. Et j'ai toujours en tête les photos du corps de Bernadette Bissonnet,  ce regard tordu par la douleur, l'incompréhension,  c'est ce dernier regard qu'il a en face de lui, qui l'implore alors qu'elle essaye de se relever ! Mais il va descendre de l'escalier et tirer un coup à 1,20m. Il achève, exécute, met à mort Bernadette Bissonnet. Pourquoi : "JM Bissonnet m'avait dit qu'elle meure" nous dit-il". Dans le box, Méziane Belkacem n'a pas relevé les yeux.

12 h 50 - Audience suspendue.
Le premier avocat général a terminé ses réquisitions. L'audience est suspendue jusqu'à 14 h 15 ou Pierre Denier prendra la suite.

14 h 24 - Reprise.
L'avocat général aux fils Bissonnet : "la vie doit continuer"
Pierre Denier, le second avocat général, prend la parole. Il se tourne vers les enfants de Bissonnet et leur dit :
"Je m'associe en mon âme et conscience aux propos de compassion de mon collègue qui a pris la parole avant moi. Vous êtes tous des victimes et exclusivement des victimes. Même si la vérité est un épineux fardeau, puisse cette audience vous redonner un peu de sérénité et de courage car la vie doit continuer, il ne peut pas en être autrement".

 14 h 36 : "Pour Bissonnet, soit l'acquittement soit une condamnation, une lourde condamnation"
Pierre Denier pose les bases de son réquisitoire à l'issu duquel il va demander des peines contre les trois accusés.
"Il y a un avant et après le 5 mai 2008, date des premiers aveux d'Amaury d'Harcourt, et un avant et un après 16 juillet 2008, date des confessions de d'Harcourt. Si on veut mélanger les pv, on mélange ces dates.
"Le débat judiciaire sur Belkacem et d'Harcourt ne pose pas de difficulté : ils ont passé des aveux. Concernant Jean-Michel Bissonnet dont je regrette l'absence, c'est un débat binaire : soit c'est l'acquittement au bénéfice du doute, soit c'est une condamnation et si c'est lui l'instigateur, une lourde condamnation".

La vérité mystique je la balaie, la vérité affective également, même si je comprends que l'on ne peut rester indifférent lorsqu'on a un papa dans le box des accusés. Mais ce qui m'intéresse c'est la vérité judiciaire, rationnelle, certainement pas un ensemble d'émotions, un grand huit émotionnel. Dans un assassinat, et c'est la particularité de ce dossier, il y a une chose essentielle : les ressorts psychologiques puisqu'il y a eu préméditation. Il faut analyser l'itinéraire criminel et le passage à l'acte et la vérité psychologique des personnages. Ce qui compte c'est votre intime conviction au sens courant du terme.

"Deux individus en accusent un troisième"
Les faits sont têtus mais quand ils sont établis, ils sont durs comme fer ! Il nous parle d'un scénario à la con, d'une absence de mobile.
Quand il y a un contrat d'assassinat et quand il n'y a pas un centime versé, ce n'est pas un acte notarié, ce grand naïf de Belkacem ne s'est même pas couvert en demandant un acompte. Il dit même " Je n'ai pas pris les 30 000 € c'est la seule chose de bien que j'ai fait dans ce dossier".
Deux individus en accusent un troisième : l'un est un ami de 40 ans,l'autre un employé occasionnel non déclaré".
Pierre Denier continue sa démonstration, parle des indices matériels, du bout de pouce de Belkacem, de l'ADN, de la cartouche etc. Jusqu'à détailler l'anatomie du projectile... Et analyser tous les gestes effectués.
"Quand on jette une arme dans une rivière, c'est comme incendier une voiture, on veut effacer les traces d'ADN. Et par miracle on a trouvé de l'ADN de Belkacem sur la cartouche, au bout de deux mois dans l'eau".

"Belkacem, c'est le mobile crapuleux, l'argent"
"Belkacem c'est un mobile crapuleux, c'est l'argent, avec un enrobage psychologique pour le convaincre. Vous décrivez Bernadette comme gentille, qui s'inquiète de vos enfants, et pourtant... Il vous laisse le temps de réfléchir et vous y aller, ça me dépasse... Mais pour Belkacem 30 000 € j'aimerais savoir combien d'heures de travail ça représente à la gazonnière".

"Coup de génie"
Il y a un coup de génie dans le plan :  ce cloisonnement étanche entre Belkacem à qui on a fait répéter le scénario toute la matinée et d''Harcourt. J'ai la conviction que celui-ci savait à peine et certainement pas dans le détail ce que le jardinier allait faire. L'un ne sait pas ce que l'autre doit faire et vice-versa, ce cloisonnement du scénario, des personnes, c'est machiavélique".
Mais monsieur d'Harcourt, ce que je n'accepte pas c'est votre participation à la scène du garage. Bissonnet prend la place de la victime et vous de l'instructeur, il indique la distance de tir, à 40 cm presque à bout touchant.

"Faire de D'Harcourt son commanditaire par substitution"
Pierre Denier poursuit son analyse, très imagée, qui part parfois dans tous les sens.
"Un avocat m'avait dit : la défense à un avantage sur l'accusation, elle a le monopole de l'imagination, si ce n'est que pour que la construction intellectuelle soit plausible, il ne faut pas de l'acadabrantesque.  C'est un doute raisonnable qui doit surgir et aboutir à un acquittement, et pour qu'il y ait cette plausibilité, il faut des arguments. Bissonnet nous a dit qu'il gardait ses tuyaux avant de les lâcher et de faire de d'Harcourt son commanditaire par substitution.

"Ces hypothèses font pschitt"
"On a mis en avant des hypothèses grotesques : la thèse d'IVI, les 15 000 € demandés par le vicomte, d'Harcourt l'agent secret... Oui il vient d'une des plus grandes familles de France, il a été résistant mais la réalité de 1944-45 n'est pas celle de 2007-2008, celle d'un homme diminué physiquement après un accident, c'est un vicomte qui roule en Peugeot 206 - alors que dans l'imaginaire on pense à un carrosse tiré par quatre chevaux - avec 2000 € par mois et on vit dans une masure en contrebas du château... Alors, ces hypothèses, elles font pschitt.

15 h 58 - "La concertation entre d'Harcourt et Belkacem, je n'y crois pas"
Tout y passe. L'avocat général promet d'être synthétique, mais il développe le maximum de détails et contrecarre les doutes que pourrait soulever la défense de Jean-Michel Bissonnet : l'âge mental de 8 ans de Méziane Belkacem qui se trompe dans les horaires, Bissonnet qui regarde Rémi Gaillard sur Youtube trois heures avant le crime, le minutage du  trajet de d'Harcourt vers Saint-Clément-de-Rivière lorsqu'il rentre chez son ami le soir du 11 mars 2008.
"La concertation entre d'Harcourt et belkacem je n'y crois absolument pas".

"Le troisième coup de feu? On se moque de qui ?"
"Quant à un troisième coup de feu : c'est pas possible, on se moque de qui  ! Il est honteux de la part d'un expert de soutenir la simultanéité de deux coups de feu !".
Pierre Denier perçoit aussi une terrible rancoeur de l'homme d'affaire contre le vicomte parce que ce dernier a parlé. Ce qui expliquerait qu'il veuille lui faire endosser la responsabilité de l'organisation du contrat.
"Le crime de haute trahison de l'amitié de 40 ans, Bissonnet ne l'a pas supporté, il a la haine de d'Harcourt. Il a eu cette volonté de tuer le père".

16 h 24 -"Là où je suis en colère contre la défense..."
Le représentant de l'accusation continue de fermer les portes de la défense. Il s'en prend même aux avocats de Jean-Michel Bissonnet : "Là où je suis énervé contre la défense, c'est quand les avocats disent que les gendarmes de la section de recherches sont peu compétents, maladroits, intellectuellement malhonnêtes, vous allez loin ! Tout comme je n'admettrai pas que l'on dise que le procès-verbal où Belkacem dit qu'il sait que le chien Pit ne sera pas là, est un faux ! Je ne l'accepterai pas !". Il cite deux autres pv mis en cause par la défense lors des débats, dont l'appel de Bissonnet aux gendarmes pour donner le numéro de Belkacem.
"Le bidonnage, le tripatouillage pour monter un dossier, non, la section de recherches, n'est pas la section de la falsification des pv, je l'affirme haut et fort".

 16 h 38 - "Le fantôme de Jean-Michel Bissonnet"
"Bissonnet nous dit "Vous n'avez pas preuve ?" Vous jugerez, pour nous, la version de Belkacem est proche de la vérité judiciaire. Il nous dit qu'il était seul. Et lorsqu'il sort la voiture et l'abandonne, il y avait à ses côtés le fantôme de Jean-Michel Bissonnet".

16 h 54 -" Ce coup de fil c'est l'alibi, tout cela est diabolique !"
L'avocat général n'a pas de mot assez dur pour démonter le mécanisme machiavélique supposé de Jean-Michel Bissonnet. Surtout avec cette histoire du chien Pit, monté dans la voiture de l'accusé qui part  au Rotary et qui téléphone à Bernadette le soir du crime.
"Et puis il y a ce coup de fil de 19h58 à Bernadette. On fait croire que l'on appelle pour dire que le chien est avec soi, mais c'est un alibi pour Jean-Michel Bissonnet. C'est la preuve qu'elle est encore en vie et qu'on ne pourra en aucun cas le soupçonner de l'assassinat de sa femme ! Tout cela est diabolique, mais c'est la réalité du dossier, ça donne le vertige, ça donne une idée du machiavélisme du grand absent !" tonne Pierre Denier.

17 h 22 - "Nous se saurons pas pourquoi cet assassinat"
L'avocat général poursuit sa démonstration et en vient au mobile, promettant à une salle bondée et surchauffée d'aller au plus vite après déjà trois heures de réquisitoire.
"C'est toute l'amertume de ce dossier, on ne saura pas pourquoi cet assassinat. Si Jean-Michel Bissonnet avait dit "J'ai envie de vivre..." Même le vicomte ne comprend pas pourquoi. Il ne supportait pas les disputes, il y a de ça dans le mobile, Et puis, la maison c'est SON paradis, on a cherché une maîtresse, il n'y en a pas si ce n'est cette foutue maison, qui symbolise sa réussite sociale, professionnelle, il y a retrouvé ses racines, c'était un Oran-sur-Lez.
Et puis une dernière hypothèse : quand on va sur des sites de rencontre, rendez-vous 34,cherche homme ou femme, cherche à mettre du piment dans ma vie, ça ne fait pas un assassin, mais ça montre qu'il y a quand même un problème bon sang ! Le 31 décembre 2007 où le 1er janvier 2008 il y a une consultation de ces vidéos".
Il y a donc un mobile pluri-factoriel. Les terme "psychose", "histrionique", ce n'est pas la prison, il est resté à un stade infantile, comme dit la psychologue, sa maison,comme dit cette autre dame il en parlait comme un enfant à qui l'on va confisquer son jouet.
Le mobile nous aurons pu l'approcher. Mais seul Jean-Michel en libérant sa parole, en affrontant la réalité qu'il a fui encore aujourd'hui, car il ne supporte pas cette confrontation".

17 H 38 - LES REQUISITIONS -
L'avocat général s'apprête à donner ses réquisitions.

D'HARCOURT - 10 ans de réclusion demandés. "Je vous regarde droit dans les yeux, sans vous Bernadette Bissonnet serait encore vivante. Vous avez joué un rôle matériel, actif dans cet assassinat, vous le chrétien pratiquant vous avez adhéré sans un sursaut de conscience à un assassinat".
BELKACEM - 25 ans requis. "Lui aussi aurait pu renoncer, il a agi à la manière d'un tueur à gage et il a donné le coup de grâce dans des conditions atroces".
BISSONNET - Réclusion criminelle à perpétuité requis. "Brandir 30 000 € à Belkacem pour faire tuer, quand on sait d'où viennent ces 30 000 €, des étrennes de Bernadette, c'est du sordide qui dépasse l'entendement. Il y a un machiavélisme, un côté diabolique qui me laisse pantois. Il y a l'association de malfaiteurs, l'entrée par ruse, la mort du conjoint... Ses enfants sont des morts psychiques, c'est insupportable ! Puisse le verdict soit pour ceux-ci l'espoir d'une reconstruction avec le souvenir d'une mère qui ne s'effacera pas".

"C'est fou, c'est fou".
L'énoncé des réquisitions n'a provoqué que peu de remous. Seul Marc Bissonnet, le fils cadet a réagi en lançant "C'est fou, c'est fou", accablé dans son fauteuil.

17 h 50 - L'audience est suspendue jusqu'à 18 h 15.

18 h 30 - Reprise.
Me Balling, l'avocat du vicomte, est le premier conseil de la défense à prendre la parole. Dix ans ont été requis contre son client. Sa plaidorie s'est attachée à démontrer qu'il était absurde de croire que M. d'Harcourt pouvait être le commanditaire de l'assassinat de Bernadette Bissonnet.

Dans un second temps, il a expliqué que son client était tombé dans un piège tendu par son vieil ami Jean-Michel Bissonnet, qui lui aurait demandé de venir dans le garage (afin de montrer le maniement de l'arme à M. Belkacem) et de jeter le fusil le soir du 11 mars 2008.

Pour Me Balling, c'est un piège. Amaury d'Harcourt ne peut être responsable de ce crime. Il a demandé la requalification des poursuites envers son client, qui pourrait être condamné pour "non dénonciation de crime et disparition de preuves" et non pour "complicité d'assassinat".

Fin des débats. Reprise ce mercredi à 9 h avec les plaidories de Me Iris et Gérard Christol, avocats de Meziane Belkacem.




Yanick PHILIPPONNAT
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Résistez ! (Marie Durand, Aigues Mortes, la Tour de Constance)
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